Maintenant, gare à la grippe !

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Même si le Covid-19 nous impose déjà masque, distanciation et désinfection des mains, la vaccination contre la grippe, remboursée pour les plus de 65 ans, reste souhaitable. Le point sur cette question. 

Pour un peu, le coronavirus nous ferait presque oublier l’épidémie de grippe saisonnière dont les effets se font sentir dès l’automne, avec un pic attendu en janvier. Chef du Service de gériatrie du CHUV, le professeur Christophe Büla insiste sur l’utilité du vaccin. Ses explications.

 

Les seniors d’abord

« Le vaccin est recommandé à partir de 65 ans, même si, à cet âge, les personnes peuvent être très en forme. C’est entre 65 et 75 ans que la proportion de gens souffrant d’une maladie chronique augmente, avec un risque deux à sept fois plus grand de développer des complications à la suite d’une grippe, comme une broncho-pneumonie, une surinfection et même des complications cardiaques. »  

 

Double précaution

« Les mesures de protection imposées par le coronavirus sont utiles. Encore faut-il les respecter ! Il y a toujours des moments où l’on manipule son masque, où l’on oublie de se désinfecter les mains. On sait que les contaminations se produisent surtout dans le milieu familial ou dans des endroits où l’on n’a pas forcément le réflexe de porter un masque. La meilleure protection contre la grippe reste le vaccin. »

 

Quand se faire vacciner

« Les personnes en bonne santé, que le vaccin protège mieux et plus longtemps, peuvent se faire vacciner en octobre. Généralement, le virus marque un pic entre la fin de décembre et le début de janvier, mais il est aussi arrivé que cela se produise en mars. Le vaccin étant efficace pendant quatre à six mois, nous préférons, dans le Service de gériatrie, ne pas vacciner les personnes fragiles avant la mi-novembre. »

 

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Dans les EMS

« Des études ont montré que le meilleur facteur de protection des résidants dans les EMS était le taux de vaccination du personnel. Aux Etats-Unis, certains EMS exigent de la part des collaborateurs qu’ils acceptent de se faire vacciner. Sinon, ils ne sont pas engagés. Au CHUV, il n’existe pas d’obligation. Dans notre Service de gériatrie, où nous nous battons en faveur de la vaccination, le taux de vaccination est de 60 %. »

Une question éthique

« Est-ce que l’hôpital a le droit d’imposer à un collaborateur de se faire vacciner contre ses convictions ? D’un autre côté, l’institution n’a-
t-elle pas un devoir de protection envers les patients ? Moi je suis très clair. A la personne qui désire travailler chez nous, je demande : « Est-ce que vous voulez vraiment travailler en gériatrie, sachant que vous refusez de vous faire vacciner et que vous pouvez être un vecteur de la grippe ? »

 

Les antivaccins

« Les réfractaires aux vaccins oublient que les vaccins ont permis de venir à bout de maladies comme la poliomyélite, la tuberculose et la variole. La vaccination peut avoir des effets secondaires, comme lors de toute pratique médicale, mais les risques sont minimes. A cause du refus du vaccin, on a assisté, en Suisse, à des épidémies de rougeole. Alors que, en Afrique, les gens rêvent d’avoir un vaccin contre la malaria, qui tue près de 400 000 personnes, chaque année… »

 

Propos recueillis par Marlyse Tschui

 

 

 

 

 

 

 

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