Les tiques attaquent , comment se protéger !

©Istock

La saison des tiques bat son plein. Un phénomène à ne pas négliger : une seule piqûre peut provoquer des maladies aux conséquences graves. Quelles solutions ?

Si vous aimez folâtrer en forêt, méfiez-vous. Les tiques ne s’accordent pas de répit et, ces dernières années, l’extension des foyers naturels connus de méningo-encéphalite verno-estivale (aussi appelée « encéphalite à tiques » ou « FSME ») incite les autorités sanitaires à recommander la vaccination.

Aux Hôpitaux universitaires de Genève, la doctoresse Chloé Alberto, médecin-cheffe de clinique du Service de dermatologie et vénéréologie, confirme que les tiques peuvent être vecteurs de deux maladies à prendre très au sérieux : l’encéphalite à tiques donc, et la borréliose ou maladie de Lyme. « Dans un premier temps, les symptômes de la méningo-encéphalite à tiques, maladie due à un virus, sont identiques à ceux de la grippe. Puis, dans certains cas, après une période de quelques semaines sans symptôme, des troubles neurologiques et des paralysies peuvent survenir. La borréliose, elle, due à une bactérie, peut provoquer des problèmes neurologiques, articulaires et dermatologiques.

Elle se détecte par un anneau rouge qui se forme autour du point de piqûre et qui grandit chaque jour. Dans les deux cas, il est important de consulter son médecin dès les premiers symptômes. La borréliose se soigne très bien avec un antibiotique
spécifique. Pour l’encéphalite à tiques, il n’existe pas de traitement, mais la maladie peut être prévenue par un vaccin qui est efficace. » 

Dans 99 % des cas, les personnes sont piquées par la tique la plus courante en Suisse, l’Ixodes ricinus. Mais certaines vivent en association avec le hérisson et les carnivores comme la belette, entre autres. Dans les jardins, elles se développent dans le nid du hérisson.

Tiques dans les jardins ?

L’habitat des tiques se trouve dans les sous-bois, les buissons et les forêts jusqu’à 1500 mètres d’altitude. « La tique est très active au printemps, en été et au début de l’automne, détaille la doctoresse Alberto. Il est possible d’être aussi piqué dans les parcs publics, voire dans votre jardin s’il y a des arbres et une végétation épaisse.

Mais toutes les tiques ne sont pas infectées : environ 1 % sont porteuses du virus de l’encéphalite et entre 5 % à 30 % de la bactérie de la borréliose. Le risque de contamination pour l’homme en cas de morsure est donc relativement faible, de l’ordre de 1 % à 5 %. Et il faut que la tique soit restée accrochée au minimum 16 heures pour pouvoir inoculer la bactérie. »

Comment se protéger 

Le vaccin contre la FSME nécessite trois injections réalisées avec un intervalle d’un à trois mois, à répéter tous les dix ans. Il coûte 47 francs en pharmacie, somme à laquelle s’ajoute le prix de la prestation du pharmacien qui, selon sa formation, peut vous vacciner sur place. Ce vaccin est remboursable par les caisses s’il vous a été prescrit par un médecin.

Attention, on vous l’a dit, il protège de l’encéphalite à tiques, mais pas de la borréliose. Soyez donc prudents lors de vos randonnées. Optez pour les sentiers dégagés en évitant de vous aventurer dans les sous-bois ou les hautes herbes sans protection de la peau et des cheveux. Les tiques se trouvent en général à 1,5 mètre au maximum du sol.

Portez des vêtements à manches longues, des pantalons, des chaussettes et des chaussures montantes ou des bottes. Il existe également des produits répulsifs contre les insectes, mais leur effet n’excède pas quelques heures. Enfin, de retour chez vous, procédez à un examen minutieux de votre corps pour repérer les éventuels hôtes indésirables, à déloger impérativement et sans tarder avec une pince
à tiques.

 

Martine Bernier

0 Commentaire

Pour commenter