Les Samis, un peuple en sursis

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La culture séculaire de ces hommes et de ces femmes qui vivent au-delà du cercle polaire a perduré à travers les siècles. Mais pour combien de temps encore ?

Si vous avez vu, avec vos petits-enfants, le premier opus du film d’animation La Reine des neiges, vous avez eu, peut-être sans le savoir, un avant-goût de la culture samie. On entend, en effet, le joïk, le chant traditionnel supposé révéler l’âme d’une personne, d’un lieu ou d’un animal. Les Samis ? Mais oui, vous savez, ce peuple autochtone adepte de la chasse, de la pêche, de la cueillette et de l’élevage transhumant de rennes qui vit au-delà du cercle polaire arctique (au nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et sur la presqu’île de Kola, en Russie) et qu'on a longtemps appelé « les Lapons ».

Si l’époque où les Samis vivaient, grâce et pour le renne, en petites coopératives familiales autarciques est révolue, leur culture est parvenue à traverser le temps grâce à leurs descendants — estimés à 80 000 personnes, dont près de la moitié en Norvège.

Encore bien vivante

« Contrairement à ce que pourrait laisser croire l’imagerie touristique, cette culture vieille de 10 000 ans est encore très vivante et tournée vers la modernité », note le guide touristique Christophe Pérez, qui visite fréquemment le village de Kaamanen, à 25 kilomètres de Inari, la capitale culturelle samie finlandaise, où se trouve leur parlement. Les Samis, qui parlent une langue finno-ougrienne composée de neuf dialectes, s’illustrent ainsi dans la musique rap, l’architecture moderne, l’art contemporain et le design, sans pour autant abandonner certains marqueurs classiques. Ils sortent pour les grandes occasions le kofte, leur costume coloré, continuent de préparer leurs spécialités (souvent à base de viande de renne) et de pratiquer l’artisanat traditionnel, le duodji, qui comprend notamment la broderie de perles, le tissage de lacets, la sculpture sur bois et la coutellerie.

Sans oublier que beaucoup d’entre eux sont encore éleveurs de rennes, chevauchant désormais des motoneiges, engins motorisés qui ont marqué, dès les années 1960, leur sédentarisation. « Les rennes sont censés être en liberté et les éleveurs suivent leur progression en motoneige, l’hiver, détaille le spé- cialiste. Ces cervidés sont seulement rassemblés deux fois par année pour évaluer l’évolution du troupeau et sélectionner les bêtes qui partiront à l’abattoir. »

 

 


L'existence des Samis a toujours tourné autour des rennes. Mais les changements climatiques menacent  ce mode de vie, la nourriture devenant de plus en plus rare dans la nature.  L’élevage de ces animaux pouraiit devenir sédentaire.©DR

 

La menace du réchauffement climatique

Mais, aujourd’hui, le réchauffement de la planète menace aussi bien le savoir-faire des Samis que leur avenir. « Ces cinq dernières années, le climat a beaucoup changé dans les régions arctiques et les conditions deviennent catastrophiques pour la faune et la flore, déplore Christophe Pérez. De fait, il est question de sédentariser les rennes, afin de pouvoir les alimenter correctement, car ils ont de plus en plus de mal à trouver leur nourriture dans la nature. Comme l’élevage du renne et, surtout, la communion avec la nature fondent les bases de cette culture, la voici directement menacée, comme me l’a expliqué un jeune éleveur. Une pérennité qui dépendra aussi de la course à l’Arctique, dans laquelle l’Union européenne réclame un accès pour l’avenir du commerce avec l’Asie, et de la concurrence pour les champs pétroliers de l’océan Arctique. Etant donné que la voie d’accès traverse à chaque fois le territoire sami, les conséquences pourraient s’avérer désastreuses. » Jusqu’à ce jour, les Samis ont su s’adapter aux changements — imposés par leur environnement comme par l’humanité —, mais pour combien de temps encore ?

 


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La magie des aurores boréales

D’un point de vue scientifique, il s’agit d’un phénomène lumineux qui résulte d’inter-actions entre les vents solaires chargés de particules et le champ magnétique terrestre. Mais, souvent, ses observateurs préfèrent s’en tenir à la vision onirique qui s’offre à eux. Les aurores boréales possèdent en effet le pouvoir de captiver notre regard autant que notre imagination. Leurs voiles — où le vert prédomine, mais qui laissent aussi apparaître du rouge, de l’indigo ou du violet — allument littéralement le ciel. Ce rêve éveillé est particulièrement fréquent près du cercle polaire, car le champ magnétique terrestre dévie les particules vers les pôles, où ils s’engouffrent dans des trous magnétiques. En Europe, les pays scandinaves sont ainsi aux premières loges pour nous permettre d’observer les aurores boréales, qui y sont particulièrement fréquentes, de septembre à avril. Un spectacle naturel magique, sans commune mesure, qui laisse à ceux qui l’ont vu des souvenirs inoubliables.   
 

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Frédéric Rein

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