Qui a peur des IPDE-5 ?

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« J’ai l’impression d’avoir fait beaucoup pour garder une sexualité plaisante malgré les changements hormonaux et le quotidien… Maintenant, les érections de mon amant ne sont plus aussi satisfaisantes qu’avant, et il ne semble pas envisager de prendre du Viagra. Je ne comprends pas. » Catherine, 65 ans  

« Spontanéité », « naturel », ces termes reviennent souvent lorsqu’on parle de sexualité. Et, pourtant, l’envers du décor montre plutôt qu’il existe tout un travail pour permettre une rencontre plaisante ayant l’air spontané ! Ce travail, dans une relation hétérosexuelle, est effectué en amont majoritairement par les femmes, qui sont habituées à devoir prendre soin d’elles et de leur santé, mais aussi à prendre soin de l’autre — et de son désir… Ce que l’on appelle la charge érotique. Dans votre couple, Catherine, il semble que ce soit vous qui l’ayez endossée jusqu’à présent. Il est compréhensible que vous attendiez de votre partenaire qu’il assume aussi sa part, désormais.

Vous ne comprenez pas sa réticence ? Plusieurs raisons peuvent l’expliquer. Pour avoir une ordonnance et pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un signe avant-coureur de problèmes cardiovasculaires, il faudrait déjà que votre partenaire reconnaisse ses difficultés érectiles et qu’il aille en parler à un médecin. Démarche difficile pour de nombreux hommes, souvent pudiques sur la question. Par ailleurs, il peut avoir des croyances limitantes autour de la sexualité et, plus précisément, sur les facilitateurs d’érection, les fameux IPDE-5…

Lévitra © ou l’évitera ?

Il est estimé que la dysfonction érectile touche un homme sur trois, dès 50 ans, et un sur deux, dès 70 ans. Par honte de la « panne » récurrente ou par désespoir lié à la qualité d’érection jugée médiocre, certains finissent par préférer éviter les rapports afin de ne pas être confrontés à l’échec. Ce qui est dommage, car, dans la plupart des cas, les troubles de l’érection se traitent bien ! Notamment grâce aux IPDE-5, les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5, qui regroupent tous les médicaments du style Viagra, Cialis, Lévitra, Spedra. Leur point commun ? Ils facilitent l’érection, mais ne la créent pas : l’envie doit être présente et la stimulation suffisante ! Leurs différences portent notamment sur leur délai et durée d’action, leurs effets secondaires et les interactions avec d’autres substances. Par exemple, si l’on souhaite pouvoir faire un bon repas lors d’une soirée intime, mieux vaut prendre du Tadalafil (Cialis). Ce dernier jouit également d’une durée d’effet plus longue (jusqu’à 36 heures), ce qui en fait une des molécules préférées des personnes qui ne veulent pas avoir à « prévoir » un rapport, et qui souhaitent être « disposées » en tout temps par le biais d’une prise régulière dans la semaine.

 

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«C’est quand même fou l’effet, l’effet que ça fait…»

Une fois la bonne molécule et le bon dosage trouvés, ils sont nombreux à rapporter le plaisir à se sentir de nouveau plus « réactifs » et « sensibles » grâce à ces aides. Cette intensification des sensations permet de créer un cercle vertueux, où le champ des possibles grandit de nouveau, et où l’on se retrouve plus ouvert à l’autre, à ses envies et à ses besoins… Ouverture et légèreté sont des ingrédients de premier ordre pour avoir l’impression d’être « naturel » et « spontané », comme le souhaite votre partenaire ! Cela dit, il peut être aussi charmant de se préparer consciemment ensemble à faire l’amour : poser une intention commune et la coupler à des attentions partagées… un cocktail qui peut se révéler séduisant.

 

Romy Siegrist
Psychologue FSP, sexologue

 

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