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Opinion

Les jours qui nous rendent malades

Rosette Poletti, Chroniqueuse - lun. 01/07/2024 - 08:42
A cœur ouvert, la chronique de Rosette Poletti.
La gratitude selon Rosette Poletti
Rosette Poletti.  © Sandra Culand

Où que l’on soit aujourd’hui avec un groupe de personnes, des expressions de peur vont s’exprimer! Peur des guerres et des dictateurs; peur du réchauffement climatique; peur des autres, trop d’étrangers; peur d’avoir moins, perte du pouvoir d’achat. Au milieu de toutes ces peurs et bien d’autres, chacun essaie de s’adapter, de trouver un bon travail, d’élever au mieux ses enfants, malgré les angoisses associées aux écrans, aux réseaux sociaux, au harcèlement.

Dans un ouvrage récent, le docteur Gabor Maté, qui étudie depuis quarante ans l’évolution de la santé dans le monde, démontre que nous n’arrivons plus à vivre sainement dans ce monde traumatisé, déconnecté de l’essentiel, dysfonctionnel.

Les maladies mentales sont en augmentation constante, surtout chez les jeunes, 45% des Européens souffrent d’hypertension, 70 % des Américains prennent au moins un médicament prescrit par jour. Le chercheur attribue cela aux pressions de notre vie moderne et à la distance qui se crée entre ce que nous croyons devoir devenir et notre vraie nature. Nous donnons beaucoup d’importance aux systèmes culturels, sociaux, familiaux qui sont les nôtres et nous «oublions» nos «systèmes intérieurs personnels». Tout conspire à nous occuper, à nous distraire, à nous détourner de ce que nous ressentons profondément.

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Est-ce que ma manière de vivre est bonne? Quel changement pourrais-je faire?”

Rosette Poletti

Cette reconnexion avec soi-même exige que nous prenions du temps pour cela, que nous osions nous arrêter parfois et nous poser des questions: qu’est-ce qui est important pour moi? Qu’est-ce que je veux faire de ma vie? Est-ce que ma manière de vivre est bonne? Quel changement pourrais-je faire?

Le regretté Patriarche Athénagoras, grande figure de l’œcuménisme, avait trouvé une voie: «La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible, mais je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur. Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J’accueille, je partage, je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, j’accepte sans regrets.»

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