Les châteaux de la Loire comme vous ne les connaissez pas

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Les spectaculaires édifices de cette « vallée française des rois » cachent de petits secrets d’histoire méconnus. La preuve par le biais de quelques anecdotes.

Amboise, Chambord, Chenonceau… La simple évocation de ces noms suffit à faire vagabonder notre imaginaire entre passé et présent. Les châteaux de la Loire nous renvoient en effet à quelques-uns des chapitres majeurs de l’histoire de France, puisque la plupart d’entre eux ont été bâtis ou fortement remaniés entre le XVe et le XVIe siècle, une période où la cour des rois s’était installée dans la région. Ce patrimoine culturel se compose de 11 châteaux royaux, de 21 châteaux nobiliaires de première importance historique, et de centaines d’autres. Les chefs-d’œuvre architecturaux de cette « vallée française des rois », située dans le Val de Loire, collectionnent fort logiquement autant les superlatifs que les visiteurs. Mais, derrière ces spectaculaires vestiges d’un autre temps, se cache une multitude de petites anecdotes qui se sont presque perdues au fil du temps. La preuve par cinq.

    

Le génie de Léonard de Vinci  « hante » encore Chambord

L’histoire du château de Chambord, le plus imposant de tous, n’a pas officiellement retenu le nom de son architecte, mais n’oublie pas l’influence de Léonard de Vinci. Invité par François Ier à séjourner à la cour de France en tant que « premier peintre, architecte et ingénieur du roi », il a marqué l’édifice de son génie, encore bien visible aujourd’hui grâce au plan centré du donjon, à l’aération, à l’étanchéité et au système de latrines à double fosse. Léonard de Vinci mourra en 1519 au château de Clos Lucé. On peut désormais se recueillir sur sa tombe à la chapelle Saint-Hubert du château d’Amboise.

 

Un élevage artificiel de poulets à Amboise

Au château d’Amboise, il y a eu la cour du roi, mais aussi sa basse-cour ! Charles VIII y fit installer le premier élevage artificiel de poulets. Selon l’ouvrage La Touraine historique et monumentale : Amboise, le château, la ville et le canton, « parmi les importations faites par Charles VIII, nous devons signaler une série de couveuses artificielles » grâce à « messire Luc Berjame, chevalier, joaillier et inventeur subtil à faire couver et naître poulets ». Cette installation prit place le long de la Loire et connut « une réussite merveilleuse ». Par la suite, François Ier importa même ce concept dans son château de Montrichard ! 

 

La girafe tant attendue à Plessis-Bourré

Louis XI était connu pour sa passion des animaux et notamment des chiens de chasse, qui recevaient les soins les plus exquis, comme des bains de pattes au vin chaud ! Mais il appréciait aussi beaucoup les espèces exotiques, qui étaient nombreuses (serins, tourterelles d’Afrique, rennes) à Plessis-Bourré. Sa fille, Anne de Beaujeu, a perpétué cette tradition. Elle rêvait d’ajouter à cette ménagerie une… girafe. Laurent de Médicis lui avait promis de lui donner la sienne, la seule présente sur le territoire européen, mais ne tint pas parole.

 

Jeanne d’Arc échappe à une tentative d’assassinat à Sully-sur-Loire

On sait tous la fin tragique qu’a vécue Jeanne d’Arc, morte sur le bûcher à Rouen. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle a déjà failli passer de vie à trépas au château de Sully-sur-Loire. Retour en 1430. Georges Ier de La Trémoille, conseiller principal du roi et propriétaire de ce château l’invita chez lui. Mais, connu pour tremper dans des affaires douteuses, il essaya de la précipiter dans le vide du haut de l’une des tours. Cette tentative  échoua, mais « la Pucelle d’Orléans » resta tout de même emprisonnée ici un mois, avant de parvenir à s’échapper.

 

Les momies égyptiennes d’Ussé

Rien ne les prédestineait à se retrouver dans une niche dans les jardins du château d’Ussé. Pourtant, après de nombreuses pérégrinations depuis leur arrivée en France, vers 1631, ces deux momies de Haute-Egypte présentées dans d’imposants sarcophages de 400 kilos ont finalement été offertes au seigneur d’Ussé. A la Révolution, ses biens furent toutefois confisqués. On prétend que ces deux antiquités égyptiennes — l’une en marbre blanc, l’autre en jaspe noir — se trouveraient aujourd’hui dans les combles du Louvre.

 

              Frédéric Rein

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