Une seconde jeunesse grâce à la médecine esthétique

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Autrefois réservée aux personnes aisées, les interventions permettant de gommer un défaut ou de retrouver une peau de pêche séduisent toutes classes sociales confondues. Explications.

« A 50 ans, on est comme à 20 ans, sauf que tout se situe quelques centimètres plus bas », ironise Martina Chyba, journaliste bien connue de la RTS. La quinquagénaire parle sans tabou 
de son opération des paupières, en 2017. Elle en a même fait une chronique dans nos colonnes qui a suscité une déferlante de commentaires bienveillants. 

Effectivement. En 2020, avoir recours à des traitements de médecine esthétique ou carrément à des opérations chirurgicales ne semble plus être quelque chose de tabou. Arnaud Marche, COO (responsable du Centre médical et du Centre de médecine esthétique) de la Clinique La Prairie à Clarens le constate :

« Depuis trois ou quatre ans, il y a une forte évolution de la démocratisation et de la banalisation de la médecine et chirurgie esthétiques. L’image corporelle est devenue de plus en plus importante et constitue un véritable vecteur de communication. » 

Le Dr Jean-François Emeri, spécialiste en chirurgie plastique, reconstructive et esthétique à Lausanne est cependant plus nuancé : « En Suisse, on se vante rarement d’avoir recours à la chirurgie esthétique, contrairement aux Etats-Unis ou à certains pays d’Amérique du Sud, mais le nombre d’opérations a augmenté, ces dernières années. De plus en plus d’hommes et de femmes y ont recours, toutes classes sociales confondues. Sans oublier que le tourisme esthétique est devenu très important. » 

 

Pression professionnelle

Pas étonnant que, dans une société où l’apparence est primordiale, hommes et femmes veulent mettre toutes les chances de leur côté pour rester au top de leur forme et de leur apparence. « Les femmes actives professionnellement sont confrontées au jeunisme et subissent une pression sociale très forte, poursuit le Dr Emeri. Même constat chez les hommes. Ces derniers sont très demandeurs d’opérations des paupières. Avoir des poches sous les yeux ou l’aspect d’un éternel fêtard est mal perçu. Ils n’hésitent pas à corriger cela, car la pression professionnelle est très forte pour eux aussi. »

Martina Chyba, 55 ans, sait-elle sentie obligée de corriger son regard tombant pour mieux apparaître à l’écran ?
« Absolument pas. Pendant des années, j’ai porté des lunettes avec des verres fumés pour cacher mon complexe que je traînais depuis l’âge de 30 ans. Je ne savais même plus quelle était la couleur de mes yeux, tant j’évitais de les regarder dans le miroir. Un jour, j’ai décidé d’investir 2900 francs pour me faire du bien. » 

 

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Sa blépharoplastie (nom barbare de l’intervention des paupières), la quinquagénaire ne la regrette pas une minute. « Cela a clairement changé ma façon de me projeter dans le monde, d’être en relation avec autrui. » Arnaud Marche le constate aussi régulièrement avec sa patientèle : « Une personne qui n’a pas une bonne image de soi va se mettre en retrait de la collectivité, alors que quelqu’un qui en a une bonne va avoir davantage confiance en lui, aura une meilleure sociabilisation et un bien-être plus solide. »

Et Martina Chyba de mettre en garde : « Le bistouri ne va pas vous amener quelque chose que vous n’avez pas, comme un boulot ou un mec. » Un avis partagé par le Dr Emeri : « Je refuse d’opérer quelqu’un dont les attentes sont irréalistes, cela aboutirait forcément à un échec. Un lifting ne va pas faire revenir un mari volage à la maison, une rhinoplastie ne va pas résoudre tous les problèmes relationnels. Dans certains cas, il faudrait pouvoir proposer un suivi psychologique avant de faire une intervention, mais c’est très délicat et souvent mal perçu. » 

 

Les interventions esthétique qui ont la cote auprès des 50 ans et plus

Les jeunes corrigent en priorité ce qui a trait à leur silhouette, alors que les personnes de plus de 50 ans se concentrent davantage sur leur visage. Si, il y a dix à quinze ans, les hommes étaient rares à intervenir sur leur physique, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

 

Scéances de laser et/ou de lumières pulsée

Ces deux techniques non invasives permettent de gommer les taches et la couperose. Elles uniformisent le grain de la peau, estompent les ridules et donnent un aspect plus velouté à l’épiderme. « Les hommes ont souvent recours à ce genre de traitement, car ils vivent très mal le fait d’avoir de la couperose. Cela donne l’impression d’être un peu trop bon vivant », explique la Dre Patricia Delarive, dermatologue à la Clinique Matignon. Comptez trente minutes par séance (deux à trois séances sont parfois nécessaires). A noter que les taches se voient un peu plus dans les trois jours qui suivent le traitement et s’estompent au bout d’une semaine environ. 
Prix : 300 fr. à 600 fr. la séance.

 

Injection de botox

Elles permettent, en quelques minutes, de faire remonter les sourcils et d’ouvrir le regard. « L’effet figé que redoutent les gens est lié à une mauvaise utilisation du produit, explique Patricia Delarive. Soit, trop de produit a été injecté, soit il a été injecté au mauvais endroit. De nos jours, il est rare que l’on traite le front au botox pour éviter cet effet pas très naturel. On utilise la toxine botulique principalement pour estomper les pattes d’oie et remonter les sourcils. » 
Prix entre 300 fr. et 1000 fr. selon la zone à traiter.

 

Injection acide hyaluronique

Ce produit permet de remplir une ride ou un creux. Les injections ajoutent ainsi du volume sur un visage émacié. Lorsque cette technique est utilisée sur l’entier du visage, on parle de « softlifting ». « On évite ainsi la chirurgie, tout en redonnant du volume aux joues, en redessinant l’ovale du visage et en estompant les rides. Le « softlifting » a beaucoup de succès chez les femmes », précise Patricia Delarive. La première séance dure une heure et les suivantes environ trente minutes. Le lendemain de l’injection, la peau est un peu gonflée et le résultat est visible trois jours après. Prix : entre 600 fr. à 2500 fr. selon la zone à traiter.

 

Lifting du visage

Le lifting du visage est la deuxième intervention la plus demandée par les personnes de plus de 50 ans. « C’est une chirurgie lourde qui entraîne trois semaines d’éviction sociale après l’intervention. » Elle se pratique, la plupart du temps, sous anesthésie générale et la personne reste entre vingt-quatre et quarante-huit heures à l’hôpital. L’intervention engendre des hématomes et des douleurs, ainsi que des gonflements. Les cicatrices s’estompent avec le temps, cela peut prendre jusqu’à six mois à une année. 
Prix : 15 000 fr. à 20 000 fr.

 

Blépharoplastie

Il s’agit d’une intervention chirurgicale qui consiste à éliminer l’excédent de tissus des paupières supérieures ou inférieures. Selon le Dr Emeri, cette intervention est celle qui est le plus pratiquée en chirurgie plastique chez les personnes de plus de 50 ans et est très prisée par les hommes. Elle dure une à deux heures. Un arrêt de travail de sept à dix jours est nécessaire. Après l’intervention, le contour des yeux présente des œdèmes et des ecchymoses qui peuvent mettre jusqu’à trois mois avant de se résorber totalement. Le résultat définitif est atteint au bout de trois à six mois. 
Prix : entre 2900 fr. à 7000 fr.

 

Tonification par radiofréquence ou par ultrason

Cette technique permet de tonifier les peaux relâchées. Elle est indiquée pour redessiner l’ovale du visage et permet une meilleure démarcation entre ce dernier et le cou. « Injecter de l’acide hyaluronique sans tonifier, cela ne sert à rien, explique la Dre Delarive. Cette technique est particulièrement appréciée des hommes pour qui un lifting chirurgical est souvent redouté. D’une part, parce que, contrairement aux femmes, les messieurs ne peuvent cacher les cicatrices avec leurs cheveux et, d’autre part, parce que la radiofréquence et les ultrasons offrent d’excellents résultats sur les visages masculins. » La séance dure nonante minutes et n’est pas très agréable : sensation de peau qui chauffe. Elle ne laisse cependant aucune marque. 
Prix de la première séance : entre 1500 fr. et 3000 fr. selon l’étendue de la zone à traiter.

 

Yseult Théraulaz

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