Casanova vous guide à Venise

Venise, la ville de Casanova. © bluejayphoto

La vie de ce séducteur invétéré s’apparente à un roman. Qui nous conduit dans les ruelles de la Sérénissime, où l’homme comme le mythe sont nés.

Il est mort en 1798 à Dux, dans l’actuelle République tchèque, mais son histoire demeurera pour toujours liée à Venise, où l’homme comme le mythe du coureur de jupons sont nés. Car, bien qu’il ait successivement été violoniste, écrivain, magicien, espion, diplomate ou encore bibliothécaire, Giacomo Girolamo Casanova restera à jamais connu pour son libertinage. Lui qui, paradoxalement, souhaitait embrasser la carrière de curé !

 

Jusqu’à l’âge de 15 ans, Casanova fréquente en effet l’église San Samuele, face au Grand Canal, dont le campanile rose déchire toujours l’horizon. Lors de son premier (et dernier) sermon, ce beau parleur se fait courtiser par la gent féminine, qui lui fait parvenir des billets doux, comme l’explique Mémoires, biographie signée par Casanova lui-même. Stupeur dans la nef ! Un goût pour les plaisirs de la chair — auxquels il cède pour la première fois à l’âge de 14 ans, rue Nani, en compagnie des sœurs Nanette et Marton — qui lui causera plus d’un problème … Ce gosse de pauvres, né en 1725 rue Malipiero (une plaque célèbre modestement sa naissance) et pris sous l’aile du seigneur Gasparo Malipiero, fréquente durant sa jeunesse le magnifique palais éponyme. Jusqu’au jour où son protecteur se voit éconduit par une demoiselle qui préfère accorder ses faveurs à Casanova. La relation avec la jeune femme est consommée, celle avec le vieux seigneur rompue, puisqu’il est chassé.

 

Mais le mythe se construit, conquête après conquête. La plus célèbre d’entre elles nous mène sur l’île de Murano, aujourd’hui fréquentée par les touristes, désireux de découvrir ses créations en verre. Situé au nord de l’île, le couvent Santa Maria degli Angeli — dont il ne reste désormais plus que l’église, à l’abandon — accueillait les filles des riches familles vénitiennes. Casanova, 28 ans, commence par se rendre à la messe du dimanche, avant d’intensifier ses visites, et ses liaisons. Marina Morosini, héritière d’une famille de doges, succombe à son charme. Une fois la nuit tombée, ils montaient tous les deux à bord d’une gondole pour rallier une garçonnière située le long du Grand Canal. Son propriétaire, Monsieur de Bernis, ambassadeur de France et futur ministre de Louis XV, pouvait même assister à leurs ébats grâce à une œillère.

 

Une incroyable évasion 

Une romance qui le conduira, en juillet 1755, dans la prison du palais des Doges. Officiellement, il est condamné pour crime contre la religion après avoir été arrêté en possession de livres kabbalistiques. Officieusement, les historiens évoquent plutôt les conséquences de la colère de la famille de Marina Morosini, voire ses contacts avec Monsieur de Bernis, espion français. Toujours est-il qu’il est enfermé dans une étroite et sordide chambre située sous les toits de plomb du palais. Heureusement pour lui, la torture a été abolie quelques mois avant son arrestation. Autre coup de chance: lors d’une balade dans l’actuelle salle où sont exposées des armes, il tombe sur une barre de fer, qu’il aiguise à l’aide d’une pierre. Grâce à la complicité d’un autre détenu, il parvient à faire un trou dans sa cellule, accède au toit et atteint les salles officielles. Coincé, il appelle alors les gardes, se faisant passer pour un visiteur enfermé par mégarde. Bingo ! C’est ainsi que le 

31 octobre 1756, Casanova recouvre sa liberté place San Marco, et monte à bord d’une gondole, direction Paris, puis d’autres régions d’Europe. Un exil qui donnera lieu à de nouvelles… aventures ! 

Frédéric Rein 


Envie de voyage?

Partagez à la découverte de Venise avec notre offre voyage, à tarif préférentiel pour les abonnés:

0 Commentaire

Pour commenter