Mon petits-fils est-il gay ?

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Je pressens que mon petit-fils, qui a 16 ans, est homosexuel. Comment faciliter la discussion, et comment réagir, s’il m’en parle ? 
Maria, 82 ans

Les coming-out sont des moments importants dans la vie des personnes qui s’écartent de la norme. C’est une étape qui est mûrement réfléchie, un moment où beaucoup de précautions sont prises pour que cela se passe au mieux. Différentes émotions peuvent être ressenties, mais, la plus centrale, est généralement la peur: pour celui qui le dit, de décevoir ou, pire, d’être rejeté et, pour celui qui l’apprend, celle que son (petit-)enfant ne soit pas heureux, qu’il soit victime de violences à cause de son orientation, qu’il n’y ait pas de descendance de sang ou qu’on le soupçonne d’avoir commis des impairs dans son éducation et de l’avoir « rendu » homo.

Ces craintes sont compréhensibles, même si la société a beaucoup changé ces cinquante dernières années au regard des questions intimes. Si votre petit-fils vous en parle, c’est un signe de confiance, et son besoin est avant tout d’être accepté. Pour faciliter la discussion en amont, vous pouvez déjà profiter d’une actualité ou d’un film abordant ces thématiques pour glisser que vous trouvez cela « ok», que « ces personnes devraient avoir les mêmes droits que les autres » et que vous aimeriez « tout autant vos proches s’ils n’étaient pas hétérosexuels ». Vous pouvez aussi demander si votre petit-fils a « une copine ou un copain », afin de montrer que c’est une possibilité qui est envisagée.

 

 

C'est bien la Nature qui est seule responsable si je suis un homo, comme ils disent.

En tant que (grands-)parents, une réaction courante est de se demander ce qu’on a fait de « faux ». L’éducation est une machine à culpabiliser, souvent liée à l’exigence de « bien faire », de « faire au mieux » pour notre progéniture. Mais vous pouvez vous rassurer et rassurer ses parents: comme le chantait Aznavour en 1972, l’orientation sexuelle ne dépend pas de l’éducation d’une personne et, si une composante purement génétique reste encore discutée scientifiquement, le plus juste est de concevoir cela comme faisant partie de la diversité naturelle d’exister et d’aimer.

 

J’ai le droit aussi d'aimer sans être à l'écart.

Tomber le masque amène forcément un changement de regard de la part de l’entourage — qui doit lui aussi passer par un processus d’acceptation jalonné de questionnements. Diverses structures offrent un accompagnement aux jeunes, mais aussi à leurs proches. N’hésitez pas à les contacter ou à lire des témoignages de (grands-)parents, afin de vous sentir moins seuls ou moins démunis. Plus généralement, rassurez votre petit-fils de votre amour, encouragez-le à suivre son cœur, et réjouissez-vous de le voir s’affirmer: le soutien de la famille est un point essentiel dans l’épanouissement des jeunes. Comme le disait Camus: « Je ne connais qu’un devoir: c’est celui d’aimer. » Toute l’équipe de SexopraxiS vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d’année, remplies de bienveillance et de plaisir à être ensemble, quelles que soient les différences! 

 

www.sexopraxis.ch

 

 

 


Pour aller plus loin

 

• Question Q, RTS, «L’art du coming-out»,  émission du 26 juin 2019
• Podcast Quouïr, 1re saison (nouvellesecoutes.fr/quouir)
• Association Parents d’homos (parentsdhomo.ch)
• Fédération romande des associations LGBT :

   www.federationlgbt-romandie.org

 

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