Hypertendus, du nouveau ?

Dr Grégoire Wuerzner, CHUV ©DR

Un adulte sur trois est hypertendu. Un chiffre qui passe à deux personnes sur trois dès 60 ans. Quoi de neuf sur le plan thérapeutique ? Désormais, les médecins traitent l’hypertension en associant deux médicaments, et l’arrivée d’un nouveau médicament est annoncée dans un proche avenir.

Petit rappel pour ceux qui l’auraient oublié ? L’hypertension artérielle correspond à une pression trop importante du sang sur la paroi des artères. Pour éviter que les patients ne subissent des atteintes cardiaques, cérébrales et autres engendrées par ce phénomène, plusieurs mesures sont à prendre, en tenant compte de divers éléments, comme le rappelle le docteur Grégoire Wuerzner, médecin-chef du Service de néphrologie et d’hypertension du CHUV : « Avant de commencer un traitement, nous tenons compte de la pression et d’autres facteurs de risques comme le diabète, l’obésité ou, par exemple, le fait d’avoir déjà eu un infarctus. Et ce, pour voir s’il faut réduire la pression de manière agressive et rapide, parce que le risque est élevé, ou si l’on a un peu de temps pour tenter des mesures non médicamenteuses. »

Evidemment, il est recommandé à tous les hypertendus de respecter des règles d’hygiène de vie visant à  perdre du poids si nécessaire, à limiter la consommation de sel, selon les cas, et à augmenter l’activité physique si l’on est trop sédentaire.

Soyons constants !

Lorsqu’un traitement antihypertenseur s’avère inévitable, les médecins s’appuient en priorité sur trois classes de médicaments : les bloqueurs du système rénine-angiotensine, les anticalciques et les diurétiques. Un nouveau médicament, le Firibistat est en cours d’essais clinique. Son action, au niveau du cerveau, permettrait de baisser la pression artérielle en ciblant d’autres mécanismes. Prometteur, ce traitement pourrait être commercialisé d’ici à un ou deux ans si des études de qualité confirment son efficacité et sa sécurité.

La stratégie thérapeutique actuelle tient compte des effets indésirables des médicaments qui seront ou non recommandés, en fonction du profil des patients. « De plus en plus, explique le docteur Wuerzner, on commence d’emblée avec une combinaison de deux de ces médicaments plutôt que d’en essayer un pour passer à un autre s’il ne convient pas. Le traitement dure à vie, mais 50 % des patients ont tendance à l’interrompre au bout d’un an. Il faut savoir que l’hypertension ne se guérit pas, et que, si on arrête le traitement, elle ne tardera pas à réapparaître. Raison pour laquelle nous devons adapter au mieux les médicaments pour éviter que les patients soient tentés d’abandonner. »

Quel tensiomètre ?

L’hypertension a longtemps été diagnostiquée sur la base de la mesure de la pression artérielle prise dans le cabinet du médecin, mais elle se mesure de plus en plus également en dehors, soit au domicile, soit sur des prises sur vingt-quatre heures. Cette méthode est plus représentative et plus liée aux risques cardiovasculaires. Il est donc conseillé aux patients de contrôler leur pression chez eux en utilisant un modèle de tensiomètre à bras muni du logo « validé cliniquement ». A noter que ces appareils doivent être idéalement recalibrés chaque année. Un appareil coûte entre environ 60 et 140 francs, et est remboursé par certaines assurances complémentaires.

 

 

Martine Bernier

 

 

 

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