« Les cours de gym à domicile ? Indispensables ! »

@Olivier Vogelsang DR

Les personnes à mobilité réduite qui ne peuvent plus rejoindre un cours d’activités collectif n’ont pas, pour autant, à renoncer à l’exercice physique. Il existe pour elles des séances de gymnastique douce à domicile, la DomiGym, dispensées dans le cadre des programmes de Pro Senectute. 

Tous les vendredis, Bernard Woehrlé, 93 ans, ouvre les portes de son appartement lausannois à une personne de Pro Senectute Vaud dont il attend toujours la visite avec une certaine impatience. Kristine Ramseier, sa monitrice de gymnastique, a été spécialement formée à la DomiGym, et passe chaque semaine une heure en sa compagnie à lui enseigner des mouvements simples qu’il reproduit quotidiennement lorsqu’il est seul. 

« C’est indispensable pour me maintenir en forme, souligne ce nonagénaire dynamique. Ces séances me permettent de travailler mes muscles et de rester autonome. Elles sont axées sur la psychomotricité. Pour moi, il n’y aurait rien de pire que de me retrouver dans un EMS, donc je m’entretiens. J’ai toujours fait de la marche et j’ai pratiqué le tir à l’arc que j’ai arrêté il y a deux ans, car je perdais légèrement l’équilibre. Mais je compte reprendre l’an prochain, tout en continuant ma gym ! »

 

Depuis un an qu’il suit ses cours à domicile, Bernard constate une amélioration de son état général. Au bout de deux à trois mois déjà, il ressentait moins de douleurs et développait un peu plus de souplesse. Selon lui, ces exercices qu’il reproduit chaque jour en l’absence de sa monitrice, contribuent à entretenir sa santé physique et morale, mais demandent une régularité qu’il n’a aucun mal à respecter.

 

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Des cours de gym adaptables à tous et chaque situation

Un avis que partage Kristine Ramseier, psychomotricienne de formation, qui précise que cette gymnastique douce est adaptable au rythme de chaque personne. Raison pour laquelle la première entrevue est toujours consacrée à un bilan permettant de définir quels sont les possibilités et les besoins de chacun. Un cours d’essai est ensuite proposé durant lequel les nouveaux adhérents peuvent découvrir si le concept leur convient ou pas. Et, si c’est le cas, les séances peuvent commencer à raison d’une rencontre par semaine. 

« En général, détaille la monitrice, je me rends chez des personnes à mobilité réduite et aux capacités cognitives troublées, qui ont de la peine à suivre un cours en groupe. Nous travaillons toutes les facultés motrices, et elles vont pratiquer des exercices qui vont leur permettre de maintenir leur force musculaire, leur équilibre et à continuer d’assumer les gestes du quotidien comme, simplement, se lever ou s’asseoir facilement. »

 

A l’aide d’un matériel composé de ballon, d’élastiques, de poids et de mouvements bien pensés, la musculature est sollicitée en douceur. Puis, la séance se termine par le rangement de la pièce et un petit nettoyage lié aux mesures d’hygiène actuelles. Le cours est disponible pour une personne seule, mais peut également être pris en couple ou en groupe de trois ou quatre participants, au maximum.

 

Prise de conscience collective A Pro Senectute Vaud où elle est responsable du secteur Activité physique et Santé, Isabelle Maillard est très satisfaite de l’ampleur que prend l’offre DomiGym :

« Nous sommes presque dépassés par notre succès, car, en raison de la pandémie, la formation des monitrices de gym qui font une spécialisation dans ce domaine a subi du retard. Nous avons, en ce moment, beaucoup de demandes. L’évolution est réelle, les aînés ont pris conscience qu’il fallait continuer d’avoir une activité physique. La campagne « Equilibre en Marche » semble avoir été utile. »

 

C’est Pro Senectute Arc jurassien qui a été pionnière en matière de gymnastique à domicile, créant ce service, il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, les sections des cantons de Vaud, du Valais et de Genève lui ont emboîté le pas, avec des modalités très différentes en fonction de chacune. Mais toutes ont, comme point commun, de se mettre à la disposition des personnes fragiles afin de leur permettre de s’assurer une meilleure qualité de vie. Reconnus pour leur utilité dans la lutte pour l’indépendance des aînés, ces cours sont partiellement subventionnés par l’Office fédéral des assurances sociales. 

 

Ravi de son expérience, Bernard Woehrlé encourage ceux qui hésiteraient encore à se lancer dans l’aventure : « Les médicaments nous maintiennent, mais ne nous aident pas à entraîner la cervelle et à nous dépenser. De mon côté, je continuerai de suivre ces cours le plus longtemps possible. Ils sont « tip top » ! »

 

Martine Bernier

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