L’orgasme vaginal, la quête du graal ?

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Pourquoi certaines femmes, dont moi, n’avons pas d’orgasme vaginal ?  Marina, 58 ans.

L’orgasme féminin a souvent été classé en deux catégories : le vaginal et le clitoridien, et beaucoup blâmeront Freud de les avoir hiérarchisés et d’avoir décrit le second comme immature, sous-entendant qu’une vraie femme apprendra à jouir par le vagin. Ce qui serait le cas, selon une étude de l’IFOP, menée en France en 2015, d’environ seulement 26 % des sondées. Par ailleurs, ces dernières années, de nombreuses voix s’élèvent pour dire que cette distinction n’a pas lieu d’être, car le clitoris intervient également dans les orgasmes obtenus par pénétration. Il reste qu’on peut ressentir des qualités d’orgasmes différentes suivant les pratiques, et que ce qui va marcher pour une personne dépend notamment de comment elle a érotisé son corps, de comment elle s’est masturbée, de sa relation à l’autre et de ce qu’elle fantasme.

 

Mais le vagin, en fait, il est comment ?

Il y a également beaucoup de méconnaissance autour du vagin et de son fonctionnement. Cette partie interne du sexe féminin, relayant la vulve à l’utérus, est un organe assez peu innervé en tant que tel : ses parois sont avant tout sensibles à la chaleur — et à la pression —, assez peu au va-et-vien… ce qui fait que la pénétration par un pénis n’est pas l’idéal pour avoir un orgasme. Cependant, il y a au fond du vagin des zones plus sensibles, que ce soit le col de l’utérus lui-même ou, derrière celui-ci, ce qu’on appelle le cul-de-sac de Douglas. Selon la taille du pénis ou la position, ces zones peuvent être plus ou moins stimulées. Pour une pénétration plus profonde, on peut privilégier des dérivés du missionnaire, par exemple en relevant les jambes et en les posant sur les épaules du partenaire qui reste droit — ou en les ramenant vers sa poitrine si l’on est encore souple. Poser un coussin sous les fesses peut aussi être une possibilité. La position de l’Andromaque, avec la femme dessus, permet aussi de gérer soi-même l’angle, la profondeur et le rythme de la pénétration — ce qui peut s’avérer bien utile.

 

Telle est ma quête, suivre l’étoile

Parfois, plus on s’attache à une idée, plus elle nous échappe  —  c’est pareil pour l’orgasme. Ne pas trop y penser ne veut pas dire ne pas s’y préparer. Pour érotiser ces zones internes, il faut les stimuler en même temps que l’on fantasme : cela permet ainsi de développer progressivement de nouvelles connexions neuronales — qui deviendront
de nouveaux chemins de plaisir ! Pour cela, s’entraîner en se masturbant comme d’habitude, mais avec un sex-toy phallique en plus peut être utile. Vous sentirez peut-être d’ailleurs qu’une autre zone, moins en profondeur, est particulièrement sensible : à un demi-doigt de l’entrée environ, côté ventre, se trouve la fameuse « zone G », qui est un peu plus « striée » au toucher que le reste du vagin, et qui touche une partie du clitoris interne et de l’urètre. Là aussi, jouer à la presser peut donner des sensations très intéressantes, voire des orgasmes de qualité différente. Une quête à portée de main…

 

 

Romy Siegrist
Psychologue FSP, sexologue — Centre SexopraxiS

 


Pour aller pluS LOIN dans le sujet :
- Les Ateliers Check ta Chatte à SexopraxiS
- Podcast : Les Françaises au lit, épisode « La recherche de   
   l’orgasme » avec, notamment, le témoignage de
   Danielle, 79 ans.

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