Rhume des foins et Covid: ne mélangeons pas !

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Avec le retour des beaux jours, les personnes souffrant d’allergies saisonnières se posent des questions qui n’étaient pas d’actualité avant l’apparition du coronavirus. Questions auxquelles a accepté de répondre le docteur Camillo Ribi.

Depuis le retour des premiers pollens, les rhinites allergiques et autres allergies liées au rhume des foins sont de nouveau à l’ordre du jour. Mais, en cette période de pandémie, l’événement suscite des inquiétudes et des interrogations inhabituelles. Ainsi, lorsque les symptômes liés aux allergies se déclarent, comment être sûrs qu’il ne s’agit pas de ceux du Covid-19 auxquels ils ressemblent beaucoup ?

Sur ce point, le docteur Camillo Ribi, médecin chef dans le Service d’immunologie et allergie du CHUV, à Lausanne, est clair :

« Le premier symptôme de l’infection au coronavirus est la fièvre, qui est rare dans les cas de rhinite allergique. Si vous avez un rhume allergique, vous aurez tendance à éternuer beaucoup, à avoir les yeux qui piquent, mais vous n’aurez pas de fièvre et ne serez pas complètement abattu.

Ces symptômes vont persister durant des semaines, alors que l’infection par le coronavirus, la plupart du temps, sera limitée à quelques jours. »

 

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Masque rempart contre le rhume des foins ?

L’asthme et ce virus qui squattent notre quotidien ne font pas bon ménage. Les personnes asthmatiques risquent de faire des formes de coronavirus plus sévères que d’autres, mais, pour les en préserver, la situation est délicate :

« Elles doivent être protégées correctement et doivent, pour cela, utiliser le masque même si cela peut leur occasionner des difficultés respiratoires. Les masques chirurgicaux sont probablement ceux à travers lesquels on arrive le mieux à respirer, mais on ne recommande pas l’emploi de masques à valve, car s’ils abritent celui qui les porte, ce n’est pas le cas pour l’entourage. »

Ces masques devenus indissociables de nos vies se révèlent être des alliés intéressants pour les allergiques, en étendant leur protection là où on ne les attendait pas. Des études tendent à montrer qu’ils peuvent diminuer l’intensité de la rhinite allergique. En revanche, ils ne préservent pas d’autres manifestations de l’allergie comme la conjonctivite. 

Vaccin ou pas ?

Les personnes sujettes aux allergies ont tendance à s’interroger sur un point précis : est-il prudent, pour elles, de se faire vacciner contre le Covid-19 ? Là encore, le docteur Ribi est clair : cette vaccination leur est conseillée. « Avant l’arrivée des vaccins, nous avons eu de nombreuses discussions entre spécialistes, car les premières études aux Etats-Unis faisaient mention de quelques rares  personnes ayant développé une  réaction anaphylactique grave lors de la première injection du vaccin. Les premières analyses ont montré qu’il s’agissait, pour la plupart, de gens qui avaient déjà eu de telles réactions par le passé et qui constituaient un groupe à risque. La grande majorité des cas d’allergies sont peu sévères et ne contre-indiquent pas la vaccination.

Après administration du vaccin, nous surveillons de manière prolongée les personnes ayant une histoire d’allergie plus importante. Et s’il s’agit de quelqu’un qui a déjà fait des allergies à des vaccins ou qui pourrait être allergique à l’un des composants du vaccin contre le Covid-19, nous ne les vaccinons pas sans avoir fait, au préalable, des tests sur la peau pour s’assurer qu’il tolère bien le vaccin. »  

Martine  Bernier

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