Le disco ressuscite sur les planches

© Laurent Philippe & DR

Danse,  « pattes d’eph » et lumière… tout est disco dans le spectacle du chorégraphe Marco Berrettini qui met en scène un marathon de danse dans les années 70-80.

A la mi-décembre, un joyeux air de nostalgie attend les spectateurs à la Comédie de Genève. Le spectacle Sorry, do the tour. Again! du chorégraphe Marco Berrettini nous propulse en effet au cœur d’un concours de danse non-stop, dans les années 70-80, à l’époque où le disco faisait fureur. Un concours tel que l’a remporté Marco Berrettini alors qu’il avait 15 ans et qu’il est sacré champion d’Allemagne : « Le spectacle a été créé en 2001. S’il ressemble aux concours, c’est aussi une création, car ces compétitions se déroulaient en solo. Ici, le solo est uniquement présent au début du spectacle, puis on voit des couples qui dansent ensemble… »

Si les bases sont à peu près clairement établies au départ, elles deviennent de plus en plus floues au fur et à mesure du spectacle. Les artistes finissent par évoluer en groupe, semant le doute sur la raison de leur prestation, jusqu’à l’apparition de petites ballerines classiques qui achèvent de troubler les spectateurs. Spectateurs très vite entraînés dans la folie douce de ce rendez-vous dépourvu de nostalgie et souvent très drôle. Car Marco Berrettini pose un regard ironique sur le phénomène disco, à travers des scènes désopilantes, comme celle du faux fouettage ou du bowling. « Ces scènes font référence aux débuts du disco, quand les discothèques étaient des endroits où l’on trouvait des résidus d’attractions de music-hall à l’américaine. On y voyait encore des artistes qui se produisaient avec des numéros de claquettes, de catch dans la boue ou les premiers concours de disc-jockey… »

 

Une ambiance enfiévrée

Ce voyage dans le temps interpelle autant les jeunes que les générations qui ont connu le disco. Chacun y retrouve ou découvre le côté coquin, exubérant et inventif, voire infantile, des soirées de l’époque, et les danseurs sexy et diablement concentrés, reflets d’années encore insouciantes. La démarche du spectacle ne se limite pourtant pas à l’anecdotique. Au fur et à mesure, le public remarque la dégénérescence des corps vieillissants. La moitié des danseurs de la version actuelle était déjà au générique de la version initiale. Le mystère introduit au début du concours, au moment des solos performants, s’estompe peu à peu, explique Marco Berrettini : « On a l’impression que les danseurs sont de plus en plus fatigués. Le spectacle s’humanise, avec l’apparition de leurs imperfections. Au moment où on les voit commencer à descendre la pente, on présente les petites ballerines comme l’archétype de l’éternelle jeunesse… Elles possèdent un côté symboliquement pur, tandis que les autres sont plus ancrés dans la réalité avec leurs défauts, leur colère, leurs conflits, leur vieillissement. » Le spectacle se termine  sur une scène magistrale au ralenti, accompagnée par la voix de Gloria Gaynor, ultime hommage à une époque qui a influencé la danse contemporaine.

M.B.


A voir 

Sorry, do the tour. Again, Comédie de Genève, du 16 au 20 décembre

 

 

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