Serengeti: la « Grande migration », un spectacle unique

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Chaque année, deux millions d’herbivores entament une boucle de 3000 kilomètres entre le parc du Serengeti, en Tanzanie, et la réserve du Masai Mara, au Kenya. Il s’agit de la plus grande transhumance terrestre.

C’est un spectacle qui n’a pas son pareil sur la terre ferme. Imaginez plutôt : un troupeau XXL constitué de près de deux millions d’herbivores, dans lequel on trouve plus d’un million de gnous, près de 400 000 gazelles de Thomson et à peine moins de zèbres. Leur cortège atteint parfois 40 kilomètres de long ! Chaque année, immuablement, ils se réunissent et réalisent la même boucle de 3000 kilomètres — dans le sens des aiguilles d’une montre — entre le parc du Serengeti, en Tanzanie, et la réserve du Masai Mara, au Kenya.

Pourquoi tournent-ils en rond ? Pour survivre ! Sans cette transhumance, il n’y aurait tout simplement pas assez de nourriture et d’eau pour tout le monde. En revanche, cette migration représente pour eux un chemin de croix… Ils doivent notamment braver les périlleuses traversées des rivières, où les piétinements et les noyades sont légion et les morts se comptent par milliers, pour le plus grand bonheur des crocodiles et des vautours.

Pouvoir de résilience

Laurent Baheux, photographe animalier de renommée internationale et spécialiste de l’Afrique, a eu l’occasion d’assister, à plusieurs reprises, à cette « Grande migration », comme on l’appelle. Qu’est-ce que cela lui évoque ? Quelles images resteront à jamais gravées dans sa mémoire ? « Le spectacle privilégié de ces milliers d’animaux en mouvement dans un chaos paradoxalement harmonieux me rappelle à chaque fois le cycle sans fin de la vie, répond-il. Le passage de la migration laisse la plaine complètement ravagée, mais c’est pourtant cette destruction qui permet sa renaissance. C’est fascinant de constater la capacité qu’a la nature à se régénérer chaque fois qu’on lui en laisse le temps et la possibilité. Elle prouve son fabuleux pouvoir
de résilience. »

Un exemple d’entraide

C’est également un formidable exemple d’entraide entre ces trois espèces. Les gnous, capables de sentir la pluie de loin, montrent le chemin; les zèbres, eux, mangent les herbes hautes, ce qui permet aux bovidés de trouver leurs végétaux favoris à l’étage inférieur; quant aux gazelles, qui apprécient les herbes rases, elles bénéficient de la fonction « débroussaillage » des deux autres espèces. Sans compter que ces grands rassemblements possèdent une dimension sécuritaire, chaque herbivore représentant une sentinelle capable d’alerter le groupe dès qu’un prédateur est repéré. Un système où, finalement, tout le monde sort gagnant. Y compris les observateurs
de cet incroyable pèlerinage.

 

 

 

Frédéric Rein

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