Animaux: ce qu’ils vous coûtent réellement

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Près d’un ménage sur deux possède un compagnon animal. Une présence bénéfique, d’autant plus avec le Covid-19, mais pas donnée. Conseils pour dépenser moins. 

Les bienfaits des animaux de compagnie ne sont plus à démontrer. Les dernières études menées dans ce domaine prouvent, notamment, qu’ils diminuent le danger de tomber en dépression ou, encore, qu’avoir un chien réduit les risques cardiaques, particulièrement chez les personnes seules. Bref, les quelque 1,6 million de chats présents sur notre territoire, 505 000 chiens pour autant de rongeurs et de lapins, ainsi que les 3 millions de poissons d’aquarium tiennent du médicament pour les 43 % de ménages helvétiques qui en possèdent, les effets secondaires en moins! Ils ne sont, en revanche, pas remboursés par la Sécurité sociale. Dommage, car ils ont un véritable impact sur nos budgets.

D’ailleurs, « l’aspect financier est un facteur d’abandon, constate Stéphane Crausaz, porte-parole de la Société vaudoise de protection des animaux (SVPA). Si les personnes qui n’ont pas les moyens de nourrir leur animal sont rares, nombreuses sont celles qui n’arrivent pas à assumer les frais vétérinaires, tout particulièrement ceux liés à l’âge, ou celles qui ne veulent tout simplement pas « mettre autant.» 

 

Performante, donc coûteuse

Il faut en effet avouer que la médecine vétérinaire suit de près celle des humains, dans ses performances comme dans ses coûts.

« Nous conseillons aux gens de mettre de côté 3000 à 5000 francs, en cas de coup dur, ou de contracter une assurance pour animaux »

(NDLR, dont les primes mensuelles de base reviennent généralement à 20 francs par mois pour un chien et 10 francs pour un chat) », poursuit Stéphane Crausaz, qui souligne que la SVPA est la seule section cantonale à avoir mis sur pied un fonds d’aide pour les soins aux animaux des personnes démunies.

Pro Senecute peut également soutenir les seniors en difficulté. « Les 24 organisations cantonales et intercantonales de Pro Senectute peuvent examiner la possibilité de verser des contributions pour les frais de détention d’animaux dans le cadre des aides financières individuelles, confirme Tatjana Kistler, porte-parole de l’association. Pour connaître les conditions, il convient de contacter l’organisation de sa région. »

Des tarifs vétérinaires qui fluctuent d’ailleurs beaucoup d’un cabinet vétérinaire à l’autre, d’une région à l’autre. Il est donc important de se renseigner au préalable sur les honoraires demandés, même s’ils ne reflètent, bien évidemment pas, la qualité du service. Le vétérinaire romand Jean Pfister, patron de veterinaire.ch, dont les cabinets se trouvent à Lausanne et Ecublens (VD), insiste, lui aussi, sur l’importance de conclure une assurance: « Le bien-être des maîtres d’animaux est prouvé, mais dépend directement de la bonne santé de leurs protégés. Il est donc important qu’ils ne se retrouvent pas, un jour, confrontés à des soins qu’ils ne seraient pas en mesure de payer. »
Si la facture est généralement plus salée quand les animaux prennent de l’âge, elle l’est également au moment où on les adopte, car il faut concéder certains investissements de base. La preuve avec cinq sortes d’animaux domestiques différents…

 

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Ce que les animaux vous coûtent réellement

 

Les chiens

Les détenteurs de chiens doivent prévoir un budget avoisinant les 2755 francs la première année. Et cela ne comprend pas les frais d’acquisition de l’animal, qui varient grandement d’une race à l’autre — le prix d’achat des 20 races les plus connues oscille, par exemple, entre 700 et 2400 francs. Est-ce un bon calcul d’aller chercher Médor à l’étranger ? « Non, car on ne peut généralement pas juger des conditions sanitaires dans lesquelles il a été élevé ou détenu, et donc de son réel état de santé », répond Jean Pfister. « En moyenne, les prix sont plus élevés en Suisse, mais pas surfaits, car la législation à l’égard des éleveurs et le suivi vétérinaire sont plus sévères », poursuit Stéphane Crausaz. 

Les années suivantes, le budget devrait baisser aux alentours de 1240 francs — vaccinations (80 francs), vermifuge quatre fois par an (70 francs), nourriture (65 francs/mois), etc. — s’il n’y a pas de frais vétérinaires liés à une maladie ou à un accident. A quoi il convient d’ajouter le refuge en cas de vacances, soit une trentaine de francs par jour.  

Une astuce pour faire des économies : prendre son chien à la SPA — à la SVPA, les tarifs sont bas, soit 180 francs. Autrement, bien choisir l’élevage pour ne pas avoir de mauvaise surprise,
veiller à ce que son chien ait une bonne hygiène de vie, l’amener une fois par an chez le vétérinaire et conclure une assurance.

*Cela varie suivant le poids de l’animal, une castration oscillant environ entre 300 et 700 francs, une stérilisation entre 650 et 1000 francs.

 

 

Les chats

 

Exception faite des frais d’acquisition (pour un individu de race, il faut compter entre 1000 et 2000 francs), il faut tabler sur quelque 1700 francs la première année. Des dépenses qui devraient ensuite baisser à 1310 francs par an (vaccins 110 francs, nourriture et sable 1200 francs), sans compter d’éventuels frais liés à une maladie ou à un accident. Et, si on a besoin de le mettre en pension, une vingtaine de francs par jour sont à prévoir. 

Une astuce pour faire des économies : l’adopter à la SPA (50 francs à la SVPA). S’il vient d’un élevage, il faut bien choisir ce dernier, puis veiller à la bonne hygiène de vie de son félin, l’amener une fois par an chez le vétérinaire et conclure une assurance.  

* Si votre chat sort, il faut prévoir 200 francs pour les vaccins. ** La stérilisation des femelles est plus coûteuse, près de 200 francs.

 

 

Les oiseaux 

Il existe bien évidemment beaucoup d’espèces d’oiseaux d’ornement, dont le prix est très variable, puisqu’un couple de perruches coûte environ 130 francs, alors qu’il faudra débourser près de 1000 francs pour un ara. En tant qu’animaux sociaux, les oiseaux doivent au minimum être pris par deux. La première année, il faut compter un budget de 1890 francs. « Sauf maladie, il n’y a pas de gros frais pour les oiseaux, si ce n’est la nourriture », précise Jean Pfister. Quant à un gardiennage durant les vacances, il revient à près de 10 francs par jour et par oiseau. 

Une astuce pour faire des économies : « Respecter les normes en vigueur (espace à disposition, nombre de volatiles…) et nettoyer régulièrement la cage afin de garantir une bonne hygiène et d’éviter les maladies », insiste Jean Pfister. 

 

Les poissons    

Si la facture avoisine les 1050 francs la première année, elle baisse ensuite pour atteindre 300 francs. Cela dit, il convient de prendre en compte l’achat des poissons, dont le prix oscille entre quelques francs et plusieurs dizaines de francs. Sachez toutefois qu’il n’est pas rare que des poissons meurent ou que des plantes ne tiennent pas le coup, ce qui vous conduira à les remplacer ! 

Une astuce pour économiser : on peut privilégier des végétaux qui poussent rapidement et qu’on pourra couper et replanter. « Evitez les décors en plastique et en résine, qui coûtent cher, prévient Véronique Ivanov, présidente de l’Aquarium Club Lausanne.

 

Les rongeurs 

La famille des rongeurs de compagnie est vaste, puisqu’on y trouve aussi bien les rats, les souris, les gerbilles, les octodons que les cochons d’Inde, qui sont peut-être les plus emblématiques. Comme ils sont sociaux, il est nécessaire et obligatoire de les prendre au moins par deux. Leur prix fluctue entre 40 et 80 francs, selon la race et la couleur. La première année de leur adoption, il faut budgéter près de 1525 francs pour deux cobayes. Les années qui suivent, s’ils n’ont pas de problèmes de santé, les frais se limitent à la nourriture et à la litière, soit environ 1200 francs.

Une astuce pour faire des économies : « On peut cueillir de l’herbe fraîche (pissenlits, graminées…) à la belle saison ou récupérer les déchets des maraîchers (fanes de carottes, etc.), conseille la vétérinaire Line Gentsch, qui est aussi vice-présidente de La Colline aux lapins, association romande dédiée à cet animal. Il est aussi possible d’aller chercher son foin et sa paille directement chez le paysan. » 

* Entre 80 et 250 francs, selon la ville et le canton. Stérilisation impossible chez les femelles.

 

 

Frédéric Rein 

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