Du baby-boomer au papy-boomer

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Entre ces deux générations, la situation économique et les envies ont changé. D’où l’intérêt de s’intéresser à une prévoyance individuelle adaptée.

Le phénomène a pris de l’ampleur en 2016 et se poursuit … Il ne se passe pas une semaine sans un article sur les baby-boomers ou les papy-boomers. Mais de quoi s’agit-il ? Tout est parti d’un pic de naissances compris entre la fin de la guerre et les années septante, soit environ entre 1942 et 1974 avec de légères variations, selon les pays. Cette période — aussi appelée les « trente glorieuses » — a vu une économie florissante, un monde qui se reconstruisait, une liberté revendiquée à tous les niveaux. Les enfants issus de cette période ont grandi et sont devenus des « esprits libres », avec des revenus plus importants que ceux de leurs parents et des besoins de consommation ciblés. L’économie l’a d’ailleurs bien compris et a toujours répondu à ces attentes allant même, pour des raisons de marketing, à classifier les consommateurs : la génération silencieuse, la génération des baby-boomers, la génération X, la génération Y, etc. De là, il n’y avait qu’un pas à franchir pour nommer aujourd’hui la génération des baby-boomers, les papy-boomers, soit ceux qui prendront leur retraite entre 2003 et environ 2030. Mais, de papy, ils n’ont que le nom puisque à 65 ans et plus, ces retraités se sentent plus jeunes que jamais. Ils veulent continuer de profiter de la vie comme ils l’ont fait jusqu’à présent. Est née de facto la silver économie, soit celle qui s’intéresse aux personnes de 60 ans et plus, avec des besoins accrus : voyages, confort, loisirs, santé, etc.

 

Si les baby-boomers ont bénéficié d’une vie active « sans souci », les papy-boomers pourraient être confrontés à des moments plus difficiles. En effet, sont apparus dans l’équation, la baisse de la natalité après les trente glorieuses, l’allongement de l’espérance de vie et la baisse durable des taux d’intérêts. Dans un premier temps, le pic des naissances a provoqué un besoin accru de places dans les écoles et un besoin accru de places de travail, qui ont, tous les deux, pu être satisfaits. Arrivé à l’âge de la retraite, il pourrait sembler normal que le système de prévoyance des 1er et 2e piliers absorbe également ce pic de retraités. Si, pour les personnes nées dans les années 40, la situation semble « sous contrôle », il pourrait ne pas en être de même pour les personnes nées plus tard, notamment dans les années 70. Par exemple, au niveau de l’AVS, il y a aujourd’hui 3,4 actifs pour un retraité. Ils ne seront que 2,3 en 2035 et 1,9 en 2055 : de quoi déséquilibrer le système de prévoyance AVS. Sans être comparable, la situation dans le 2e pilier promet également des difficultés sur la durée. Les constats sont plus ou moins les mêmes dans le système de santé. Sa capacité à supporter un nombre croissant de personnes plus âgées pourrait ne pas être suffisante.

La prévoyance individuelle, une réponse adaptée

La situation, si elle est délicate, n’est toutefois pas désespérée. Les pistes de solutions existent, certaines même innovantes.

Sur le plan individuel, il est important de prendre en considération ces aspects et d’agir sur sa prévoyance si les moyens le permettent. Envisager une prévoyance individuelle sous la forme, par exemple, d’un 3e pilier libre est une réponse efficace pour répondre à l’allongement de la durée de vie. S’intéresser à une assurance pour couvrir le risque de dépendance dû au grand âge est également une piste à ne pas négliger. A la différence de l’actif qui a une plus grande souplesse dans la création de ses futurs revenus, le retraité, lui, est limité dans ses choix. Il doit donc intégrer cette notion, anticiper et planifier autant que faire se peut. Tout comme il est conseillé de parler avec un spécialiste de sa prévoyance avant la retraite, faire le point une fois la retraite venue peut s’avérer également très utile.

Pierre Zumwald,

directeur général des Rentes Genevoises

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