Le slow sex ou quand la pleine conscience s’invite au lit

© Pascal Van De Vandel

Avec les années, les rapports changent, et cela peut être un avantage. La tendresse, la douceur, l’intimité et le fait de prendre son temps peuvent devenir des atouts.

Le slow sex, traduit littéralement par « sexe lent », est une approche de la sexualité élaborée par l’Anglaise Diana Richardson dans les années 1990 et inspirée par des approches tantriques bien plus anciennes. Plus qu’un appel à la « lenteur », c’est un appel à « s’aimer en pleine conscience », comme le rapportent Anne et Jean-François Descombes, le couple qui a traduit ses œuvres en français*. Mais comment cela se passe, alors, ce slow sex ?

 

Freiner pour savourer le paysage

Si le désir peut prendre une forme de hâte, d’élan, tendue vers un but, le plaisir du corps, quant à lui, se nourrit de sensations. Habituellement, nous aurions plutôt tendance à penser que, plus il y a de frottements, de surface stimulée, meilleures seront les sensations. Or, nous ressentons parfois moins les mouvements dans leur entièreté si nous les faisons rapidement, parce que notre esprit n’a pas le temps d’en ressentir toutes les séquences et les subtilités. Avec l’âge, notre corps nous pousse à ralentir, les réflexes d’excitation sexuelle prennent plus de temps à se mettre en route, et cela quel que soit notre sexe. Penser slow sex, c’est permettre à ces changements de devenir un avantage, une aide à être plus conscients de ce que nous ressentons, à ce que notre corps — et celui de l’autre — nous dit et nous demande. Bref, à sortir du devoir de performance, le but du rapport sexuel n’étant pas l’orgasme, mais le plaisir de partager de l’intimité.

 

Just me for you and you for me

Le slow sex comporte également une face plus spirituelle qui se base sur une forme de complémentarité des énergies sexuelles. Les corps seraient donc « polarisés » ainsi : pour les femmes, une zone émettrice au niveau de la poitrine et une réceptrice au niveau du sexe et, pour les hommes, l’inverse. Lors de la rencontre intime, nous pouvons travailler à faire circuler l’énergie entre les corps, notamment par des jeux de respiration, et se nourrir, chacun, de ce que l’autre nous donne. Il est d’ailleurs conseillé de régulièrement « connecter » les sexes pour favoriser une réénergisation et un sentiment d’apaisement.

Et pour ce faire, il n’est pas nécessaire d’avoir une érection ! En effet, avec de la patience, de la douceur et de la pratique — on ne va pas se mentir —, il est possible de faire une pénétration. Attention toutefois : si vous avez un nouveau partenaire, le préservatif reste la seule protection valable contre les éventuelles infections sexuellement transmissibles.

Une fois les sexes connectés, on laisse faire … on attend, on savoure. On découvre autrement l’accueil que prodigue le sexe de notre partenaire, sans les traditionnels va-et-vient. Parfois, une érection d’un autre type prend place, vient remplir le vagin, comme appelée par celui-ci … « Hâte-toi lentement », comme disait l’autre. Quel joli adage valable aussi pour la sexualité !


 sexopraxis.ch
*Pour en savoir plus, écoutez-les sur « Question Q », la nouvelle émission de la RTS consacrée aux sexualités, où ils étaient invités le 15 février dernier

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