Sexe : quand la fluidité manque…

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Depuis quelques années, j’ai de la peine à bien lubrifier, même si je ressens du désir et que je suis excitée. Mon mari me fait des reproches et pense que je ne le désire pas. Comment faire pour nos rapports ? Hélène, 70 ans.
 

La situation peut en effet vite devenir complexe, car beaucoup d’émotionnel entre en jeu quand on croit parler de « désir sexuel ». Après tout, les représentations culturelles de notre société participent à l’amalgame entre désir et amour, et valorisent l’excitation comme preuve de l’intérêt que l’autre nous porte, de son émoi, que ce soit par la lubrification ou la bandaison. Or, quand cela devient moins évident, moins rapide ou que cela demande un peu plus de technique, on passe de l’émoi à l’« et moi ? », avec un fort besoin d’être rassuré… Si les signes d’excitation sexuelle prennent plus de temps à se mettre en place — et c’est courant —, leurs conséquences n’ont pas à être une fatalité, et diverses solutions sont possibles.

 

D’abord, comprendre

Les changements au niveau de la lubrification sont assez fréquents dans la vie d’une personne et plusieurs facteurs peuvent l’influencer, notamment : les hormones, les types et la fréquence des stimulations, l’alimentation et le stress ressenti. La lubrification est souvent perçue comme quelque chose d’acquis, on lubrifierait une fois au début et hop ! ce serait bon pour toute la durée de l’échange érotique. Dans les faits, les mécanismes de transsudation (oui, en fait, les parois vaginales alors gorgées de sang « suent » — on vous avait bien dit que le sexe c’était du sport !) — et de production de liquide par les glandes vestibulaires majeures n’agissent pas en continu : ils viennent plutôt ponctuer l’excitation.

De grandes différences interpersonnelles existent — certaines femmes mouillent très vite et beaucoup, d’autres moins, et cela indépendamment de leur niveau d’excitation. Avec l’âge cependant, les stimulations doivent être plus longues et plus prononcées pour créer et maintenir une bonne excitation sexuelle. Ce n’est donc pas une question de désir, mais plutôt une évolution nécessaire du savoir-faire, où prendre le temps et garder patience sont importants.

 

Eurêka, gel la solution !

Cela dit, suivant à quelle « team lubrification » on appartient ou appartenait, se reposer uniquement sur la lubrification naturelle n’est peut-être pas satisfaisant. Après un contrôle auprès de votre gynécologue pour vérifier la santé vaginale générale, plusieurs options s’offrent à vous pour retrouver une fluidité sexuelle : par exemple, en amont, des produits à base d’acide hyaluronique, puis des gels lubrifiants à base d’eau ou de silicone (l’avantage de ce dernier est qu’il y a besoin d’en remettre moins souvent) et, pour varier les plaisirs de manière toute naturelle et « éco », utilisez des huiles végétales (celle de coco est particulièrement appréciée) — avec cela, on fait d’une pierre deux coups, et le séances de massages peuvent déraper sans stress. Ce sont des alliés à garder à portée de main pour plus de plaisir sans se mettre la pression — quel que soit notre âge ! Attention toutefois à vérifier la compatibilité avec les préservatifs et les sextoys si vous en utilisez, et à protéger les draps pour éviter les taches de graisse.

 

 

Romy Siegrist
Psychologue FSP, sexologue — Centre SexopraxiS 
                                                                

 

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