La démence vue par Shakespeare est contagieuse

 Le génial dramaturge anglais William Shakespeare inspire toujours des auteurs, quatre siècles plus tard.
© Wynnter

La folie Lear s’inspire largement d’une des plus célèbres pièces du dramaturge anglais, mais aussi d’œuvres plus contemporaines. Bientôt à la Comédie de Genève.

Promis, juré, dit Christian Geffroy Schlittler : pas besoin d’être un lecteur averti de Shakespeare pour venir voir la pièce qu’il met en scène prochainement à la Comédie de Genève. Certes, La folie Lear — écrite par Serge Martin qui en est également l’acteur principal — se base, en partie, sur la célèbre pièce du dramaturge anglais, mais pas seulement. Deux autres œuvres plus contemporaines servent de pierres angulaires à cette création : Minetti de Thomas Bernhard et Roi Lear de Rodrigo García.
Concrètement, la pièce met donc en avant un acteur « assez âgé » qui vient sur scène raconter son envie de monter un spectacle, basé sur ces trois grands textes. Il en lit même des extraits au public et continue de raconter son projet jusqu’au moment où il se fait contaminer lui aussi par la folie de Lear. Mais, comme dans la pièce de William Shakespeare, la démence fonctionne, ici, comme un agent révélateur, conduisant vers la sagesse et la clairvoyance. Et elle peut nous interroger, nous aussi, « sur les trente ans de guerre et d’attentats qui ont émaillé nos journaux, nos écrans et nos vies depuis la chute du mur de Berlin », explique Serge Martin.
Bref, « C’est une pièce qui a beaucoup de niveaux de compréhension », souligne Christian Geffroy Schlittler, précisant que le spectacle comprendra, là, des projections d’images, des clichés et des documentaires.

 

Trop tard

Pour rappel, Le roi Lear est une tragédie en cinq actes qui aurait été écrite entre 1603-1606. L’action, elle, se passe quelque 800 ans avant J.-C. et met en scène un monarque qui réunit ses filles pour leur annoncer son retrait du pouvoir et sa volonté de leur distribuer le royaume, la plus grosse part devant revenir à celle qui lui déclarera le mieux son amour. Deux de ses enfants jouent à fond la carte de la flagornerie, alors que la troisième, Cordelia, avoue qu’elle gardera une partie de son amour pour son futur époux. Vexé, Lear la déshérite et la chasse. Plus tard, bien plus tard, après moult trahisons l’ayant conduit à perdre la raison, il reviendra sur sa décision après avoir compris l’amour sincère de Cordelia. Hélas …

Le roi Lear est considéré comme l’une des pièces les plus abouties de l’écrivain. Au théâtre, les plus grands ont interprété le rôle, comme Laurence Olivier, Alex Guinness ou encore Christopher Plummer. Le cinéma s’est aussi emparé à de multiples reprises de ce texte si riche, et ce dès 1910. Tiens, on note même un King Lear d’un certain Jean-Luc Godard qui suscita évidemment la polémique. On ne se refait pas, hein !

J.-M.R.

 


Pour en savoir plus 

La folie Lear, Comédie de Genève, du 13 novembre au 1er décembre

 

 

 

0 Commentaire

Pour commenter