Le mythe de la fille parfaite

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En feuilletant récemment des albums de photos datant de mes jeunes années, j’ai réalisé, avec étonnement et un peu tardivement, que j’avais été sacrément jolie, alors même que, à l’époque, je me croyais moche et que j’avais de moi une image très dévalorisante. J’avais de la peine à m’accepter telle que j’étais. Complexée, je l’étais comme bien des filles autour de moi. Pour prendre de l’assurance et avoir un peu plus confiance en moi, j’ai suivi pendant des années des cours de théâtre pour ne plus me cacher derrière l’image de la fille sage et effacée qui, je croyais, me collait à la peau. J’ai peu à peu découvert le pouvoir du charme, qui m’a aidée à oublier l’image peu flatteuse que j’avais de mon physique. J’ai compris bien plus tard que ce genre de complexe découle d’un manque d’estime de soi typiquement féminin, qui ne concerne d’ailleurs pas seulement l’apparence, mais aussi tout ce qu’on accomplit. Nous autres femmes avons en effet tendance à penser que nous ne faisons jamais assez bien.
Nous nous excusons volontiers de n’avoir pas mieux fait les choses quand, justement, on est en train de nous complimenter. A la remarque valorisante qu’on peut me faire à propos d’un gâteau ou d’un plat que j’ai servis à mes invités, j’ai tendance, aujourd’hui encore, à répondre que j’aurais dû le cuire cinq minutes de plus ou de moins. Selon une étude américaine récente, il paraît que, aujourd’hui encore, la peur causée par le regard des autres amènerait un quart des fillettes dès l’âge de 7 ans à avoir des complexes sur leur apparence ! Le mythe de la fille parfaite n’est donc pas encore totalement tombé, quand bien même les jeunes femmes de maintenant se veulent libres et surtout libérées de certains clichés. Courage, acceptons-nous telles que nous sommes, à quel que âge que ce soit !

Nicole Métral, chroniqueuse

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