Saint-Pétersbourg, à jamais indémodable

photo: © iStock / galamik

La deuxième plus grande ville de Russie ne cesse de séduire les touristes. Elena Simonato, Pétersbourgeoise, nous explique pourquoi.

Surgie des brumes féeriques de ses canaux, Saint-Pétersbourg continue de se profiler comme le trésor imaginé par Pierre le Grand. Depuis sa création, en 1703, sa beauté est restée intacte. « La “ Venise du Nord ”, ancienne capitale des tsars, ne cesse de fasciner par ses nuits blanches, ses ballets, par la magie du flux constant de l’eau et du ciel, estime Elena Simonato, Pétersbourgeoise d’origine et maître d’enseignement et de recherche en linguistique et civilisation russes de l’Université de Lausanne. Le Tessinois Domenico Trezzini, architecte à la cour de Pierre le Grand, voulait rivaliser avec les capitales européennes. Née de ce rêve et de l’ambition d’un tsar désireux d’ouvrir la Russie sur l’Europe, Saint-Pétersbourg est un ensemble unique en son genre, synthèse de l’architecture européenne et des traditions russes.»

 

Le tsar traça le plan de la ville avec ses canaux censés remplacer les rues, reliant ses 43 îles par 300 ponts s’ouvrant la nuit pour laisser passer les bateaux. «Cette ville élégante, sophistiquée, intellectuelle, comptait avant 1917 plus d’étrangers que de Russes, continue Elena Simonato. Après Trezzini, nombre de Suisses ont énormément contribué à son essor économique et culturel, y compris des scientifiques, comme le mathématicien Leonhard Euler. Je dirige d’ailleurs actuellement un projet financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) qui s’intéresse à la destinée de ces passeurs de cultures.»

Le miroir de la Neva

Aujourd’hui, de nombreux touristes sont attirés vers cette cité. On peut visiter son centre historique, son «triangle d’or» tracé par les coupoles de ses cathédrales, sans jamais descendre du bateau à moteur. «C’est particulièrement beau du début de juin à la mi-juillet, lorsqu’ont lieu les célèbres nuits blanches.» La nuit semble alors ne jamais vouloir tomber.

 

Les murs de Saint-Pétersbourg ont en outre de nombreuses histoires à raconter. «Les légendes urbaines narrent que, la nuit, les monuments s’animent, explique Elena Simonato. Allez donc voir le « Cavalier de bronze », statue équestre du tsar Pierre le Grand, chantée par Pouchkine dans son poème fantastique décrivant les crues de la Neva.» Et la connaisseuse de poursuivre avec la verve de la passionnée : « Flânez le long des canaux et des rivières, admirez les cathédrales à la lumière des nuits blanches, à l’instar des personnages de Dostoïevski, traversez le pont aux griffons et tentez de compter les centaines de lions, prêts à défendre la ville, qui ornent les façades et les portails des palais privés. Mais prenez soin de ne pas vous approcher trop du sphinx qui orne le quai de l’Académie des beaux-arts, car il risque de vous poser son énigme!»

Frédéric Rein


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