Israël : berceau des religions

Le Mur des Lamentations, le désert, mais aussi la baignade, Israël offre une large palette de découvertes pour les touristes ©DR

Ce pays du Moyen-Orient jouit d’une richesse unique, d’un point de vue tant historique, culturel, religieux que naturel. Petit aperçu par le biais de quatre sites singuliers. 

Berceau des trois religions monothéistes, Israël collectionne les sites de renom, comme l’incontournable Mur des Lamentations, à Jérusalem. Mais ce pays à la croisée des continents possède bien d’autres trésors, parfois méconnus, voire en sursis. La preuve par quatre.

L’étrange communauté Bahaï

Depuis le port d’Haïfa, on distingue une tache verte presque parfaite au milieu des immeubles. Les jardins suspendus Bahaï surplombent la troisième ville du pays. Sur la dixième des dix-neuf terrasses en escalier que compte le parc repose le Bab, l’un des deux prophètes du bahaïsme. Le bahaïsme ? Cette religion, née en Iran à la fin du XVIIIe siècle d’un schisme avec l’islam, défend l’égalité entre les hommes et les femmes, la cohabitation entre religion et sciences, ainsi que la recherche d’une égalité devant la justice pour tous les hommes.

Bref, pour ses 6 millions d’adeptes, incités à se considérer comme les jardiniers d’un nouvel Eden, la Terre est un seul et même pays dont les hommes sont tous citoyens. Un million de visiteurs se pressent chaque année dans ce centre mondial des Bahaïs, dont 2000 à 3000 fidèles.

A noter que Haïfa accueille également leur « maison universelle de la justice », où sont prises les décisions législatives et exécutives. « A Haïfa, en tout cas, juifs, arabes, chrétiens ou Bahaïs cohabitent en parfaite harmonie », commente la guide Myriam Kadouch.

 

Jaffa, culturellement vôtre

Cette ville plusieurs fois millénaire dotée d’un port de pêche pittoresque au passé glorieux jouit d’une histoire biblique abondante. Au gré de ses charmantes ruelles piquetées d’églises liées à Saint-Pierre apparaît une riche vie culturelle. « L’artiste Ilana Goor propose un petit musée qui s’apparente à une jungle culturelle, explique Myriam Kadouch. Le visiteur y découvre une collection ethnographique incroyable, unique au monde. » Autre décor, autre ambiance à Beit Kandinof, une bâtisse majestueuse d’époque ottomane transformée en galerie contemporaine et restaurant rétro. « C’est un lieu parfait pour les junkies de la culture, qui pourront ensuite se perdre dans les ruelles du marché aux puces, poursuit la connaisseuse. Au Hilweh Market, les femmes palestiniennes (y compris celles de Gaza) vendent leur travail manuel, qui est mis à la mode grâce à l’initiative d’une jeune designer israélienne de Jaffa. » De la culture, dans tous les sens du terme.
 

Le trésor architectural oublié de Tel-Aviv

La ville de Tel-Aviv est réputée pour ses superbes plages et ses nuits animées. Au point qu’on en oublierait presque la qualité exceptionnelle de son architecture. La capitale économique et culturelle d’Israël a en effet représenté un terrain privilégié pour appliquer la doctrine du Bauhaus. Cette école de design et d’architecture, fondée par Walter Gropius en 1919 à Weimar, dans l’est de l’Allemagne, fait primer la fonction sur la forme en recourant à des matières nouvelles (acier, béton) pour l’époque et des formes épurées.

La « Ville blanche » compte ainsi le plus grand nombre de bâtiments de ce style de par le monde, soit 4000 édifices aux formes géométriques et aux façades lisses et blanches. L’Unesco parle « d’un exemple remarquable à grande échelle des idées de planification urbaine de la première partie du XXe siècle », et de la « représentation synthétique de certaines des tendances les plus importantes du Mouvement moderne en architecture ». L’un des meilleurs exemples est certainement la place Dizengoff, entourée de majestueux bâtiments Bauhaus, comme l’Hôtel Cinéma. Un patrimoine architectural promu par le Centre Bauhaus de la ville, qui a été créé par le Suisse Micha Gross, sa femme et un ami.

L’avenir très incertain de la mer Morte

Aucun poisson ni même aucune algue pouvant être vue à l’œil nu ne survit à sa salinité extrême de 27,5 % (275 grammes par litre), d’où sa dénomination de mer Morte.

La forte concentration en sel de cette étendue d’eau de 810 kilomètres carrés permet en outre à l’homme d’y flotter sans le moindre effort. « Depuis quelque temps, on peut également faire du bateau et du kayak », souligne Myriam Kadouch, qui rappelle qu’il s’agit du point le plus bas de la planète. Mais voilà, ce lac partagé par Israël, la Jordanie et la Cisjordanie semble aussi porter un nom prédestiné. Le fleuve Jourdain, sur les bords duquel a eu lieu le baptême de Jésus, ne parvient plus à l’approvisionner, alors que le réchauffement climatique l’assèche toujours plus. Si bien que son niveau baisse chaque année de plus d’un mètre. Résultat : le sol asséché s’effondre et des cratères gigantesques apparaissent, rendant difficile l’accès aux plages pour les touristes.

Selon les spécialistes, cet écosystème singulier devrait avoir disparu d’ici à un siècle. A moins que… les autorités de la région envisagent un projet pharaonique à 10 milliards de dollars : utiliser une gigantesque canalisation afin de transférer chaque année de la mer Rouge, à 200 kilomètres de là, l’équivalent en eau de 100 000 piscines olympiques ! Un vœux pieux ?

 

 

Frédéric Rein  

 

 

 

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