L’orientation sexuelle peut-elle évoluer ?

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Veuve, j’ai rencontré une lesbienne. Nous nous entendons à merveille. Je pensais être hétéro. Me serais-je trompée toute ma vie ? Marilyn, 66 ans.

Une chose est sûre : la vie est pleine de surprises et, pour autant que nous gardions l’esprit et le cœur ouverts, la richesse et la diversité des expériences possibles sont bien réelles, et même assez courantes. Embrasser ces nouveaux plaisirs et désirs n’implique pas de tout remettre en question ce que vous avez vécu jusque-là, même si cela déstabilise et bouscule les représentations. Vous ne vous êtes pas forcément « trompée », vous n’avez juste pas eu l’occasion d’explorer tout votre « potentiel » !

Si elle tend à être relativement stable, l’orientation sexuelle gagne à être pensée de manière plus fluide. Peut-être que vous êtes majoritairement hétéro (dans vos fantasmes et en fonction de vos expériences passées) ou une personne qui vit actuellement une attirance homosexuelle ou une personne avec une préférence homosexuelle ou bisexuelle qui « s’ignorait ». Il faut dire que la société pense souvent en mode binaire (homo versus hétéro) et, de ce fait, nombreuses sont les personnes qui se rendent compte « sur le tard » de la diversité de leurs attirances.

L’orientation sexuelle, est-ce si évident que cela ?

L’origine de nos préférences sexuelles est multifactorielle : il y a notamment des aspects biologiques (phéromones, hormones…)  qui côtoient des aspects sociaux et culturels (discours et valeurs environnants, technologies…) mêlés à des facteurs psycho-individuels (expériences de vie, cognitions, imaginaire…). Ces derniers points semblent avoir plus d’influence. Par ailleurs, généralement, lorsqu’on parle de hétéro/homo/bisexualité, on y inclut aussi l’orientation romantique (c’est-à-dire par qui une personne est attirée affectivement), en présupposant qu’elle sera la même. C’est souvent le cas, mais pas toujours. On peut être hétérosexuel et bi-romantique, bisexuel et homo-romantique ou encore homosexuel et hétéro-romantique. Oui,
je vous le concède, ça complexifie un peu la gestion des relations. Peut-être aussi que l’on peut juste « être » sans avoir à se définir précisément et accueillir les rencontres lorsqu’elles se présentent, garder une curiosité pour les découvertes. Il faut dire que le plaisir sexuel peut prendre diverses formes.

 

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« Une femme avec une femme »

Les femmes sont parfois perçues comme des êtres au potentiel de plaisir supérieur aux hommes et seraient insatiables (on se souvient de Barbarella), imaginez alors deux femmes ensemble… Eh bien, les chiffres de nombreuses études corroborent cela : en moyenne, il y a plus souvent des orgasmes et plus de satisfaction à chaque rapport pour une femme avec une femme qu’avec un homme ! Pourquoi ? Il semblerait que les pratiques soient plus diversifiées, que l’on prenne le temps de se caresser, de se pénétrer, de se lécher, de se doigter, de s’embrasser… Peut-être aussi que l’on comprend mieux à partir de son corps ce qui pourrait aussi donner du plaisir à l’autre — il faut dire que la société se montre encore frileuse sur le sujet du plaisir féminin…
Vous avez la chance d’en avoir fait la découverte, savourez cette belle rencontre !

 

Romy Siegrist
Psychologue FSP, sexologue — Centre SexopraxiS

 

 

 

Pour aller plus loin

Question Q : moins hétéro, toujours parents – RTS, émission du 4 septembre 2020
J’ai découvert mon homosexualité à 72 ans, et je n’aurais pas dû attendre autant, témoignage dans Rockie Magazine, 27 mars 2020

 

 

 

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