publicité
Opinion

Homme «sweet» femme

Martina Chyba, Journaliste et chroniqueuse - lun. 01/07/2024 - 10:48
A cœur joie, la chronique de Martina Chyba.
Martina Chyba chronique A coeur joie
Martina Chyba. © DR

J’adore apprendre des nouveaux mots et, youpi, il y en a chaque semaine. Le «féminisme-fishing», vous connaissez? J’explique. Cela veut dire: pêcher une femme en faisant semblant d’être l’homme le plus féministe de la planète, et plus déconstruit que le vaisseau spatial Star Wars en Lego à 495 francs que vous aviez mis sous le sapin pour les enfants, que vous aviez dû monter vous-même avec une notice de 75 pages et qui gît désormais en pièces détachées dans un bac Ikea. 

En d’autres termes, certains hommes qui se demandaient à quoi servait le féminisme ont désormais trouvé: à draguer! Ils vous racontent qu’ils ont lu Virginie Despentes, qu’ils adorent faire le repassage en écoutant le podcast Voyage au Gouinistan  de la RTS, qu’ils savent ce qu’est la charge mentale, qu’ils rêvent de travailler à temps partiel pour s’occuper de vos futurs Gremlins, qu’ils adorent bosser sous les ordres d’une cheffe et qu’ils trouvent génial de sortir de la sexualité hétéronormée et pénétrocentrée (autre nouveau mot).

publicité

C’est ce qui m’est arrivé. Un mec qui ne coche aucune case, mais aucune”

Martina Chyba

Résultat, vous acceptez un dîner (on fait moitié-moitié pour l’addition, bien sûr), Monsieur ne se jette pas sur vous le premier soir, mais vous attendez tous les deux d’être prêts pour un échange de fluides totalement égalitaire. Et puis, quelque temps plus tard, vous vous retrouvez avec un mec qui se gratte les coucougnettes sur le canapé en regardant la Formule 1 et en rotant sa bière, qui vous demande si vous n’avez pas vu sa chemise bleue, pourquoi il n’y a plus de papier Q, qu’est-ce qu’on mange ce soir, et qui connaît par cœur toutes les répliques cultes de Depardieu. 

Moi, franchement, tant qu’à être surprise, je préfère l’inverse. C’est ce qui m’est arrivé. Un mec qui ne coche aucune case, mais aucune. Fumeur, buveur aussi pas mal, se méfiant des féministes et des écologistes, divorcé deux fois, ne pratiquant ni sport ni activité artistique, n’aimant pas les blondes, habitant à Paris et ne voulant pas d’une relation TGV. Degré de compatibilité: zéro. «Laisse tomber», «même pas en rêve», disaient mes copines. Cela fait six ans. Et il est beaucoup plus tolérant et ouvert que bien des gars qui affichent leur progressisme; il élève seul deux ados, fait très bien le poisson en papillote… et le reste aussi.

En lecture
Homme «sweet» femme
publicité