Ciao le vélomoteur!

Symbole des années huitante, la petite pétrolette italienne s’est vendue à plus de 3,5 millions d’exemplaires dans le monde. Pour les ados, c’était le début de la liberté.

«Quand les parents n’étaient pas là, on sortait faire la fête, on se retrouvait chez des amis, c’était ça le boguet!» Dans les propos de Véronique, dynamique quinquagénaire et cadre dans une multinationale, on sent immédiatement la nostalgie et aussi le côté affectif qui la liait à son fier destrier, pouvant atteindre des pointes folles de… 30 km/h. Un Ciao du constructeur italien Piaggo à la livrée d’usine bleue, «mais avec les roues peintes en jaune, il était tellement beau», se souvient-elle. Le rêve s’est hélas brisé le jour où un malandrin lui a volé son vélomoteur.

 

Face à l’armada des boguets deux vitesses, avec point mort pour des descentes «à fond la caisse», le petit bijou de Piaggo a bien tenu la route. Près de 40 ans pour être exact, puisque le premier cyclomoteur est sorti d’usine en 1967 et le dernier en 2006. Entretemps, la firme, fondée par Rinaldo Piaggo en 1884, a vendu plus de 3,5 millions d’exemplaires, un joli record même si on est loin du Solex français avec huit millions de ventes.

 

Les pandores et les rebelles

Robuste et simple à la fois, le Ciao n’avait pas de vitesses. On mettait les gaz et c’était parti. Les cheveux dans le vent (le casque n’était pas encore obligatoire), on se sentait libre quand bien même la vitesse était donc limitée à 30 km/h. Et quand bien même le sport favori de nombreux garçons était de trafiquer leur engin pour atteindre des sommets à 40 à 45 km/h, tout en espérant ne pas se faire coincer par les pandores qui prenaient alors un malin plaisir à mettre les «bécanes» suspectes sur le rouleau. Oui, le vélomoteur, accessible dès l’âge de 14 ans, c’était aussi être rebelle… comme on peut l’être à cet âge-là.

 

Le souffle de la liberté est toutefois retombé, dans notre pays notamment avec l’obligation du port du casque depuis 1990 et aussi, avec l’arrivée des petits scooters. Pour se déplacer, dans les campagnes par exemple et sans avoir besoin de passer un permis, certains continuent toutefois à rouler en boguet aujourd’hui. Et sur des Ciao, mon bon Monsieur, même s’il est de plus en difficile de trouver des pièces de rechange. «Il y en a de moins en moins, effectivement, mais j’en répare toujours. C’était un bon vélomoteur, confirme Jean-Philippe Baudat, spécialiste dans la vente et la réparation de scooters ainsi que de vélomoteurs, à Nyon. Actuellement, j’en ai un en stock, entièrement révisé. Mais c’est une occase à 1300 fr. alors que le prix d’un Ciao neuf s’élevait à l’époque à 850 fr.» Mais c’est connu, quand on aime, on ne compte pas!              

 

Jean-Marc Rapaz

 

Carte d'identité: Piaggio Ciao

1967  Le premier Ciao sort d’usine
3,5 millions

 Le nombre d’exemplaires vendus

49 cm3  La cylindrée du modèle 
2006  Fin de la production 

 


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