Des histoires simples de gens ordinaires et émouvants

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Du 6 au 14 mars, à Martigny, le festival visages vous proposera des films et des    expositions dans quatorze lieux de la ville et de la région. Un événement signé Pro Senectute et le Manoir de la ville de Martigny, qui ne devrait laisser aucun spectateur insensible.

«Pour moi, ce qui est important, c'est la proximité, la relation de personne à personne. Le festival montre ce qui est, il interroge également: quelle réalité voulons-nous?» A Pro Senectute Suisse où il travaille, Olivier Taramarcaz, directeur artistique et initiateur du Festival de films visages à Martigny, trace en quelques mots la trame d'une manifestation qui s'apprête à vivre sa septième édition. Placée sous le thème «Le temps du regard», elle réserve de beaux moments d'émotion à travers des longs et courts métrages s'adressant à un public intergénérationnel.

 

Si vous aimez les histoires simples de gens ordinaires et toujours émouvants, les rendez-vous qui remettent l'humain au cœur des préoccupations, qui permettent de créer des liens, ce festival vous parlera, vous happera. Aucun des films projetés ne devrait vous laisser insensibles. Et pour cause: ils ont fait l'objet d'une sélection rigoureuse de la part d'Olivier Taramarcaz qui en a visionné plus de 500... pour en retenir 35 à l'arrivée: «Je m'interroge sur ce que raconte chaque film, ce qu'il porte en lui comme saveur, comme parfum, comme valeur. De quelle manière finalement une histoire singulière me relie à une dimension symbolique et, au "vivre ensemble". Beaucoup d'histoires parlent des temps de la vie, de la vieillesse. Pour moi, aborder ce sujet, c'est parler de la beauté du monde, de la joie, du renoncement, de la perte, de la mort, de l’infini que chacun porte en soi, de l’émerveillement, bien loin des discours des spécialistes.»

 

Soutenu par plusieurs partenaires parmi lesquels la Ville de Martigny, le Service de la Culture du canton du Valais, l’association Alzheimer Suisse, la Loterie romande, la HES SO Valais, visages est à la portée de toutes les bourses: 10 francs par film, ou 40 francs pour l'abonnement ouvrant l'accès à l'ensemble des projections. Cette année, le festival innove en disposant de quatorze lieux de rendez-vous, dont certains insolites: chez un vigneron, une fleuriste, une galerie d’art, un café… Une manière de créer des rencontres au cœur de la manifestation. Des expositions seront également à l’affiche au Manoir: les gravures de Marie Lepetit, ou «Zig-Zag», mettant en valeur la jeune création contemporaine. 

 

Son premier film, Olivier Taramarcaz l'a vu à l'âge de cinq ans, lors d'un séjour de colonie en montagne à 2000 m d’altitude où par une journée de pluie et de brouillard le responsable a organisé une séance de cinéma. C'est le souvenir de ce moment très particulier qui a nourri le désir de proposer des instants tout aussi précieux au public. Le festival visages ressemble beaucoup à son concepteur: convivial et attentif à l'Autre.               

 

Par Martine Bernier

 

Septième édition du Festival de films de Martigny visages, du 6 au 14 mars 2015. Programme et renseignements: www.festivalvisages.ch

 

Les quatre coups de coeur du directeur artistique

Le Démantèlement 

Démantèlement

Réalisé par Sébastien Pilote, le film raconte l'histoire d'un fermier canadien, éleveur de moutons. Son quotidien «hors du commun contemporain» est très banal... jusqu'au jour où un événement vient questionner son rapport au monde.

Inside out 

Inside out

Les spectateurs comprennent la capacité d’un projet porté par l’artiste JR à mobiliser des citoyens pour défendre les droits humains.

Terra Ferma 

Terra Ferma

Ce film d'Emanuele Crialese, nous entraîne sur une île au large de la Sicile. Un jour, une barque chargée de migrants fait irruption, et nous découvrons les attitudes des habitants.

De riz ou d'Arménie

De riz ou d'Arménie

Ce film d'animation, intégré à la programmation «spécial courts» projetés tous les jours au Manoir, traite avec poésie de la maladie d'Alzheimer.

La médiation désacralise le musée!

«Oser l'Art autrement!» n'est pas uniquement le slogan du projet pilote lancé par Pro Senectute Vaud et le Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, avec le soutien de la Fondation Leenaards. C'est surtout une expérience de médiation culturelle participative et intergénérationnelle permettant à des seniors et de jeunes adultes de devenir des passeurs de culture. Depuis 2014, dix-neuf personnes y participent avec une mission: démocratiser la culture et devenir les ambassadrices du musée auprès de ceux qui, dans leur entourage, n'ont pas forcément l'habitude de s'y rendre. L'idée étant que, pour chaque exposition temporaire, chaque passeur invite une quinzaine d'invités et les encourage à s'exprimer devant les œuvres.

Terminée le 15 janvier, l'aventure entre dans une deuxième phase au cours de laquelle les organisateurs souhaitent introduire une mixité multi-générationnelle et multiculturelle au sein de cette plate-forme pionnière qui désacralise en douceur le musée et l'art tout en renforçant les liens sociaux.

Qui es-tu?

Autre projet de la Médiation culturelle: «Qui es-tu?» a été  lancé en 2013, dans le cadre de la campagne d'éducation «Moi & les autres» de la Ville de Lausanne. Seniors et enfants de classes primaires se sont retrouvés lors d'ateliers créatifs et artistiques animés par des artistes les accompagnant dans la création d'œuvres communes. Alors que cette première expérience a pris fin, Pro Senectute cherche désormais à  développer la démarche ailleurs. Nyon a d'ores et déjà fait connaître son intérêt.

 

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