Les plantes, nos alliées contre l’infection

Reconnu dans le monde entier, Kurt Hostettmann a déjà écrit une vingtaine d'ouvrages sur les pouvoirs étonnants des plantes médicinales.
 ©Martine Dutruit

Un guide pratique du Dr Kurt Hostettmann se penche sur les vertus antibiotiques des plantes. Comment les utiliser, quelles précautions sont à prendre et quelle est leur histoire : un passionnant voyage au cœur de la phytothérapie.

Lorsque Kurt Hostettmann, docteur en chimie des plantes, sort un nouveau livre, l’événement ne passe pas inaperçu. Professeur honoraire aux Universités de Genève, Lausanne, Nanjing, Shandong et à l’Académie chinoise des sciences à Shanghai, il est en effet l’un des grands spécialistes des plantes médicinales ainsi que des phytomédicaments, et jouit d’une renommée internationale.

Dans son dernier ouvrage, Des plantes contre les infections — Se soigner sans recours systématique aux antibiotiques, il explique que, dans certains cas, l’usage de ces plantes peut permettre de se passer de ces médicaments pour venir à bout de certaines infections des sinus, des bronches, des voies urinaires, de la peau, etc. Mais il précise d’emblée qu’elles ne peuvent pas remplacer les antibiotiques pour le traitement des pathologies graves : « Dans l’introduction de ce livre, j’écris que le pouvoir des plantes a des limites. Il faut notamment mettre en garde en ce qui concerne les huiles essentielles qu’il faut employer avec beaucoup de prudence, et pour lesquelles mieux vaut prendre l’avis d’un médecin phytothérapeute. »

A travers les pages de ce guide, Kurt Hostettmann nous entraîne dans l’univers fascinant de ces plantes qui nous soignent, détaillant, pour chacune, ses vertus, son utilisation, mais également des anecdotes concernant son histoire. Lui qui a consacré sa vie à leur étude et a écrit 600 publications, dont 20 ouvrages sur le sujet, transmet son savoir, tout en soulignant que beaucoup de choses sont à découvrir. Comme il le confie :

 

« C’est vaste… Il existe environ 300 000 plantes sur la Terre. Et, sur ce chiffre, même pas 20 % d’entre elles ont été étudiées à fond. Comme vous le voyez, il y a encore un réservoir énorme à explorer… » 

 

 

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SIX PLANTES ET LEURS BIENFAITS

 

Le géranium du Cap

Venue d’Afrique du Sud, cette herbacée de couleur mauve aussi appelée pélargonium du Cap est utilisée sous nos latitudes comme plante ornementale d’intérieur. 

Il faudra attendre les années 1970 pour que ses vertus soient mises en évidence par des chercheurs de l’Université de Munich. Depuis, plusieurs laboratoires proposent des médicaments à base de cette plante, destinés aux infections des voies respiratoires. La prudence est cependant de mise pour les personnes qui prennent des anticoagulants ou souffrent d’atteintes hépatiques. Dans leur cas, une consultation médicale s’impose. 

 

La capucine

Nous l’aimons pour la beauté de ses fleurs, souvent sans savoir que, dès le XVIIIe siècle, la capucine a été utilisée pour la prévention et le traitement du scorbut. Aujourd’hui, son indication principale reste dans le domaine des voies respiratoires (bronchite et sinusites) et urinaires. Son action antibactérienne est encore augmentée lorsqu’elle est associée au raifort. Elle se consomme en infusion réalisée avec ses feuilles et ses fleurs, à boire trois fois par jour, et sous forme de médicament en vente libre en pharmacie ou en droguerie. Elle est cependant déconseillée pour les femmes enceintes et allaitantes, et les dosages recommandés ne doivent pas être dépassés pour éviter les irritations gastriques, rénales ou intestinales. 

 

 

L’échinacée

Dans la pharmacopée des Indiens d’Amérique du Nord, l’échinacée tient une place de choix. Aujourd’hui, elle jouit également d’une grande popularité en Europe où les vertus curatives de deux différentes espèces de la plante (Echinacea purpurea et Echinacea angustifolia) ont été validées par l’Organisation mondiale de la santé dans le traitement des rhumes et des infections des voies respiratoires supérieures. Les Amérindiens utilisaient l’échinacée en usage externe pour le traitement des blessures, des brûlures et autres piqûres d’insectes. Les scientifiques considèrent que les échinacées constituent une thérapie complémentaire et préventive des infections respiratoires récidivantes et des infections des voies urinaires. Son usage sur la peau est aussi reconnu comme complément dans le traitement des plaies superficielles.

 

Le poivre de Cayenne

Venu d’Amérique du Sud, le poivre de Cayenne était employé pour ses vertus culinaires et médicinales par les Aztèques qui l’appelaient chili. Considéré en usage externe comme un antidouleur efficace lors d’arthrite rhumatoïde, 
de zona, d’arthrose et de neuropathie, il est utilisé en crèmes, en lotions et en onguents
. Avant de l’utiliser pour les symptômes de ces pathologies, il est préférable de consulter son médecin, mais il est intéressant de savoir que ce piment est également utilisé pour mieux supporter les chaleurs intenses.

 

 

 

 

La pensée sauvage

Cette petite plante ravissante très répandue en Europe est connue pour ses effets anti-inflammatoires, dépuratifs, diurétiques, expectorants et analgésiques. Ses fleurs séchées peuvent être consommées en infusion légère (2 dl d’eau bouillante sur environ 1 cuillère à café de matériel végétal finement coupé à filtrer au bout de cinq minutes), à boire à raison de trois fois une tasse par jour. On trouve en outre dans le commerce spécialisé de la teinture-mère, des comprimés, des gels et des pommades à base de pensée sauvage.

 

 

 

L’anis

En cas de troubles digestifs l’hiver, l’anis peut vous venir en aide. Cette plante présente des propriétés anti-inflammatoires et contribue à lutter contre les gastro-entérites. Il est alors recommandé de boire 3 ou 4 tasses d’infusion préparées en versant 150 ml d’eau bouillante sur une demi-cuillère à café de graines broyées immédiatement avant l’emploi. Vous trouverez dans les commerces spécialisés des sachets-doses pour tisanes et autres préparations.

 

Martine Bernier

 

 

 

 

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