Le grand retour des ventouses

photo: © iStock / alwekelo

Depuis quelques années, un engouement se manifeste en Suisse envers une technique ancestrale tombée dans l’oubli: la pose de ventouses. Mais est-ce un phénomène de mode ou la méthode a-t-elle une utilité réelle?

Vous l’avez peut-être remarqué : certains sportifs, comme le nageur Michael Phelps ou des actrices comme Gwyneth Paltrow, Jennifer Aniston ainsi que Justin Bieber arborent sur leur dos et leurs épaules d’étranges marques rougeâtres et circulaires. Elles sont la signature de l’utilisation du «cupping», plus connu chez nous sous le nom de «ventouses». Et la méthode ne date pas d’hier, comme le rappelle Aude Fauvel, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut lausannois des humanités en médecine: « Elle était déjà pratiquée 3000 ans avant Jésus-Christ en Egypte ancienne, mais on trouve aussi des traces de son utilisation en Iran, en Chine et dans la Grèce antique. Cette technique était associée à la théorie des humeurs. On a pensé longtemps, et on le croit toujours dans certaines médecines, que la santé dépend de l’équilibre entre quatre «humeurs» corporelles, chacune étant liée à un fluide. On considérait donc que le fait de sortir le sang, un de ces fluides, pouvait aider à rééquilibrer le corps en cas de maladie. Pour cela étaient utilisées les saignées, les sangsues ou les ventouses.»

En Europe, dès le XIXe siècle, avec l’apparition de la médecine scientifique, l’usage des ventouses va se modifier. Plus question d’humeurs, mais plutôt d’intervention mécanique. Elles sont dès lors utilisées, par exemple, pour des cas de pneumonie avant d’être délaissées au profit des antibiotiques. Aujourd’hui, cette thérapie se basant sur la stimulation de la peau assure permettre d’éliminer les toxines par l’épiderme.

 

Deux méthodes sont proposées aux patients: les ventouses sèches ou scarifiées, disposées un peu partout sur le corps. Les premières se posent à chaud, en provoquant un vide d’air grâce à un brûlot allumé dans une bulle de verre et mises immédiatement sur la peau. Elles peuvent également être posées à froid en utilisant une aspiration manuelle. Quant aux ventouses scarifiées, elles se placent sur la peau préalablement griffée par le praticien, ce qui doit, en principe, augmenter l’efficacité du traitement. Dans un cas comme dans l’autre, la durée de pose va de dix à vingt minutes.

 

 

Les adeptes de la méthode lui attribuent une action positive sur une foule de maux allant notamment des problèmes dermatologiques aux rhumatismes, la dépression, l’hypertension, la migraine ou les problèmes de bronches. Mais Aude Fauvel relève qu’aucune publication scientifique ne vient confirmer ces affirmations: «En 2011, une méta-étude qui analysait toutes celles publiées sur le sujet, a apporté la conclusion que le seul bienfait plus ou moins étayé par des études scientifiques concerne le fait que la pose des ventouses diminuerait la sensation de douleurs musculaires.»

 

Si vous souhaitez tenter l’expérience, adressez-vous à des thérapeutes reconnus, notamment en médecine chinoise, et renseignez-vous auprès de votre caisse maladie, afin de voir si vous disposez d’une assurance complémentaire permettant le remboursement du traitement.

 

Martine Bernier

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