Des ergothérapeutes rien que pour vos yeux

Une solution simple comme une loupe électronique peut changer la vie et permettre de lire le journal. D’autres appareils permettent par exemple de lire sur un grand écran en grossissant le texte jusqu’à 40 fois. Et pour ce qui est de l’extérieur où il est difficile de prélever de l’argent à un bancomat ou de lire un horaire de bus, les spécialistes proposent des lunettes-loupe allant jusqu’à 10 dioptries et plus, alors que celles fournies dans le commerce s’arrêtent à 4 dioptries. © DR

Souvent, les patients qui souffrent de gros problèmes de vue sont abandonnés à leur sort. Si médecins et opticiens ne sont plus en mesure de pallier votre basse vision, allez consulter un expert de la réhabilitation visuelle!

Reste-t-il des spaghettis dans mon assiette, qu’est-il écrit dans le journal, que vaut ce billet de banque? Vous ne vous êtes jamais posé ces questions et c'est tant mieux. Elles font pourtant partie du quotidien de dizaines de milliers de personnes en Suisse. La plupart sont atteintes de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA): 10 % des 65 à 74 ans et 30 % des 75 à 85 ans. Sans compter ceux touchés par le glaucome et d’autres affections regroupées sous le terme de basse vision.

Pour ces nombreux malvoyants, la vie ressemble très souvent à un enfer. Les gestes les plus simples du quotidien comme étaler de la pâte à dentifrice sur sa brosse à dents ou préparer une sauce à salade deviennent une véritable épreuve. C’est là qu’interviennent les ergothérapeutes basse vision, une spécialité méconnue, bien qu’elle existe depuis trente ans en Suisse. Expertes dans la réhabilitation visuelle, Claire Ducret Martin à Monthey et Sylvie Moroszlay à Lausanne ne peuvent que déplorer cette situation. Elles relèvent que les ophtalmologues ou opticiens se bornent trop souvent à constater qu’ils ne peuvent plus rien pour certains patients et oublient l’existence d’autres professionnels, pourtant dûment reconnus et dont le travail est remboursé par l’assurance maladie de base.

Attention à l’éclairage!

Bien sûr, il ne faut pas attendre un miracle médical. Mais grâce au bon sens, ainsi qu’à une technologie adaptée, les ergothérapeutes basse vision peuvent réellement améliorer le quotidien des malvoyants. «Au-delà des lunettes de lecture allant jusqu'à 4 dioptries, il existe des lunettes-loupe jusqu'à 10 dioptries et plus; des loupes et des appareils de lecture grossissant jusqu'à 40 fois», relève Sylvie Moroszlay. Cet arsenal optique n’est évidemment pas fait pour se plonger dans la lecture de Guerre et paix ou de tout autre roman-fleuve. En revanche, lire un journal, une carte postale ou une lettre redevient possible...

Une grande attention est également portée sur l’éclairage. «La plupart des gens l’ignorent, notent les spécialistes, mais à 60 ans, on a besoin de quatre fois plus de lumière qu'à 40 ans.» Toujours à ce chapitre, les contrastes sont également à étudier. Couper un oignon sur une planche en plastique blanc devient presque impossible pour certains, alors qu’il suffit de s’équiper d’un support noir pour améliorer sa vision, idem pour des spaghettis qui réapparaissent sur une assiette foncée plutôt que claire.

Simple oui, comme coller des autocollants avec des grosses lettres sur son clavier d’ordinateur, sur ses épices, écrire une liste de commissions sur une grande feuille avec un stylo à pointe épaisse plutôt que fine. Les exemples sont innombrables et il est aussi possible d’entraîner la vision périphérique pour les personnes atteintes de DMLA, d’apprendre à reconnaître des billets de banque sans passer par le braille, d’adapter la disposition du mobilier de son logement ou de bénéficier de conseils avisés pour sortir de chez soi avec plus de sécurité. Bref, de quoi rendre le sourire à ceux dont le champ visuel a été fortement réduit.

J.-M. R.

 

Plus d’infos

www.bassevision.ch et www.retina.ch

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