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Culture

Un mini-dico amoureux de la Beat Generation

La rédaction, - mar. 18/06/2024 - 13:47
Ecrivain et journaliste, chroniqueur à générations, Jean-François Duval signe un précis de vocabulaire qui offre une perspective érudite et très accessible sur la contre-culture américaine.
Big Sur, sur la côte californienne, un lieu mythique associé à la Beat Generation.
Big Sur, sur la côte californienne, un lieu mythique associé à la Beat Generation. © Pgiam/istock

Celles et ceux qui identifient la Beat Generation s'y retrouvent avec délice. La Gen Z et autres Millennials y feront connaissance avec les Beatniks et autres clochards célestes, ces ancêtres qui parcourent les routes des Etats-Unis dès la fin des années 40 du siècle dernier «selon les idéales lois de la bohème rimbaldienne». Les 100 mots de la Beat Generation est une porte d'entrée linguistique pour explorer toutes les facettes de ce mouvement artistique et littéraire. 

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Sous la plume de Jean-François Duval, la perspective s'avère à la fois scientifique et fabuleuse: adolescence, autostop, écriture spontanée, flingues, sexe, suicide, visions, la matière est riche et inspirante. Fin connaisseur de cette époque (lire LuAnne sur la route avec Neal Cassady et Jack Kerouac, son dernier ouvrage paru chez Gallimard en 2022), Duval noue d'innombrables liens permettant de situer les Beatniks dans leur temps. Existentialisme, psychanalyse, territoires, narcotiques, nouveau journalisme, cet ouvrage témoigne du puissant rayonnement de cette contre-culture qui synthétise deux aspirations essentielles et éminemment subversives: la quête de liberté et la soif de connaissance.

Parmi ces mots, des noms célèbres. Entre autres: Kerouac, Burroughs, Cassady, Ginsberg. Le «condensé biographique» qui nous est proposé ici laisse assez de place pour les situer dans une tradition poétique bien plus large, qui transparaît dans chacune des entrées de ce précis de vocabulaire. Le mot «flingues», au centre de la légende américaine, embrasse par exemple aussi bien les récits de Fenimore Cooper et les fantasmes de Jack Kerouac que l'entrée fracassante et morbide de William Burroughs en littérature.

Aux antipodes du cliché, cet ouvrage donne aussi à voir combien le mouvement beat a porté en germe des préoccupations tout à fait actuelles. À commencer par l'écologie, «terme très peu employé au début des années 60». Et ce alors même qu'une personnalité comme Gary Snyder («le dernier des Beats encore vivant») possède «cette conscience profonde que notre univers forme un tout.» 

Un Que sais-je qui se lit comme un roman. À laisser traîner dans tous les trains.

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