Santé: tout ce que l'on doit au animaux

Chiens, chats, chevaux et même poissons ont des vertus prouvées sur le bien-être des humains. Qu’elles soient physiques, mentales ou sociales. La preuve grâce à la zoothérapie. Notre dossier.

A en croire les études qui plaident de plus en plus souvent en faveur des animaux, ceux-ci nous font un bien fou! En 1980, on découvrait, par exemple déjà, que leurs propriétaires ont un taux de survie plus élevé après un accident cardiaque. Récemment, une recherche prêtait aux chiens un pouvoir protecteur contre l’eczéma et l’asthme des enfants. Une autre relevait qu’avoir un chien ou un chat permettait de réduire de 30 % les risques de faire une crise cardiaque ou un AVC. Les caresser libérerait aussi de l’ocytocine, l’hormone du bonheur, alors que celle du stress, le cortisol, diminuerait. Ils seraient donc particulièrement indiqués en cas de dépression. Tout particulièrement le félin, qui accepte mieux qu’un chien l’absence d’interactions. Autre fait prouvé : les gens qui vivent avec un chat jouissent d’une meilleure santé psychologique. En 1999, l’Office fédéral de la statistique concluait également que 70 % des personnes âgées voyaient la qualité de leur vie grandement améliorée grâce au contact quotidien avec un animal, car cela atténuait le sentiment de solitude et renforçait l’estime de soi. Alors oui ! Même s’ils ne sont pas accompagnés d’une posologie, les animaux semblent avoir un véritable impact positif (préventif ou curatif) sur notre santé.

 

 

La zoothérapie, un contexte d’intervention

Des vertus que Daniel Widmer, médecin généraliste à Lausanne, a pu découvrir lors des consultations qu’il donnait en présence de son labrador couleur chocolat. Après l’avoir fait vivre durant sept ans dans une pièce attenante au cabinet avec le chien de son assistante, ce docteur a décidé de l’installer dans son bureau le jour où celle-ci est partie. Un choix qu’il n’a jamais regretté : « Je n’ai constaté aucune fuite de cynophobes, beaucoup de mes patients y voyant même un chien pas comme les autres, explique-t-il. Il s’est ainsi levé pour consoler une dame en pleurs, et a soupiré avec un patient déprimé. Il savait capter l’atmosphère émotionnelle du moment, un vrai chien thérapeute ! La présence de ce tiers permettait aussi aux patients de s’adresser à lui, afin de lui confier des choses importantes. Une fois, j’ai même reçu un enfant en difficulté qui me répondait par monosyllabes, mais parlait au chien, aujourd’hui décédé. »

Le médiateur animal est utilisé en zoothérapie, dont le but est de contribuer au mieux-être des personnes souffrant de troubles mentaux, physiques ou sociaux, que ce soit à titre pédagogique, préventif ou thérapeutique. La zoothérapeute Rachel Lehotkay, docteure en psychologie et psychothérapeute FSP, qui est une adepte de la première heure, puisqu’elle s’est formée au Canada, précise d’emblée : « Ce n’est pas une méthode, mais un contexte d’intervention particulier où l’on ajoute un animal, afin d’améliorer l’approche thérapeutique et de motiver le patient. Le professionnel reste donc le thérapeute, cette fonction n’étant pas transférée à l’animal. »

 

 

La Suisse romande à la traîne

Les prémices de la zoothérapie nous ramènent au XIXe siècle. En Allemagne comme en Angleterre, des animaux sont amenés auprès de patients d’institutions psychiatriques. La « thérapie assistée par l’animal » était née, mais ne prendra ce nom que dans les années 1960, sous l’impulsion du pédopsychiatre Boris Levinson, après que son chien et un jeune patient mutique se sont rencontrés, ce qui a eu une incidence positive sur l’enfant. Dans les années 1980, le biologiste américain Edward Wilson développe ensuite l’hypothèse de la biophilie, à savoir que le cerveau humain serait programmé pour être sensible aux animaux et aux végétaux, ressources alimentaires potentielles indispensables à notre survie. Aujourd’hui, la zoothérapie gagne petit à petit ses lettres de noblesse en Suisse. « Il y a quelque cinquante nouveaux intervenants en zoothérapie en Suisse romande, alors que nous n’étions que cinq à dix en 2009, se réjouit Rachel Lehotkay, qui est aussi présidente de l’Association suisse de zoothérapie (ASZ) et pratique au sein du Département de santé mentale et de psychiatrie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Parmi eux, des logopédistes, des psychologues, des éducateurs ou encore des physiothérapeutes. Malgré tout, nous sommes très en retard par rapport à la Suisse alémanique. D’ailleurs, peu d’entre nous évoluent en milieu hospitalier, notre acceptation dépendant avant tout des affinités des chefs d’unité avec les animaux. »

La Genevoise Rachel Lehotkay fait appel à ses deux chiennes, Louise, une jack russell joueuse, et Olive, une teckel américain câline, mais elle aurait très bien pu, comme certains de ses confrères, s’attacher les services de cochons d’Inde, de tourterelles, de rats, de chevaux ou de poissons. « Le choix de l’espèce dépend du thérapeute, note la spécialiste. Au sein de l’ASZ, nous ne travaillons toutefois qu’avec des animaux domestiques. Pour ma part, j’ai opté pour des chiens, car ils répondent bien à notre communication, même si je conçois très volontiers qu’on puisse s’attacher à une tarentule. » Ces bêtes ne sont en revanche pas dressées spécifiquement. « Mais, plus le chien apprend des tours, plus il est perçu comme intelligent, et plus le patient l’investira au niveau psychanalytique, y voyant une personne qui va devenir importante à ses yeux », poursuit-elle.
Peu importe l’espèce

Les manières de travailler en zoothérapie sont d’ailleurs multiples : l’animal peut, par exemple, être le lieu de l’investissement du patient, qui lui parle de ses soucis ; devenir modèle, comme lorsqu’on demande à une personne anorexique de le nourrir en lui faisant comprendre que, autrement, il va mourir ou encore être un prétexte, comme quand on incite un jeune qui refuse de faire du sport à balader un chien. « Dans ma pratique, il m’arrive de partir en promenade avec mes chiennes et mon patient, afin de le calmer et de dédramatiser la séance, ce qui lui permet d’être plus serein, détaille Rachel Lehotkay. Mes chiennes et moi, nous nous adaptons à la situation. Même ma jack russell, qui ne jure que par sa balle, est capable de se coucher à côté, voire dans les bras d’une personne qui en a besoin. » Cette approche est-elle davantage bénéfique à certaines maladies ? « Il n’y a pas de pathologies plus faciles à traiter avec un animal que d’autres, mais il est clair que les personnes qui aiment les animaux seront plus réceptives. De fait, certaines fois, suivant la réaction du patient, la zoothérapie laisse place à une psychothérapie classique. »

 

 

Frédéric Rein


 

« C'est la seule activité à laquelle je participe »


Kayla porte des petites chaussettes aux pattes avant pour éviter de griffer malencontreusement les pensionnaires. Qui vont la cajoler durant 30 à 40 minutes.

 

 

Cette chienne et sa maîtresse font partie des binômes de l’association Pattes tendues, qui propose des visites canines en milieux hospitaliers. Nous les avons suivies à la Fondation Castel Notre-Dame, à Martigny (VS).

Kayla semble ravie de retrouver les quatre dames qui se sont réunies dans une salle du rez-de-chaussée inférieur de la Fondation Castel Notre-Dame, à Martigny (VS). Cette femelle berger belge croisé avec une race inconnue de 9 ans les connaît bien, puisqu’elle vient ici avec sa maîtresse près de deux fois par mois depuis décembre dernier pour se faire câliner par quelques-uns des résidants — un tournus est prévu parmi la dizaine de personnes intéressées. Grâce à une petite rampe installée à son intention, l’animal grimpe sur une table préalablement recouverte d’une étoffe colorée, autour de laquelle sont assises ces dames, ce qui facilite les interactions. Elle s’y couche alors sagement. On lui enfile ensuite de petites chaussettes sur les pattes avant, afin d’éviter tout risque de griffures. Durant 30 à 40 minutes, ces quatre femmes vont pouvoir lui parler, la cajoler ou encore la brosser. « Je t’aime, tu es gentille », lâche en boucle l’une d’entre elles en glissant sa main entre ses poils et en poussant de temps en temps la chansonnette. Des caresses qui n’ont rien d’anodin, puisque, à mesure qu’une personne prend de l’âge, l’acuité de ses sens diminue, à l’exception du toucher, qui a tendance à s’accentuer, surtout en période de deuil ou dans un contexte de grande solitude.

 

« Un pot de colle »

Nadine Vervier, la propriétaire de Kayla, montre aussi aux participantes des photos de sa chienne quand elle était jeune. « C’est un pot de colle qui adore se faire caresser, explique cette laborantine médicale. Quand je prépare le sac pour venir dans l’un des deux EMS que nous fréquentons, je vois tout de suite qu’elle se réjouit. D’autant plus qu’elle connaît maintenant les résidants. »

 

Pas n’importe quel chien

Kayla et sa maîtresse font partie des duos recrutés par Pattes tendues, qui œuvre dans les cantons du Valais, de Genève et de Vaud. Fondée en 1999 par Francine Joseph-Murphy, cette association propose des visites gratuites avec des chiens en milieux hospitaliers, que ce soit auprès des personnes âgées, souffrant d’alzheimer, en fin de vie ou auprès des enfants autistes ou handicapés. « Les binômes, constitués de personnes venues de tous les horizons et de chiens issus de toutes les races, doivent préalablement suivre un cours qui s’étale sur six jours, lui-même précédé par un test d’aptitude, qui nous permet d’observer les réactions du chien dans diverses situations, détaille Sylviane Métrailler, responsable de la section valaisanne. On veut vraiment que l’animal ait du plaisir, et pas que ce ne soit qu’un outil de travail ! » Des canidés qui doivent en outre remplir quelques conditions: avoir plus de 2 ans, une bonne éducation de base et répondre à des règles d’hygiène (traitements parasitaires, vermifuges tous les mois, etc.). Si le nombre de bénévoles est stable, beaucoup d’institutions sont sur liste d’attente. Comment expliquer ce succès ? « Notre démarche permet à nos bénéficiaires de prendre soin d’un chien, ce qui les revalorise clairement», répond Sylviane Métrailler.

 

« C’est la seule activité à laquelle je participe »

Liliane Hurtado, 85 ans, est la plus assidue de tous les pensionnaires. Elle est invitée à chacune des rencontres avec Kayla, car elle répond systématiquement présent et que cela semble lui être bénéfique. « C’est la seule activité à laquelle je participe, un rendez-vous immanquable, explique celle qui a aussi le droit de la tenir à la (double) laisse dans les couloirs. J’ai eu deux chiens, puis deux chats, que j’ai dû placer lors de mon déménagement dans un EMS. Je suis venue ici, il y a un peu plus d’une année, car c’était devenu nécessaire pour mon mari, mais il est décédé il y a quelques mois. » Pendant ce temps, une autre résidante n’hésite pas à donner des bisous à Kayla. La séance touche à sa fin. L’heure pour celles qui le désirent de lui donner une petite friandise. « Ces rencontres apportent calme et apaisement aux résidants, constate Filomena Ancay, l’une des animatrices. Toutes ces personnes ont eu des animaux, et cela leur rappelle donc de beaux souvenirs. Le chien est incontestablement un facilitateur social, qui limite le sentiment d’isolement. » Un médiateur au poil qui, comme à chaque fois, a fait l’unanimité autour de la table !

 

 

POISSONS, CHEVAUX OU CHATS : MERCI A VOUS !
Les bienfaits liés aux animaux sont multiples et souvent inattendus. Ces quelques exemples suffiront à vous en convaincre.

 

Des poissons déstressants

Les poissons à l’hôpital. Depuis quelques années, on voit de plus en plus souvent des aquariums prendre place dans les couloirs et les salles d’attente des hôpitaux. Outre l’aspect esthétique, ils ont de vrais effets sur les patients et leurs proches. Plonger son regard dans ce monde du silence ferait baisser la tension artérielle.

Effets bénéfiques pour les lésions cérébrales et les déficiences intellectuelles

Il a aussi été démontré aux Etats-Unis que les personnes victimes d’alzheimer ayant accès à ce monde subaquatique se nourrissaient plus facilement. C’est en outre une technique de diversion efficace face à la douleur. Le professeur français Raphaël Vialle a prouvé l’effet anesthésique de l’aquarium en laissant des enfants en regarder un, puis en les connectant à un appareil provoquant de très légères décharges. La douleur a été jugée moins intense après avoir préalablement observé l’aquarium, ne serait-ce que durant cinq minutes. Sans oublier qu’un aquarium permet une multiplication des interactions sociales au sein de ses observateurs.Un effet anesthésique

 

Le ronron du chat

Une séance de « ronronthérapie » avec Minet. Si le terme « ronronthérapie » peut faire sourire, les pouvoirs du ronronnement sont bien réels. Sur le chat lui-même, d’abord, puisque ces vibrations amélioreraient notamment la qualité de leurs … os ! De fait, après des lésions ou des fractures, les chats auraient cinq fois moins de séquelles que les chiens, et retrouveraient la forme trois fois plus vite. Des vocalises qui seraient aussi bénéfiques aux humains. En empruntant le circuit hippocampe-amygdale de notre cerveau, structure étroitement liée au déclenchement de la peur, le ronronnement s’apparenterait à une sorte de médicament sans effets secondaires qui influerait favorablement sur les os brisés, les muscles lésés et accélérerait la cicatrisation.

Consolidation des os et des muscles, accélération de la cicatrisation

 

Moins de fatigue

Depuis les années 1990, la « ronronthérapie » est d’ailleurs parfois utilisée pour consolider les fractures, améliorer la situation des personnes victimes d’arthrose ou créer de nouveaux tissus ! Ces basses fréquences, entre 20 et 50 hertz, permettraient aussi de diminuer la fatigue liée au décalage horaire. Malheureusement, aucune institution ne le pratique dans le pays. Il ne vous reste donc qu’à trouver un petit compagnon qui ronronnera dans vos bras.

 

La puissance du cheval

Se remettre en selle grâce au cheval. « L’extérieur du cheval exerce une influence bénéfique sur l’intérieur de l’homme. » Winston Churchill ne croyait pas si bien dire. Car, par sa fonction de « porteur », qui fait référence à la notion de « holding » en psychanalyse, il réactive des sensations liées à la petite enfance, ce qui lui confère un rôle de substitut maternel. « Le corps à corps, l’intimité créée par les mouvements rythmiques et harmonieux du cheval, la chaleur ressentie dans le corps favorisent l’expression de l’émotion ». Une psychothérapeute nous dit que « le cheval possède l’avantage d’être imposant, ce qui tient généralement en respect les sujets violents ». Si la thérapie équestre puise ses origines en Norvège et en Suède, c’est en Suisse qu’a été fondée la première association de thérapie équestre. Cette forme de zoothérapie vise le bien-être ainsi qu’une progression et une stabilisation sur le plan tant physique, relationnel qu’affectif. L’hippothérapie, elle, est une technique, utilisée par les physiothérapeutes, où le mouvement du cheval sert dans le cadre d’une rééducation physique, alors que l’équitation adaptée aide les personnes handicapées, physiquement ou mentalement.

Progression sur les plans physiques, relationnel et affectif, rééducation physique

www.handicheval.ch.

 

Le contact du dauphin

Les bienfaits du dauphin. Sous d’autres latitudes, ce cétacé surfe, lui aussi, sur la vague de la zoothérapie. Mais ce n’est qu’en 1988, en Floride, que le neuropsychiatre Daniel Nathanson commença à analyser ses bénéfices médicalement. En 1995, il fit se rencontrer un dauphin et un enfant qui présentait un sévère retard mental. A son contact, ce dernier a prononcé ses tous premiers mots. Nathanson a poursuivi ses recherches avec quatre enfants de 2 à 6 ans atteints de troubles graves : retard de développement, polyhandicap, déficit moteur et aphasie. Les multiples séances ont montré des progrès qui allaient au-delà des objectifs initialement fixés. Si certains prêtent aussi à ces animaux la capacité de détecter plusieurs pathologies avec leur sonar, voire de guérir des maladies grâce à l’émission d’ultrasons, ce qui reste encore à prouver. Il semble, en revanche, ne faire aucun doute, à l’aune des observations objectives, que la delphinothérapie possède de vrais effets bénéfiques, parfois troublants.

 

Effets bénéfiques pour les lésions cérébrales et les déficiences intellectuelles

 

Le flair du chien

Le flair canin au service du dépistage. Les chiens sont (re)connus pour leur flair. Après avoir fait leurs preuves aux douanes ou dans les rangs de la police, les voici qui enfilent une blouse blanche, afin de dépister précocement les cancers, car les tumeurs produisent des substances organiques volatiles diffusées par le biais des sécrétions corporelles (haleine, urine, sueur). « Les chiens disposent d’un senseur biologique dont la capacité à reconnaître un bouquet d’odorants est aujourd’hui encore très largement supérieure à celle des machines », indique Ivan Rodriguez, directeur et professeur au département de génétique et évolution, à l’Université de Genève. Que ce soit en Angleterre, aux Etats-Unis ou en France, les chiens qui ont été dressés dans ce but commettent peu d’erreurs. Mieux : cette signature olfactive leur a parfois permis de déceler des tumeurs en formation qui n’avaient pas encore été détectées.

Dépistage du cancer, lanceur d'alerte auprès des personnes épileptiques ou diabétiques

 

Taux de réussite impressionnant

De fait, une étude clinique sur le cancer du sein a été lancée au début de l’année par l’Institut Curie, à Paris. Après quelques mois de formation, les chiens atteignaient déjà un taux de réussite proche de 100 % ! Dès que le canidé reconnaît l’odeur de la tumeur, il s’assoit ou se couche devant le bocal contenant le tissu imprégné de sueur. « On profite donc, ici, de deux qualités exceptionnelles du canidé : l’association entre un outil olfactif perfectionné et un désir remarquable de plaire à son maître », mentionne Ivan Rodriguez. Des chiens qui, en plus, peuvent jouer le rôle de lanceurs d’alerte auprès des personnes épileptiques ou diabétiques, détectant les hypoglycémies. C’est par exemple le créneau de l’association Farah Dogs, à Sierre (VS).

www.farah-dogs.ch

 

Rencontrez Deli à Planète Santé

Deli est entré dans son 9e mois. Aspirant chien guide d'aveugle, il sera à Genève pour faire votre connaissance sur notre stand. Venez nombreux ! Depuis quelques mois, vous suivez par le texte et en images les aventures de Deli, aspirant chien guide d’aveugle. Vous avez ainsi pu découvrir quelles sont les premières étapes importantes dans la vie d’un jeune canidé pressenti pour aider les malvoyants. Mais, du 4 au 7 octobre prochain, de 13 h à 15 h, vous pourrez le rencontrer en chair et en os. Ce labrador de presque 9 mois sera en effet présent sur le stand tenu par générations au Salon Planète Santé, à Genève Palexpo — il y aura également, de 10 h 15 à 15 h, trois démonstrations de parcours d’obstacles réalisées par des chiens guides d’aveugles et leurs instructeurs le vendredi. Venez assister à leurs prouesses et « serrer la patte » de Deli à cette occasion !

 

 

Sur son lieu de travail

En attendant, nous avons donné rendez-vous à Deli, qui pèse désormais 26 kilos, et à Carole Bürki, qui l’accueille dans sa famille durant dix-huit mois, à l’aérodrome militaire de Payerne, où elle travaille en tant qu’employée de bureau à 50 %. C’est là que Deli la suit cinq matinées par semaine depuis le mois de mars. Car l’une des conditions pour obtenir la garde d’un chien en formation est, pour les personnes actives, de pouvoir l’emmener avec elles sur leur lieu de travail. Sa présence a-t-elle été bien perçue ? « Cela ne change presque rien, exception faite que, maintenant, il est au cœur de toutes mes discussions avec mes collègues, plaisante Carole Bürki. Mon entourage professionnel a tout de suite été très ouvert à cette idée. » Des propos corroborés par Jan Frasa, chef du domaine défense aérienne de l’aérodrome militaire de Payerne.  « Je trouve que la présence de Deli influence positivement l’ambiance générale. Enfant, j’ai toujours eu des chiens et, si je ne bougeais pas autant dans mon travail, je serais aussi prêt à accueillir un chien en formation. »

Deli semble parfaitement se plaire dans cet environnement. Il a d’ailleurs ses petites habitudes ... « Notre programme est rodé, détaille Carole Bürki. Après une promenade près de mon domicile, nous arrivons à l’aérodrome vers 8 heures. Il fait un pipi au-dessus d’une grille avant de rentrer dans le bâtiment, puis se repose dans le panier installé dans mon bureau. Il ne le quitte que pour saluer les gens qui passent ou lorsque je dois me déplacer sur le site. »

 

Des passe-droits

Un aérodrome où les chiens ne sont pas tolérés, à l’exception de ceux qui assurent la sécurité du site et avec lesquels Deli n’a aucun contact. Les chiens guides d’aveugles ont en effet quelques passe-droits ... Outre de pouvoir suivre leur maître au travail, ils sont admis, selon la loi sur l’intégration des personnes handicapées dans tous les lieux publics. « En Suisse, la loi laisse une part à l’interprétation, souligne Christine Baroni-Pretsch, directrice de la Fondation romande pour chiens guides d’aveugles. Mais on part du principe que refuser une personne aveugle à cause de son chien guide est un acte discriminatoire. De fait, le prendre dans un cinéma, un supermarché, un musée, un théâtre, une école ou un restaurant ne pose généralement pas de problème. Cela dit, chose rare, un aveugle et son chien ont récemment été refusés dans un hôtel. Dans les milieux hospitaliers et les taxis, par exemple, il peut y avoir de la réticence, mais c’est plus par méconnaissance. » La chabraque qu’ils portent sur le dos et atteste de leur rôle de chien guide d’aveugle devrait donc être le sésame qui ouvre toutes les portes …

 

L’avenir de Deli
n’est pas tracé, puisqu’un aspirant sur deux n’atteint pas la fin de sa formation. « Actuellement, il est impossible de tirer un bilan et d’imaginer des perspectives d’avenir car il est encore trop jeune », note Christine Baroni-Pretsch. Il va donc continuer son éducation de base et sa socialisation au sein de sa famille d’accueil jusqu’en juin 2019.  Ici, à son entrée à l'aérodrôme de Payerne, avec Carole Bürki.

Frédéric Rein

 


Générations au Salon Planète Santé

 

Deli au rendez-vous sur notre stand !

➤    Du 4 au 7 octobre, générations sera au Salon Planète Santé à Genève, avec de nombreux rendez-vous. Tous les jours, de 13 h à 15 h, sur notre stand.
➤    Le vendredi 5 octobre, dès 10 h 15 jusqu’à 15 h, démonstrations de parcours d’obstacles avec des chiens guides de la Fondation romande pour chiens guides d’aveugles.

Conférence exceptionnelle, le vendredi 5 octobre, à 16 h
« Ces animaux qui nous soignent », conférence d’Emmanuelle Pouydebat, biologiste au CNRS, auteure de L’intelligence animale, cervelle d’oiseaux et mémoire d’éléphants. Puis, table ronde avec Rachel Lehotkay, docteur en psychologie spécialisée en zoothérapie, Ivan Rodriguez, professeur au département de génétique et évolution, Unige, Dr Daniel Widmer, généraliste, chargé de cours à l’UNIL/IUMF, Patricia Meylan, fondatrice de l’association Chiens de cœur.

Du 4 au 7 octobre, générations sera au Salon Planète Santé à Genève.


Pour en savoir plus 
Association suisse de zoothérapie : www.zootherapiesuisse.ch

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