En thalasso avec Lapp et Simon !

Le duo d’humoristes accompagnera des lecteurs de générations lors d’une thalassothérapie de sept jours à Canet-en-Roussillon, dans le sud de la France. Ils joueront les curistes, mais aussi leur spectacle éponyme.

Ils vont bientôt revêtir leur bleu de travail. Ou plutôt devrait-on parler de leur blanc de curiste ! Peignoir sur le dos, Patrick Lapp (74 ans) et Jean-Charles Simon (70 ans) accompagneront, en effet, les lecteurs de générations lors d’une thalassothérapie de sept jours à Canet-en-Roussillon, dans le sud de la France. « Nous serons présents toute la semaine pour soutenir les curistes dans cette épreuve difficile ! » confirme Jean-Charles Simon, rencontré dans les studios de la radio LFM, où il est, tous les vendredis, à l’antenne.

Un décor idéal, entre buses massantes et bains berçants, afin d’interpréter leur spectacle intitulé Les curistes, joué pour la première fois en 2014. Pourquoi montent-ils de nouveau sur les catelles plutôt que sur les planches ? Doit-on y voir une vraie passion pour le wellness ? « Ce n’est pas mon passe-temps premier, mais, comme mon épouse apprécie beaucoup cela, je l’accompagne régulièrement, répond Patrick Lapp, qui avoue avoir un faible pour les massages hydratants réalisés sous la douche. Cela dit, quand nous sommes allés en cure, les contacts étaient faciles et intéressants, et nous nous sommes faits des amis. » Jean-Charles Simon avoue, quant à lui, ne fréquenter que très occasionnellement ces temples du bien-être : « C’est très agréable, mais, comme j’ai encore des jeunes enfants et que ces endroits sont généralement bondés durant les vacances scolaires, je ne m’y rends que très rarement. En plus, je ne me sens pas spécialement concerné par ce genre d’activités, même si je le devrais, vu mon âge. J’aime en revanche bien les bains turcs. J’en ai un chez moi, mais il est en panne depuis un petit moment ! »

Dès lors, pourquoi avoir choisi d’ancrer là ce spectacle écrit à quatre mains ? « Car c’est une activité intellectuelle et sociale qui devient presque indispensable à nos âges, répond Jean-Charles Simon. C’est un lieu fermé où l’on attend, non pas l’arrivée d’une figure transcendante qui pourrait nous sauver, comme dans En attendant Godot, mais des soins. Cela laisse le temps de parler de la vie, occasionnant parfois même des discussions assez profondes. » Et Patrick Lapp d’acquiescer : « Cet endroit représente un bon prétexte pour pouvoir raconter des histoires sur des thématiques très variées, mais toujours en rapport avec ce que nous vivons et ce que vivent ceux qui viennent voir nos spectacles. »

 

Des rôles sur mesure

Faut-il voir dans ces deux personnages sur le déclin un rôle de composition? «Pour ma part, non, répond Patrick Lapp. Je le vois en faisant mon footing. J’ai l’impression d’aller de plus en plus vite, mais je perds progressivement des minutes sur mon parcours habituel, que j’effectuais jadis en

52 minutes. Je le vis toutefois très bien, et je continue de faire mon petit fitness quotidien. Comme je suis mentalement assez faible, je resterais autrement couché ! » Pour Jean-Charles Simon, ces deux rôles correspondent également bien à la réalité. « Dans cette pièce, Lapp joue le mec bien conservé, moi le gros qui s’est laissé aller et se moque de son comparse. C’est assez ressemblant, car il a toujours fait attention à ce qu’il mangeait, chassant le plus possible le gras, et moi, je suis un vrai gourmand, avec le physique et les envies qui vont de pair. D’ailleurs, il est presque présentable dans son peignoir, alors que, moi, cela ne m’avantage pas du tout. Mais heureusement, j’ai passé l’âge de draguer sur scène ! Malgré tout, je fais tout de même une heure et demie de sport (vélo et gym) chaque jour pour lutter contre mon hypertension. Même si j’ai déjà battu le record de vieillesse des hommes de ma famille, j’espère tenir quelques mois de plus pour le pulvériser. Il est cependant bien évident que l’étau se resserre. On m’a déjà donné comme mort après une crise de malaria à la suite d’un voyage à Madagascar, et c’était très désagréable. Je n’ai donc pas envie de revivre pareille aventure, tout du moins pas tout de suite ... »

 

Avec Mozart

Au-delà du sport, des voyages, de la diète ou des vicissitudes du quotidien évoqués par le biais d’une bonne dizaine de sketchs, le duo de comédiens laisse aussi une place à l’improvisation. « Le spectacle est assez écrit, mais il reste toujours un espace pour l’inattendu, remarque Jean-Charles Simon. Et, comme on se connaît très bien avec Lapp, il y a parfois des gags anciens qui remontent à la surface durant ce spectacle, qui a pour grand avantage qu’on n’a pas besoin de jouer les vieux, puisque nous le sommes ! »

Et entre les scènes, il y aura, comme il se doit, de la musique classique, une marque de fabrique liée à Aqua Concert, l’émission qu’ils ont animée pendant près de dix ans sur les ondes de La Première. « Nous adorons tous les deux les opéras, souligne Patrick Lapp. Et, quand on dit « poil au nez » avant un requiem de Mozart, cela passe plus pour un trait d’esprit incroyable qu’après une chanson de Patricia Kaas. La musique classique rehausse l’intelligence du texte ! »

 

Frédéric Rein   

 

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