Le Texas c'est bien mieux qu'au cinéma !

 Cadillac Ranch , à Amarillo au Texas, une des attractions qui longe l'ancienne route 66
© Tiago Lopes Fernandez / Peek Creative Collective All Rights Reserved

Cet Etat américain véhicule une image négative chez nous, faite de cow-boys et de pétrole. Il vaut la peine de dépasser les préjugés et d’oublier la série « Dallas ».

Rarement un Etat américain n’aura autant souffert à cause du grand et du petit écrans. A commencer par la série Dallas diffusée pendant quatorze ans dans 95 pays et en 55 langues. Souvenez-vous, on voyait des hommes avec des Stetson sur la tête, JR en tête, un vrai salaud, des femmes nunuches et parfois alcoolisées, le tout sur fond de pétrole. Mais le grand écran n’avait pas attendu pour donner une image de ploucs à ces Texans. Prenez John Wayne qui défendait Fort Alamo en interprétant Davy Crockett, un dur de dur qui parlait d’abord avec son flingue.
Et puis, la réalité a, hélas, aussi rejoint la fiction, comme le relèvent Cécile  Clocheret et François Picard, dans leur film Texas l’étoile solitaire projeté dans le cadre d’Exploration du Monde. Le monde entier a vu, le 22 novembre 1963, l’assassinat de Kennedy à Dallas. Plus près, il y a eu l’élection du républicain George Bush, ancien pétrolier et ex-directeur de la CIA, à la Maison-Blanche. On est loin effectivement du Peace and Love. Amoureux du Texas — ils ont d’ailleurs demandé leur green card pour aller y vivre — les deux cinéastes français montrent toutefois dans leur film que cet Etat très prospère a bien d’autres facettes. Une précision d’abord, d’ordre politique : « Il faut savoir que, avant la révolution de l’air conditionné, dans les années 1970, c’était une terre profondément attachée aux valeurs des Démocrates. C’est l’arrivée de très nombreux retraités, à cette époque, qui a fait basculer le Texas dans le camp républicain. » De même, l’image de cow-boys rime de moins en moins avec la réalité d’un Etat profondément marqué par la culture hispanique, de par sa proximité avec le Mexique. Dans un avenir proche, cette dernière communauté devrait même être majoritaire.

 

Janis Joplin et Beyoncé

Alors, oui, il y a de l’argent au Texas, mais il sert aussi à soutenir massivement la culture dont le deuxième plus grand pôle aux Etats-Unis se trouve justement à Dallas (20 « blocs » y sont consacrés) qui se veut une ville d’art. On trouve aussi, dans cette cité, la plus grande concentration du monde de grands prix d’architecture ! Et la culture est aussi archi présente à Houston et à San Antonio.
Bien sûr, on fabrique toujours des bottes de cow-boy à El Paso et à Austin, on écoute toujours de la country, mais pas seulement. Chapitre musique, le Texas peut inscrire sur sa carte de visite des artistes comme Janis Joplin ou Beyoncé, en passant par le rock musclé de ZZ Top.
Bon, et si vous insistez, on vous dira que oui … Oui, on peut visiter le ranch Southfork et son univers impitoyable. Le propriétaire qui louait sa demeure à la production en avait marre de voir des fans de la série affluer en permanence sur ses terres. Plutôt que de sortir son colt, il a préféré vendre et le ranch est aujourd’hui un musée.

 

J.-M.R.

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