Allergies de printemps : comment lutter efficacement ?

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Si vous souffrez du rhume des foins, vous avez sans doute constaté que les symptômes commencent de plus en plus tôt dans l’année. Pourquoi et que faire ?

Le printemps approche à grands pas et, avec lui, la promesse du réveil de la nature, de fleurs en abondance et de chants d’oiseaux. L’euphorie ambiante peut cependant être gâchée par un fléau bien de saison : le retour des allergies. Tandis que les uns, attendris, se réjouissent de revoir les bourgeons, les autres se ruent sur leur kit de survie débordant de mouchoirs et d’antihistaminiques. Car, qui dit printemps, dit aussi rhume des foins et des pollens qui les déclenchent.
Ne croyez surtout pas que le phénomène soit anecdotique : selon le docteur Peter Janus, médecin adjoint au Service d’allergologie aux HUG (Hôpitaux universitaires de Genève), il continuerait même de s’accentuer : « En effet, 30 % des personnes de moins de
60 ans et 20 % des plus de 60 ans sont touchées, et on constate une augmentation des problèmes respiratoires liés aux allergies. Même si vous n’en avez jamais souffert pendant cinquante ans ou plus, cela ne veut pas dire que vous n’en aurez jamais. L’âge n’est pas une limite. De plus, les allergies saisonnières interviennent beaucoup plus tôt dans l’année, puisqu’elles commencent à arriver déjà en décembre. »

 

Les raisons de cette précocité ? Les hivers beaucoup plus doux accélèrent la floraison de certains arbres, comme le noisetier qui commence la sienne en janvier. L’importation de certains végétaux d’ornement venus de l’étranger à l’instar de l’aulne pourpre de Sibérie déclenche également des réactions allergiques. Dans les villes, les illuminations de Noël et la température stimulent ces arbres qui, dans ces conditions particulières, fleurissent désormais en décembre.

Que faire ?

De nombreux facteurs expliquent notre fragilité aux allergènes, précise le docteur Janus. Notre manière de vivre dans des environnements trop stériles en est un, tout comme notre alimentation, laquelle devrait bannir au maximum les plats précuisinés et les aliments industriels. Pour aider les patients, les médecins interviennent de façon ciblée, en fonction de l’importance des symptômes, en proposant, dans un premier temps, des gouttes pour les yeux et un spray nasal, puis des comprimés antihistaminiques. Les piqûres à base de cortisone apportent un soulagement quasi immédiat, mais ne sont pas préconisées par les spécialistes en dehors des cas d’urgence. La solution la plus efficace reste la désensibilisation qui demande une certaine motivation et de la constance. Le traitement se prolonge sur trois ans, mais permet de débarrasser définitivement les patients de leurs allergies.
En attendant, vous pouvez avoir recours aux remèdes naturels, comme la cure d’œufs de caille à la fin de l’hiver, les tisanes à base de plantain ou l’huile essentielle d’estragon à raison d’une goutte sur un mouchoir pour apaiser les crises.
Enfin, les solutions pratiques ne sont pas à délaisser, comme se laver les mains plusieurs fois par jour et les cheveux le soir, changer de vêtements régulièrement, éviter de faire sécher le linge dehors et ne pas ouvrir les fenêtres dans la journée.

            

    Martine Bernier

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