Buvons à la Géorgie !

Lors des repas, les toasts se succèdent, expliquant l’ambiance conviviale.
© Explo du Monde

Envahie plus souvent qu’à son tour au cours de l’histoire, cette petite république caucasienne fait l’objet d’un film chaleureux dans Exploration du monde. Comme ses habitants.

Au cœur du Caucase se trouve une petite république méconnue, encore aujourd’hui. Pourtant né en Géorgie lui aussi, le petit père Joseph a d’ailleurs contribué à son malheur, condamnant les montagnards à l’exil dans des exploitations agricoles. Staline se méfiait de ces hommes rudes et indépendants qu’il voyait comme de possibles opposants. Sans doute n’avait-il pas tort. En regardant le film du réalisateur Nicolas Pernot consacré à ce pays de montagnes, on découvre des hommes et des femmes très attachés à leur terre et à leurs traditions.
Et la première, il faut bien le dire, c’est l’amour du divin breuvage. Cela fait près de 8000 ans que l’on élève du vin en Géorgie. Et les indigènes aiment bien lever le coude. « Il y a une blague en Géorgie qui dit effectivement que si on cultive du vin depuis aussi longtemps, il faut bien que quelqu’un le boive. » Dans le film, la leçon commence à la douane. Une fois les formalités remplies, le fonctionnaire offre au visiteur… une bouteille de bienvenue! Après, toutes les occasions sont bonnes, notamment lors des soupers où le maître de table lève un toast à Dieu, à son hôte, puis aux invités, puis à la Géorgie, puis aux personnes présentes, aux disparus et on en passe. Nicolas Pernot reconnaît qu’il a pris du poids lors du tournage, entre 2016 et 2018. « Mais parce que la nourriture est bonne. » Et de reconnaître toutefois que, en matière de libation, « on ne lâche jamais l’affaire. c’est une manière de célébrer l’amitié. »
 

L’or de la Géorgie

Dans son film, le réalisateur évoque la boisson comme un fluidifiant social. Cela explique-t-il la formidable hospitalité dont fait preuve ce peuple? Pas seulement : « Ils ont conservé cette coutume de l’un ou de l’autre envahisseur, sans doute les Perses. Pour eux, le visiteur est un envoyé de Dieu. » Autant dire que, lorsque vous êtes adoptés, c’est pour la vie. « La Géorgie n’a pas de pétrole, ni d’autres matières précieuses. L’accueil, c’est cela son or. » Et, dans une nature encore préservée, l’avenir du pays passe par le tourisme de randonnée et équestre.
Reste à prévenir les voyageurs, il vaut mieux aimer le chant, notamment polyphonique, si on se rend en Géorgie. Ou alors se munir de boules Quiès. Si certains locaux privilégient un style plutôt méditatif, d’autres aiment donner tout ce qu’ils ont à l’occasion.
Enfin, il est prudent de se munir d’une médaille de Saint-Christophe. En plus de routes de montagne parfois très dangereuses, « certains conducteurs aiment bien prendre des virages à fond, tout en faisant le signe de la croix. J’ai eu parfois très peur », admet le cinéaste qui a très rapidement acheté sa propre voiture pour ne pas dépendre des autres. « Et je ne l’ai jamais regretté. »

                                                  J.-M.R.

 

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