Vos reins sont précieux, préservez-les !

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Alors que le nombre de dialyses et de greffes explose dans le monde, la professeure Corinne Isnard Bagnis publie un passionnant plaidoyer pour la sauvegarde de nos reins.

Oui, on peut être professeure de médecine et avoir de l’humour. La preuve avec le titre du petit livre captivant rédigé par Corinne Isnard Bagnis : Miction impossible. Blague à part, son ouvrage est bien plus un plaidoyer pour que notre société se soucie enfin de préserver ces organes indispensables au fonctionnement d’une bonne partie de notre organisme. Le moindre grain de sable peut en effet avoir des conséquences très désagréables, voire désastreuses. « Nous avons assisté, ces dernières années, à une flambée du nombre de personnes atteintes d’insuffisance rénale nécessitant le remplacement de la fonction de leurs reins par la dialyse ou la greffe », note la spécialiste.

Un exemple : aux Etats-Unis, on est passé de 10 000 cas, en 1973, à plus de 700 000, en 2015. De quoi tirer le signal d’alarme. Et pourtant ! Parmi les maladies chroniques potentiellement létales, l’OMS reconnaît qu’elle est la plus négligée. Pourquoi ?

 

A quoi servent les reins ?

Sans chercher plus loin, la première réponse qui vient à l’esprit est à faire pipi et à éliminer les déchets de notre corps. En Occident, le pipi est donc associé à quelque chose de sale. « C’est sans doute le fait d’une vision aseptisée que de trouver les urines dégoûtantes », déplore la professeure de néphrologie à la Sorbonne à Paris. Il n’en a pas toujours été comme cela. Dans l’Antiquité, par exemple, elles étaient assimilées à de grands pouvoirs, comme de rendre les femmes fécondes. Et, aujourd’hui encore, trois millions de Chinois boivent un peu de leur urine dans l’espoir de devenir plus vieux. Bon, remarquez, les Romains, comme d’autres, s’en servaient pour tanner les cuirs et se laver les dents !

Une pratique qui n’a plus cours aujourd’hui, dieu merci. Mais nos pipis ont trouvé d’autres utilités. Comme celle d’être un fertilisant de valeur. Même à Paris, des projets de construction intègrent désormais un système de récupération des urines dans ce but.

 

A lire ausi : Maladies rénales : « Le corps a un système d’alerte »

 

Les reins, un organe multifonctions

Mais revenons-en non pas à nos moutons, mais à nos humains et au rôle capital des reins dans le bon fonctionnement de notre organisme. Ce sont environ 120 litres de sang qui font fonctionner nos rognons au quotidien. Ils en ressortent filtrés alors que les déchets sont éliminés via la miction. Mais le rein sert aussi à maintenir notre équilibre hydrique, de manière à ce que notre corps dispose de l’eau suffisante pour fonctionner. Il maintient également les minéraux nécessaires à l’organisme
et l’équilibre acido-basique du sang. Enfin, les reins produisent plusieurs hormones, des enzymes et des vitamines indispensables. Pas mal non pour deux petits haricots invisibles à l’œil nu.

Comment faire alors pour les garder en bonne santé ? Notre alimentation joue un rôle clé évidemment (lire interview). Mais pour s’éviter bien d’autres tracas, notamment au moment de la fameuse miction, quelques règles s’imposent. Comme celle de faire pipi quand on en a vraiment besoin. En effet, se retenir n’est pas bon, on le sait. Pourtant, les femmes, pour ne citer qu’elles, sont nombreuses à le faire, hélas, notamment en dehors de la maison. La raison ? Diverses études montrent que près de la moitié des sondées s’inquiètent de la propreté des toilettes, d’autres se disent trop occupées ou trouvent trop compliqué de se déshabiller.

Certaines vont même jusqu’à limiter leur apport hydrique pour ne pas avoir à aller aux toilettes. Problème, tous ces comportements peuvent conduire à l’impériosité mictionnelle (ça urge !), à la pollakiurie (faire pipi toutes les cinq minutes) et à l’incontinence urinaire d’urgence (on a besoin et ça sort). Que penser alors de ceux qui vont aux toilettes de manière préventive ? Pas de bol, les membres de cette catégorie sont aussi punis et peuvent être affectés par la pollakiurie ou la vessie hyperactive.

 

Les signaux d’alarme

Comment savoir si vos reins fonctionnent bien ? Voici quelques symptômes qui doivent vous faire consulter :

•  J’ai mal quand je fais pipi
•  Faire pipi, c’est compliqué ça ne vient pas tout seul, il faut pousser
•  J’ai envie d’uriner quand j’ai fini de faire pipi
•  Quand je tousse ou que je fais un effort, ça coule
•  Le jet d’urine est tout maigre et c’est long de faire pipi
•  J’ai envie toutes les deux minutes
•  Quand j’urine, il y a retard au démarrage
•  Je fais pipi en deux temps ; ça s’arrête et ça repart
•  Ça brûle quand j’urine
•  Je fais pipi trois fois en deux heures, toute la journée et souvent la nuit
•  Je me réveille plusieurs fois la nuit pour uriner
•  Quand j’ai envie d’uriner, c’est une urgence, je dois trouver où en catastrophe
•  J’arrive très bien à uriner, mais je dois m’appuyer sur le ventre
•  Impossible d’uriner ailleurs que chez moi, j’ai toujours peur que l’on me voie

 

Jean-Marc Rapaz

 

 

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