Les Canaries, paradis oublié

Situé dans l’océan Atlantique, au large des côtes marocaines, cet archipel espagnol est prisé pour son tourisme balnéaire, qui éclipse bien souvent une richesse naturelle incroyable.  

Des chaises longues, des plages de sable fin... La réputation balnéaire de l’archipel des Canaries le précède, et occulte bien souvent la richesse naturelle de ce groupe de sept îles. « Quand j’y suis allé pour la première fois, il y a une quinzaine d’années, j’ai été frappé par sa diversité, atteste le naturaliste français Sylvain Mahuzier. La pluralité de milieux a permis le développement d’une grande variété de faune et de flore, parfois même endémique. Les îles sont volcaniques, mais à des niveaux différents, ce qui offre des paysages très contrastés, dont les couleurs et les ambiances sont très particulières. En plus, on y trouve l’un des ciels les plus purs du monde. » Le conférencier revient sur les trois îles qu’il juge les plus intéressantes pour ce qui est de leur biodiversité. 

 

Lanzarote

A l’aune de son âge volcanique, Lanzarote fait partie des jeunes îles des Canaries. « Si, de prime abord, elle peut sembler assez uniforme, on remarque vite que beaucoup de plantes, comme le figuier de Barbarie, s’extirpent de la lave noire, note le connaisseur. Ses paysages ont un côté envoûtant, d’autant plus que le silence est omniprésent. » Sylvain Mahuzier aime se rendre dans le parc de Timanfaya. « Il y a des manifestations géothermiques qui rendent le site presque lunaire », détaille-t-il. La trace de l’homme n’en est pas pour autant absente, puisque de petits murets semi-circulaires servent à récolter la rosée, ensuite utilisée pour irriguer les cultures, dont la vigne.

 

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La Gomera 

« Surnommée l’île magique, La Gomera est verdoyante, parsemée de vallées étroites et de ravins profonds, explique le naturaliste. Un dixième de sa surface est occupée par le parc Garajonay, qui abrite près de 400 variétés de fleurs rares, aussi bien tropicales que méditerranéennes. Il s’agit de réminiscence d’espèces qui ont jadis existé en Afrique et en Europe, mais d’où elles ont disparu. » La Gomera cache encore un autre trésor naturel : la laurisylve. Entendez par là une forêt subtropicale humide de lauriers, que l’on ne trouve plus qu’ici, aux Açores et à Madère. « Elle abrite des lauriers de 40 mètres de haut, des plantes de sous-bois particulières, ainsi que deux espèces de pigeons endémiques des Canaries : le pigeon des lauriers et le pigeon de Bolle. »   
 

Tenerife 

L’île est dominée par le Mont Teide, dont le sommet, qui culmine à près de 4000 mètres, est enneigé toute l’année. En réalité, il s’agit d’un volcan. « Si on le mesure depuis le plancher océanique, soit sous la surface de la mer, sa hauteur atteint 7500 mètres, ce qui en fait le troisième plus haut volcan insulaire du monde,souligne le spécialiste, qui évoque aussi, dans le nord de l’île, un cratère de 48 kilomètres de diamètre, des plages de sable noir et des vues à couper le souffle. Ce mont a donné son nom à un parc national. On y trouve un exemple formidable de la végétation d’altitude des Canaries et des oiseaux qu’on ne trouve pas ailleurs, comme le pinson bleu du Teide. Une magie qui peut se poursuivre au large, où nagent dauphins et baleines. » 

Frédéric Rein

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