Effervescence printanière au Japon

Durant deux mois, la floraison s'étale progressivement le long de 3000 kilomètres de l'archipel.
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Les beautés naturelles de l’Extrême-Orient justifient une escapade asiatique. La floraison des cerisiers revêt une dimension quasi spirituelle.

 

 

 

 

Nulle autre nation ne voue, au retour des beaux jours, une telle dévotion. Chaque année, dans l'Empire du Soleil levant, la floraison des cerisiers revêt une dimension quasi spirituelle. Elle symbolise notamment la renaissance, mais aussi l’impermanence des choses, la fragilité de l’existence. Cette photogénique explosion de couleurs constitue aussi le fonds de commerce du secteur touristique. Durant cette courte période, il devient illusoire de se loger sans une réservation bien anticipée.
A Kyoto — l’un des hauts lieux du Japon traditionnel — Michiko tient une boutique d’éventails haut de gamme. On vient de loin pour acheter ses véritables œuvres d’art, à mille lieues des pacotilles de bazar. « Comme vous pouvez le voir, ce sont les motifs floraux qui inspirent le plus nos créateurs », relève cette jeune femme à la tenue aussi raffinée que ses objets, sélectionnés avec un rare discernement. La plupart font surchauffer les cartes de crédit.

« Au Japon, actuellement, l’un de nos prénoms féminins les plus tendance est Sakura. Il fait directement référence à nos célébrations printanières, lesquelles ne se limitent pas à l’ancestral hanami (contemplation des arbres en dégustant du saké). Ici, à Kyoto, l’engouement peut prendre l’allure d’un véritable festival, avec marchés aux plantes, danses de geishas et dragons. »

 

Florilège

A Yoshino, dans la préfecture de Nara, 3000 cerisiers tapissent la montagne. Tokyo en compte 1000 dans son parc d’Ueno. A noter que ces derniers ne produisent pas de fruits. Les différentes variétés arboricoles se distinguent par leur teinte — toutes les nuances du rose — et le nombre de pétales, de cinq à plusieurs centaines. Certaines espèces changent même de couleur au cours de leur floraison. La variété Somei yoshino, avec ses fleurs presque blanches, est la plus répandue.
Si la période la plus spectaculaire est localement éphémère, il est toutefois possible d’en profiter durant deux bons mois — généralement du début de mars à la mi-mai — en des lieux différents du Japon. En effet, la floraison s’étale progressivement le long des 3000 kilomètres de l’archipel. Le phénomène fait chaque année l’objet de prévisions des météorologues qui les publient dans un calendrier tenant compte des variations climatiques. A ces féeries s’ajoute encore le show des shibazakura — littéralement « cerisiers-pelouses » — qui envahissent les parterres des parcs dans un camaïeu de rose.Bernard Pichon

 

De briques et de broc

Le sakura n’échappe pas à de discutables récupérations. C’est ainsi que le plus imposant cerisier en fleur entièrement construit avec des briques Lego — plus de 800 000 — a vu le jour au parc d’attraction de la firme, à Nagoya ... un délire consigné au Livre Guinness des records. Il a fallu plus de 6700 heures de travail pour assembler cette construction d’environ 3300 kilos.

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