Faut-il se moquer des « complotistes » ?

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Le mois de Monsieur Météo, la chronique de Philipe Jeanneret, météorologue

Les traînées de condensation générées par l’aviation ont suscité bien des débats, ces dernières années. On évoque régulièrement des nuages aux formes suspectes, des tentatives d’empoisonnement par les airs. Les auteurs de ces théories, les fameux « complotistes », sont-ils, pour autant, des frapadingues ou de sombres manipulateurs ? Voilà qui mérite quelques lignes.

 

Dans la plupart des cas, les arguments ne tiennent pas la rampe : de simples explications suffisent pour écarter l’hypothèse d’un épandage de substances toxiques dans les airs ou d’une quelconque machination. Mais d’où vient alors ce besoin de dénoncer les complots à tout vent ? Lors d’un débat diffusé sur la RTS, le 3 juin dernier, et intitulé « Quel vaccin contre le complotisme ? », Myret Zaki, responsable de la filière communication au Centre de formation au journalisme et aux médias, a livré une très bonne analyse : « Si de telles théories sont émises, c’est qu’il y a une demande d’information de la part du grand public et que les médias n’y répondent pas ou, du moins pas, de manière satisfaisante : elles ne font que combler un vide », a-t-elle dit en substance.

 

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On ne peut que lui donner raison : c’est effectivement le rôle des médias que de mener des enquêtes de manière indépendante et de vérifier les hypothèses, pour répondre au besoin d’information. Même si les théories avancées sont parfois fantaisistes... Un autre aspect doit également être mentionné : il ne suffit pas que les médias « fassent leur travail », pour que les théories farfelues ne soient plus créditées, chacun d’entre nous doit également assumer sa part de responsabilité. C’est en effet de notre devoir de nous informer et d’analyser les points de vue, tout en gardant un esprit critique. Quitte à ce que le doute s’installe parfois, et qu’il faille du temps et des efforts pour trouver les réponses. On a le droit de ne pas savoir. On n’a pas le droit de se contenter de ce que l’on sait…

 

Philippe Jeanneret, météorologue

 

 

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