La carte routière de papy fait de la résistance

Une bonne boussole et une carte pliable font encore beaucoup mieux que simplement dépanner. © iStock/DR

On la pensait condamnée aux oubliettes avec la généralisation des systèmes intégrés de navigation (GPS) dans nos voitures. Il n’en est rien et ce n’est pas une question de nostalgie.

Disons-le: pour ceux qui ont connu l’avant et l’après, le Global Positioning System (désolé, le GPS est né en Amérique) est une invention géniale. Terminées les «pétées de plomb» dans la voiture au moment de chercher son chemin dans une ville étrangère, quand le chauffeur stressé par la circulation en terre inconnue passe ses nerfs sur son épouse à la place du passager. Là, il suffit d’introduire l’adresse de son hôtel ou de toute autre destination pour qu’une voix vous guide tranquillement jusqu’à bon port. Le bonheur total, quoi!

La carte ne plie pas

On pouvait penser dès lors que la généralisation du GPS dans nos voitures ainsi que celles d’applications sur votre smartphone déboucherait sur l’enterrement des bonnes vieilles cartes routières, celles qu’on n’arrive jamais à replier correctement. Surprise, il n’en est rien. Elles traînent toujours dans la boîte à gants. Mieux, elles continuent à très bien se vendre. «C’est vrai, confirme Danielle Zingg, cheffe marketing chez Hallwag Kümmerly+Frey AG, le spécialiste suisse en la matière. Lors de l’arrivée des GPS, il y a eu une petite baisse des ventes, mais cela s’est stabilisé depuis et nous en vendons toujours beaucoup. On a fait un peu plus d’efforts sur les cartes de loisirs, randonnées, cyclistes, mais les cartes routières constituent toujours notre principale activité», confirme-t-elle sans pouvoir donner de chiffres précis.

Le phénomène est d’ailleurs le même en France voisine, selon le quotidien Le Parisien. L’an dernier, les ventes des fameuses cartes Michelin — 115 ans d’existence — ont même progressé de 5,8% par rapport à 2020. Quant à «L’Atlas des routes de France», il a enregistré une hausse de 20%! Certes, on est loin des dix millions vendus à la grande époque, mais il s’en écoule, malgré tout, jusqu’à cinq millions d’exemplaires par exercice : la résistance à la technologie est avérée. 

Mais pourquoi?

Reste à comprendre ces irréductibles du papier. «C’est un peu comme les livres, avance Danielle Zingg. Mais c’est surtout utile pour avoir une vue d’ensemble. Quand on va dans un pays étranger, par exemple, on peut planifier avec une carte son parcours.» Eh oui, ce que le GPS ne montre pas, ce sont les points d’intérêt qui peuvent nous amener à faire un détour ou à prendre des chemins de traverse pour profiter du paysage, voire à faire un arrêt baignade. En clair, on a son destin et son chemin en main, on ne suit pas bêtement une voix enregistrée pour aller d’un point A à un point B. On prend son temps, on planifie. La carte routière reste donc, en bonne partie, synonyme de vacances. Et il est vrai que, avec le covid, beaucoup d’entre nous ont renoncé aux vacances lointaines en avion pour reprendre le volant afin de découvrir notre pays ou une contrée voisine. Le voyage commence alors en amont, lors de sa préparation. Au moment même où on ouvre la carte chez soi pour établir son itinéraire.

Jean-Marc Rapaz

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Je suis une irréductible du papier, du livre à la carte routière. Pour moi, c'est du concret ! J'ai travaillé une dizaine d'années chez un autocariste et je préparais tous les voyages à l'aide d'une carte routière ! C'était très précis. Le GPS n'existait pas encore. Je n'ai jamais utilisé un GPS et j'imagine qu'il peut être utile pour trouver une adresse précise ou préparer un itinéraire partant d'un point A à un point B. Merci pour vos articles que j'apprécie beaucoup.