Prague, sublime incarnation de l’Art nouveau

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La capitale de la République tchèque se révèle être l’une des villes européennes qui compte le plus de réalisations de ce style. Découverte de quelques-unes d’entre elles.

Un bâtiment, une statue, une mosaïque. Quand on se balade dans les rues de Prague, les références à l’Art nouveau, qui commença à se développer durant la dernière décennie du XIXe siècle, sont de tous les instants. La capitale de la République tchèque est d’ailleurs l’une des villes européennes qui compte le plus de réalisations de ce style. « Deux tendances se sont rencontrées à Prague qui, tantôt, s’excluent, se conjuguent et se contredisent, détaille le conférencier et guide Gérard Bonidan. La première montre un goût pour les lignes courbes et les formes imitant celles de la nature, inspirées du Jugendstil, alors que la seconde, sous l’influence viennoise, vise davantage à la stylisation, à l’épuration, voire à la rationalisation. Les œuvres sont donc plus dépouillées. »

 

Trois édifices d’exception

Face à cette débauche d’Art nouveau, quels sont les bâtiments à ne manquer sous aucun prétexte ? Gérard Bonidan mentionne la Maison Municipale. « C’est la plus importante des constructions Art nouveau par son ampleur, mais surtout par son importance nationale et artistique, détaille-t-il. Elle fut d’emblée conçue pour être une représentation digne de la culture tchèque, selon une vision égalitaire du service public : c’est un énorme complexe culturel censé recevoir la visite aussi bien d’intellectuels et de bourgeois que de membres de la classe ouvrière. De très nombreux artistes tchèques — comme Alfons Mucha (lire encadré), qui réalisa la Salle du maire — souhaitèrent ardemment collaborer à la décoration de l’édifice, ce qui rendit l’ensemble hétérogène et complexe. C’est du balcon central que fut déclarée l’indépendance de la Tchécoslovaquie, en 1918. La décoration, achevée en 1912, trahit déjà l’influence de l’art cubiste qui fut très précoce à Prague, en raison des relations étroites unissant artistes et marchands d’art français et tchèques. »

Non loin, sur la place Wenceslas, se dressent plusieurs édifices Art nouveau, dont le Grand Hotel Europa. « Avec l’Hotel Meran qui lui est contigu, il manifeste l’influence de la Sécession viennoise à travers la stylisation et la symétrie des décorations », note le connaisseur, qui cite également la façade de la maison U Novaku, un ancien grand magasin. « Elle arbore une grande mosaïque colorée d’après un carton du peintre Jan Preisler et représente des allégories du commerce et de l’industrie, note-t-il encore. L’esprit dominant ici est celui de l’Art nouveau belgo-français qui affectionne les lignes courbes. » Ne vous reste plus qu’à aller découvrir les nombreux autres exemples d’Art nouveau sur place.   

 

Frédéric Rein

 

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