Gare à l’épilepsie des aînés!

photo: © iStock / Lightstar59

Alors qu’un pour cent de la population globale est atteinte d’épilepsie, ce trouble concerne particulièrement les seniors. Mais il existe des traitements efficaces.

Saviez-vous que, même si vous n’en avez jamais souffert par le passé, vous pouvez être touché par l’épilepsie sur le tard, parfois sans vous en rendre compte? Dès 65 ans, n’importe qui peut être affecté sans avoir forcément été diagnostiqué, car ces crises peuvent être perçues comme les effets secondaires ou la conséquence d’une autre pathologie déjà présente.

«Il y a aujourd’hui plus de cas d’épilepsie parmi les seniors que chez les jeunes, relève Julia Franke, directrice de la Ligue suisse contre l’épilepsie. Chez eux, ce sont les problèmes d’irrigation sanguine du cerveau qui sont la cause la plus répandue d’épilepsie dite « sénile ». La maladie d’Alzheimer augmente également le risque, ainsi qu’un traumatisme crânien, une tumeur cérébrale ou une prise exagérée d’alcool ou de médicaments. Mais un pourcentage de cas existent sans qu’on ait pu en déterminer la cause exacte. » Les crises auxquelles sont confrontés les patients ne sont souvent pas aussi spectaculaires que celles remarquées pendant les manifestations du « grand mal épileptique », principalement caractérisé par des convulsions. Les symptômes observés lors de cette autre forme de la maladie appelée le « petit mal », sont beaucoup plus délicats à déceler, comme le souligne Julia Franke : « Si la personne a des absences, est confuse, ne répond pas, a des contractions musculaires involontaires, il faut s’en inquiéter. Mais les signes peuvent également s’apparenter à des vertiges ou à des défaillances de la mémoire. Une crise s’arrête normalement après deux ou trois minutes au plus. Si ces phénomènes se prolongent, se reproduisent ou si le malade présente des troubles de la conscience ou de la parole, il faut consulter un neurologue.»

 

Les solutions

Une fois diagnostiquée, l’épilepsie chez les seniors dispose d’un pronostic thérapeutique généralement bon pour peu que le patient supporte les médicaments. Les traitements antiépileptiques sont, dans un premier temps, faiblement dosés et augmentés progressivement par le médecin, si nécessaire. Si cette maladie est rarement mortelle, il faut cependant la prendre au sérieux. Sans soins, un « petit mal épileptique » peut dégénérer et s’aggraver. Dans ce cas, les crises peuvent se solder par des chutes d’autant plus préjudiciables que la personne atteinte sera âgée et fragile. La Ligue suisse contre l’épilepsie s’attache à sensibiliser la population et à former le personnel médical en proposant des conférences et des cours. Le programme de ces manifestations est disponible sur le site internet de la ligue. Et le sujet mérite qu’on s’y attarde : les épilepsies figurent dans le trio de tête des maladies les plus fréquentes du système nerveux à l’âge mûr, après alzheimer et les apoplexies cérébrales.

Martine Bernier

Plus d'infos:

  • Site de la Ligue suisse contre l’épilepsie : www.epi.ch

 

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