Les seniors sont désormais à l’aise avec le monde digital

©Istock

Toujours plus nombreux sur internet, les seniors sont avides d’informations et utilisent avec enthousiasme la messagerie électronique.

Les personnes de plus de 65 ans, en Suisse, utilisent de plus en plus les technologies de l’information et de la communication. Mais, pour s’informer, TV et radio battent tous les records.

Les chiffres sont clairs : au fil du temps, les seniors utilisent de plus en plus les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Par choix, mais aussi parce que beaucoup de prestations se dématérialisent sans laisser une alternative aux usagers. En somme, les plus de 65 ans ont désormais intégré le monde digital. Ce qui n’était pas le cas, il y a une dizaine d’années. Raison pour laquelle, Pro Senectute avait commandé, en 2009, une première enquête sur l’utilisation des TIC par cette population. Réalisée par le Centre de gérontologie de l’Université de Zurich, l’étude « Digital Seniors » en est à sa troisième édition, après un deuxième volet en 2014.

 

 

Davantage d’internautes âgés

L’étude de 2019, basée sur les réponses de près de 1150 personnes représentatives de toutes les régions linguistiques, se focalise sur internet. Elle confirme que le nombre des retraités internautes continue de croître; ils étaient 38 % il y a cinq ans, ils sont 74 % aujourd’hui. En revanche, en vieillissant, le recours à la toile se raréfie : à 85 ans, on est moins souvent sur le web qu’à 70. « Si une fracture numérique existe, elle se produit à partir de l’âge de 75 ans», précise Peter Burri Follath, chef de la communication à Pro Senectute Suisse.

Parmi les internautes, six sur dix se connectent tous les jours. Ces derniers surfent avant tout à la recherche d’informations, et sont des usagers enthousiastes de la messagerie électronique. Chez les non-internautes, près de 65 % sont résolument hostiles ou expriment des sentiments mitigés. Ces réfractaires mentionnent la difficulté d’utilisation, les craintes par rapport à la sécurité et le côté fastidieux de l’apprentissage.

 

TV et radio plébiscitées

Par ailleurs, 96 % des personnes interrogées possèdent au moins un téléviseur dans leur ménage, souvent allumé. Et 91 % de l’échantillon écoutent la radio dont 76 % tous les jours. Le téléphone fixe, bien qu’en perte de vitesse, équipe encore 83 % des ménages. Le portable (pas le smartphone), lui aussi à bout de souffle, équipe 44 % des sondés. Enfin, 74 % des sujets possèdent un ordinateur de bureau ou un portable.
Le smartphone, de son côté, s’impose désormais pour la recherche d’informations et la communication. Et 69 % des participants en ont un dans leur poche (32,1 % en 2014). PC et tablettes, bien que en moindre mesure, sont également en progression. Enfin, bracelets fitness (coach numérique de son activité physique) et montres connectées restent minoritaires.

 

A lire aussi : Internet : il n’est jamais trop tard !

 

Plaidoyer pour le guichet (le vrai)

Pour terminer, les auteurs de la recherche soulignent que le choix de certaines personnes âgées de ne pas utiliser internet devrait être respecté. Il ne faudrait en aucun cas les percevoir comme « en marge de la société, sans quoi ces personnes se retrouveront de plus en plus exclues de la société et, par là même, coupées de l’accès à des informations et à des services indispensables ». Voilà pourquoi le guichet classique, notamment, dans les banques et pour les transports publics, reste une alternative valable à la numérisation des prestations, sans oublier de proposer des formations à l’utilisation des nouvelles technologies. Peter Burri Follath plaide ainsi pour « des solutions hybrides, notamment en ce qui concerne le service public, afin de permettre à la minorité non connectée, ni numérisée, d’avoir accès à l’ensemble des prestations financières, sociales, sanitaires ou commerciales ».

 

Et la cybersanté ?

L’enquête a aussi examiné de près le recours aux applications de cybersanté sur des appareils mobiles (smartphones et tablettes). Pour l’heure, les internautes qui ont déjà utilisé des outils de cybersanté indiquent avoir consulté surtout les applications de fitness (27 %) et des caisses maladie (20,6 %). Selon Peter Burri Follath, « leur succès peut s’expliquer par le fait qu’elles sont faciles à manipuler et sont souvent associées à des concours ou à la possibilité de bénéficier d’une réduction des primes ». Les applications de mesure ou d’enregistrement de valeurs vitales, ainsi que celles destinées à communiquer avec les médecins ou à rappeler la prise de médicaments, sont en revanche délaissées (moins de 10 %).

 

Les effets du coronavirus

Impossible enfin de ne pas évoquer la pandémie de coronavirus. Elle a décuplé le recours aux moyens informatiques et numériques. Les personnes âgées, fortement limitées dans leur mobilité et leurs liens sociaux, ont également utilisé davantage que d’habitude smartphones et tablettes. Au cours de la phase aiguë de la crise, on a pu craindre cependant que les aînés souffrent d’un certain « isolement numérique ».
Peter Burri Follath note qu’on ne dispose pas de données à ce sujet. En revanche, on a pu observer que « les seniors, par la force des choses, se sont servis d’applications qu’ils ne savaient pas ou n’osaient pas utiliser jusque-là ». Pour ce faire, remarque-t-il encore, « ils ont pu compter sur l’aide et les explications de leurs proches, beaucoup plus disponibles ».

Cette solidarité s’est aussi manifestée dans le cas des achats en ligne. Bon nombre de seniors, souvent dépourvus de carte de crédit ou peu à l’aise sur les plateformes de vente (même adaptées aux besoins spécifiques des personnes âgées à l’image d’amigos.ch, issu de l’initiative commune de Pro Senectute et de Migros), ont pu bénéficier du soutien, rapproché ou à distance, de leurs familles.

 

 

Marco Danesi

 

 

Présentation de l’étude le 28 octobre, de 9 h 30 à 12 h à l’Aquatis Hotel Lausanne.
Participation gratuite, nombre de places limitées. Informations et inscriptions sur le site internet de Prosenectute

 

 

Seniors, si vous écriviez une lettre aux jeunes ?

Pendant le coronavirus, plusieurs médias ont proposé à la population d’adresser des mots aux aînés. Cette démarche a rencontré un vif succès. Aujourd’hui, Pro Senectute Valais-Wallis les convie à inverser les rôles. La fondation invite les seniors à rédiger des courriers destinés à des élèves d’une classe du cycle du CO de Saint-Guérin de Sion. Ils ont carte blanche quant au choix du sujet abordé. Cela peut être leur expérience du confinement, leur vision du Valais de demain, leur lien avec les jeunes, des récits de vie ou, encore, une recette de cuisine, voire un itinéraire de randonnée à ne pas manquer.

Intéressé/e ? Vous avez jusqu’au 30 octobre 2020 pour envoyer votre lettre avec vos coordonnées à info@vs.prosenectute.ch ou par courrier postal à Pro Senectute Valais-Wallis / MCS / Rue de la Porte-Neuve 20 / 1950 Sion.

Si les conditions sanitaires le permettent, une rencontre sera organisée, par la suite, pour réaliser un livre avec vos écrits. Plus d’infos : info@vs.prosenectute.ch

0 Commentaire

Pour commenter