Un sentier à la gloire des champignons

Pour Olivier et Yvette, ce sentier c'est leur "bébé".
© Corinne Cuendet

A Montagny, des passionnés fribourgeois de mycologie ont ouvert, cette année, un parcours pédagogique consacré à la vie rêvée des bolets et de leurs semblables. Visite guidée avec les deux chevilles ouvrières de l’ouvrage.

Yvette Louis et Olivier Hauser sont intarissables. Le monde des champignons est leur royaume. Affiliés à la Société fribourgeoise de mycologie, ils sont à l’origine, avec le concours du Service cantonal des forêts et de la nature, d’un parcours pédagogique dans la forêt domaniale de La Chanéaz, de Montagny-près-Yverdon. Ce sentier, « c’est notre bébé », s’exclame Yvette Louis, il a été financé par l’Etat, les communes, des partenaires publics et privés et a coûté 35 000 francs. Il leur a fallu trois ans de travail pour arriver au bout de leur projet. L’ouvrage marque également le centième anniversaire de la Société mycologique qu’on fête cette année. Le parcours, ouvert en juin 2019, se déploie en bordure d’une réserve de quatre hectares où la cueillette est interdite. On y vient pour s’instruire, découvrir les centaines d’espèces qui l’habitent, pas pour remplir son panier. Le sentier est l’héritier d’un tracé plus ancien fermé en 2008. Le site, typique du Plateau suisse, s’étendait à l’époque sur 75 hectares, avant d’être réduit à sa taille actuelle. Il était le terrain d’études scientifiques mycologiques connues loin à la ronde. C’est à la lisière de ce vivier que nous nous promenons avec Yvette Louis, Olivier Hauser et un petit groupe de visiteurs. Les deux complices organisent ces virées gratuites, à la demande. D’un pas vif, nous passons en revue quelques-uns des neuf postes qui jalonnent le sentier de deux kilomètres. La paire de retraités, experts attitrés qui a dû mémoriser des centaines de noms souvent en latin, mouline son savoir encyclopédique appris dans les livres et au fil des promenades, au contact des forestiers. Pour ne rien oublier, Olivier Hauser a confectionné un carnet résumant l’essentiel. A chaque poste, des panneaux didactiques clairs, accessibles, graphiques racontent vie et secrets des champignons. Ils pointent les dangers aussi : oui, des champignons peuvent tuer. Alors, il vaut mieux suivre conseils et précautions distillés en route par nos guides et sur les pancartes. Yvette Louis confie : « On a même recruté des enseignants pour rédiger des textes simples, évitant le jargon, compréhensible par tout le monde. » On découvre alors que ces parasites terrestres, très utiles, sont tour à tour recycleurs, producteurs d’humus et, à table, délices des gourmets, voire, en cuisine, levures pour le vin, la bière ou le pain.

 

Des amanites apparaissent

Parmi ce foisonnement de spores et de mycélium — les racines du champignon —, certains aspirent la lymphe vitale des arbres en bonne santé, s’émerveille Olivier Hauser ; d’autres avalent des troncs colossaux désormais à l’agonie ; enfin, une troisième sorte vit en symbiose avec les racines sans les détruire. Au pied des mélèzes et des épicéas, le sol est sec. Les feuilles mortes craquent sous les semelles. Nous ne croisons pas beaucoup de champignons. Olivier Hauser évoque le manque de pluie, la bise qui aspire l’humidité pour expliquer la rareté actuelle. Seulement quelques spécimens flétris se dressent, hésitants, de temps en temps sur notre chemin. Et puis, miracle : un champ d’amanites rouges de honte. Elles surgissent par dizaines avec leur chapeau bombé non loin de la dernière station du sentier où Yvette Louis entretien une exposition, digne d’un Ballenberg mycologique. Au milieu d’un talus en miniature, minaudent des bolets, des amanites, des cèpes, des chanterelles, des russules. Il a fallu « sortir des sentiers battus jusqu’à se perdre », raconte Yvette Louis, pour réunir toutes ces variétés et terminer en apothéose la balade.

           Marco Danesi

 

Note
Cette balade mycologique est proposée dans le programme d’activités de Pro Senectute Fribourg, disponible gratuitement sur demande. Envie de faire plaisir à l’un de vos proches
? Offrez un bon cadeau qui permettra à la personne de faire son choix parmi les activités de sport, de formation et loisirs.  Renseignements: 026 347 12 93 www.fr.prosenectute.ch ou info@fr.prosenectute.ch


Faut-il zapper la vieillesse ?

Les personnes âgées interrogent l’époque moderne. Dans nos sociétés contemporaines, qui mettent au premier plan la perfection du corps et qui aiment se laisser porter par les grandes utopies technologiques du moment, elles dérangent. Car la vieillesse et son cortège de handicaps, de dépendances et de fragilités, mettent en évidence le déclin biologique. Et pourtant, demain, les seniors représenteront près de 16 % de la population. Alors, faut-il zapper la vieillesse au nom des rêves d’éternité actuelle ? C’est à cette question que tenteront de répondre, le 7 novembre prochain, dès 19 heures à l’Auditorium Louis-Jeantet, des spécialistes invités par l’Association genevoise d’hygiène et de prophylaxie mentale.


A VOIR
« Faut-il zapper la vieillesse ? », le 7 novembre, Conférence suivie d’un apéritif, à 19 h — ouvert au public, Auditorium Louis-Jeantet, chemin de Rieu 17, Genève — Partenaire thématique  : Pro Senectute

0 Commentaire

Pour commenter