Une libido sur (andro) pause?

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« Depuis quelques mois, je ressens moins de désir pour ma partenaire, et peu d’intérêt pour la sexualité en général. Je me sens fatigué et comme diminué, je me dis que ce n’est pas normal pour un homme. » Gilles, 58 ans

Avoir des fluctuations au niveau de sa libido — ou une libido « basse » depuis toujours — peut être tout à fait normal, peu importe notre genre et notre sexe. Cependant, si cela peut ébranler toute relation, cela semble particulièrement difficile à vivre quand on est un homme, tant les représentations de la virilité sont empreintes d’un désir et d’une sexualité bien actifs, stables et infaillibles — au même titre que certaines attentes liées à l’érection... Comme si les changements — hormonaux aussi — n’existaient pas ! Votre souffrance est compréhensible. Il est important de lui porter attention, et de comprendre ce qu’il se passe. Si une partie du mal-être peut venir du décalage ressenti par rapport à l’image du masculin, ou de ce que votre partenaire vous renvoie éventuellement de la situation, il peut également relever d’un enjeu médical.

Andropause ou déprime ?

Vous mentionnez que la situation dure depuis quelques mois. Avez-vous été marqué par certains événements avant cette nouvelle période, que ce soit à un niveau personnel, professionnel ou relationnel ? Avez-vous perçu d’autres changements dans votre humeur et/ou dans votre corps ? Si, dans certaines circonstances, une dépression peut être soupçonnée, un déficit androgénique lié à l’âge (DALA) est aussi à prendre en compte. En effet, à partir de 30 ans environ, le taux de testostérone des hommes baisse de 1 % par année, ce qui, pour la majorité des personnes, n’amènera aucun symptôme particulier. Cependant, pour certains hommes, la baisse d’hormones pourrait être plus forte, voire leur production devenir insuffisante, ce que l’on nommera « andropause ». Fatigue, manque d’élan, baisse de désir sexuel, irritabilité, troubles érectiles, perte de masse musculaire, baisse de la concentration, difficulté de mémoire à court terme… tous sont des symptômes qui sans être spécifiques peuvent être en fait liés à ce trouble. Souvent sous-diagnostiqué, il peut être pris à tort pour une dépression. Si cela vous parle, il serait important d’aborder le sujet avec votre médecin afin de procéder à un bilan médical et à une prise en charge adaptée en fonction de son évaluation.

 

 

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Quoi qu’il en soit, une question essentielle demeure : est-ce que ce manque de libido et d’appétence sexuelle est source de souffrance pour vous, en général, ou plutôt dans votre relation ? Ou peut-être les deux ? Si c’est le cas, certaines pratiques peuvent aider à « relancer la machine », si l’envie est là : une alimentation équilibrée, un meilleur sommeil, la diminution de l’éventuelle consommation d’alcool, mais surtout : une activité physique régulière — et ailleurs que dans le lit ! Ce dernier point peut amener rapidement des améliorations tant dans l’humeur ressentie, que dans le désir sexuel et les érections. Se reconnecter au corps, le sentir exister, cela fait circuler l’énergie et réactive le plaisir corporel… pour sortir d’un cercle vicieux dans le mauvais sens du terme, et retrouver un cercle vertueux !

 

Romy Siegrist
Psychologue FSP, sexologue

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