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Opinion

Trop naïve

Marlyse Tschui, - dim. 01/10/2023 - 14:58
Les petits écrans, la chronique de Marlyse Tschui.
Chronique Petits écrans Marlyse Tschui météo
Marlyse Tschui. © Sandra Culand

Ça me révolte. Les images, vous les avez vues comme moi: des tonnes de vieux vêtements, acheminés de Suisse par avion, pourrissent dans des déchetteries à ciel ouvert en Afrique. Pendant des années, j’ai déposé dans des containers des sacs d’habits en bon état, lavés et même repassés, en me disant qu’ils pourraient faire des heureux et vivre une deuxième vie. Je me suis fait avoir. Quelle naïveté! Quelle arnaque! On croit faire un geste utile, écolo, alors qu’on contribue activement à un gigantesque gaspillage, à la pollution et à l’enlaidissement de la planète. 

Les jeunes, eux, pratiquent autrement. Après les avoir photographiés avec leur téléphone, ils revendent à prix cassés sur des sites spécialisés les vêtements qui ne leur vont plus ou qui ne leur plaisent plus. Le problème, pour les personnes âgées, c’est que non seulement elles ne sont pas familières avec cette manière de faire, mais aussi que leurs fringues n’ont aucune chance de plaire à la jeune génération. C’est certain, mon T-shirt Mickey trouverait preneur. Mais pas question de le vendre, je l’aime trop. LOL. Quant aux vêtements de marque, cela fait bien longtemps que mon budget de retraitée ne me permet plus d’en acheter. 

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Mon corps et ses mensurations changent, année après année”

Marlyse Tschui

Des fringues récentes, j’en ai pourtant régulièrement à donner. Pas parce qu’elles ne me plaisent plus, mais en raison d’un mystérieux processus de vieillissement personnel qui n’en finit pas de me surprendre. Mon corps et ses mensurations changent, année après année. Les boutons de mes chemisiers risquent de sauter depuis que je porte les indispensables soutien-gorge à coques labellisés troisième âge. Les pantalons achetés, l’an dernier, à la coupe impeccable, ne ressemblent plus à rien: mes hanches fondent, tout comme mes cuisses de moins en moins musclées. Pauvre de moi. Et mes fesses, elles sont où, mes fesses? Résultat, le pantalon serré hier encore, pratiquement neuf, flotte lamentablement aujourd’hui.

 A jeter? Non, à donner. Mais à qui? Je me suis souvenue avoir vu un grand rayon de vêtements d’occasion chez Emmaüs, un jour où j’avais apporté divers objets à l’occasion d’un déménagement. La voilà, la solution. Pas de pollution, pas de vente sur Internet, mais un passage de relais sympathique!

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