Il quitte tout pour vivre dans un hôtel en Espagne

C’est avec des mots bien choisis que Blaise Craviolini, 54 ans, nous explique en détail, avec une excitation difficile à masquer, son nouveau projet de vie en Catalogne. Avec un départ agendé au 31 mars, les préparatifs de ces derniers mois sont donc presque terminés, même si certains sont encore à traiter, comme les assurances et son visa. « Tout va bientôt être réglé, c’est important pour moi de quitter la Suisse en étant administrativement en ordre. » Avec son style décontracté, un café à la main et l’œil vivant, le Valaisan, né à Sierre nous éclaire spontanément sur sa vision des choses : « Pour moi, la réussite dans la vie, c’est simplement d’être heureux. »

L’indépendance et la liberté avant tout

Celui qui a eu la chance de commencer très tôt son métier, à l’âge de 14 ans, en écrivant pour le bihebdomadaire La Semaine Sportive, revient sur son parcours de vie entre fierté et humilité. Devenu rapidement journaliste pour plusieurs médias comme Le Nouvelliste, Le Matin, la TSR, Canal 9 ou encore le groupe Tamedia, Blaise Craviolini, actif également dans des associations et dans la production de films, a toujours aimé travailler et ne compte pas stopper maintenant la machine. « Je vais revenir ici huit jours chaque deux mois, grâce à un arrangement avec mon employeur, pour continuer à écrire et à financer cette semi-retraite en Espagne. » Car, dans son activité professionnelle d’indépendant comme dans ses nombreux voyages, notamment en Côte d’Ivoire où il a vécu deux ans, l’homme y trouve un réconfort, voire un équilibre. « J’aime mon métier, alors ce serait stupide d’arrêter. Grâce à lui, j’ai pu visiter de nombreux pays. »

Habité depuis toujours par une forte volonté d’indépendance et de liberté, ce nouveau défi arrive comme une évidence. Bien que entouré de son frère, de ses parents et d’un bon cercle d’amis loin d’être étonnés de son choix, il se sent tout à fait prêt à quitter son quotidien suisse et sa petite maison valaisanne, qu’il a pour l’instant mise en location. Célibataire et sans enfant, ses attaches sont ailleurs et peuvent donc passer au second plan, pour l’instant, afin de mener à bien ce projet. Contrairement aux idées préconçues, Blaise ne nourrit pas non plus l’espoir de créer une relation stable avec une femme, mais cherche cependant à nouer des liens : « Je ne recherche absolument pas l’exclusivité avec les femmes. En fait, ce qui me plaît, c’est vraiment cette effervescence dans l’hôtel, ce contact, le fait de rencontrer de nouvelles personnes chaque semaine, de trinquer avec la voisine ou le voisin… » Bon vivant et passionné, la sensibilité de cet homme se révèle soudainement quand il commence à parler de certains événements marquants de sa vie, comme la disparition de l’un de ses frères, en pleine Afrique noire. Rapidement, il conclut : « Donc je pense que je suis quelqu’un qui a besoin de contact, mais tout autant d’être seul et d’avoir mes moments d’intimité. »

Un nouveau projet de vie

Comment un tel projet devient-il réalisable ? « J’ai vu que c’était possible après avoir fait ma comptabilité », répond du tac au tac ce joyeux quinquagénaire. Il continue : « Ce projet mûrit en moi depuis quatre à cinq ans. Ce n’est pas une échappatoire, au contraire, c’est un projet de vie. En fait, depuis une dizaine d’années, dès que j’ai quelques jours, je pars à l’Hôtel 4 étoiles La Carolina à Loret del Mar (Catalogne), une ville surtout connue par les jeunes, car elle est réputée pour son esprit festif. J’ai donc eu un coup de cœur pour ce lieu, pour son esprit, son âme. Et, à force d’aller tous les étés, je me suis dit pourquoi ne pas faire le contraire, c’est-à-dire vivre là-bas et venir travailler ici huit jours chaque deux mois, où je logerai à l’hôtel. Donc, c’est aussi ce qui me permet de financer cette « retraite », sans retirer mon capital. »

Et quid de l’organisation sur place, en tant que résident à l’année ? « On a trouvé un arrangement forfaitaire avec l’hôtel. Je vais payer 40 euros par jour, donc 1200 euros par mois. En Espagne, c’est un salaire mirobolant, donc ma démarche, au départ, est un peu égoïste vu que je profite du pouvoir d’achat , explique-t-il honnêtement. Et puis, on peut avoir de bonnes assurances espagnoles avec un accès à de très bons soins aussi, c’est important. En revanche, vu que je continue de travailler en Suisse, je payerai encore mes impôts ici. Mais je ne payerai plus Billag ! » (rires.)

Parmi tous les avantages de la vie à Loret del Mar et à l’hôtel, Blaise en relève un joli petit lot : pouvoir enfin se mettre à la pêche, se balader, profiter de la terrasse avec la vue sur la mer de sa petite suite, pouvoir amener des plaques et un frigo, sans compter la tranquillité, les rencontres et, surtout, la nature. Seule ombre au tableau, il sera totalement tributaire de l’hôtel catalan. Mais, loin de se soucier de ce détail, le futur semi-retraité, en vrai hédoniste, se réjouit d’avoir du temps pour lui et de s’acheter un scooter pour sillonner les environs.

« Je suis heureux ici en Suisse, mais ça ne m’empêche pas de compter les jours et bientôt les heures avant mon départ. C’est une belle aventure qui va débuter. »

Il termine, toujours avec sincérité : « Mon expérience africaine m’a énormément ouvert les yeux. Finalement, dans la vie, il n’y a pas que le travail, la gloire, la réussite. Ma philosophie, maintenant, c’est d’avoir du temps pour moi. Je crois que ce qui me plaît, c’est vraiment de vivre au jour le jour. »

 

Alice Caspary

0 Commentaire

Pour commenter