Et au milieu coule la rivière Han

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En 1953, après le conflit avec le Nord, la Corée du Sud était exsangue. Aujourd’hui, elle est la 13e puissance économique mondiale. 

La guerre a laissé un pays scindé en deux en 1953. Au nord, les communistes et une dictature de fer. Au sud, un pays libre, mais exsangue. En quelques décennies seulement, ce petit pays, dont la superficie équivaut à deux fois et demi celle de la Suisse, a retourné la situation à son avantage et s’est hissé dans le peloton de tête des puissances économiques mondiales avec une capitale, Séoul, devenue troisième mégapole de la planète avec 25 millions d’habitants. Un miracle économique qui justifie, à lui tout seul, le film réalisé par Cécile Clocheret, à voir dans le cadre de Exploration du monde. Pour la cinéaste, ce redressement spectaculaire « a même un nom : le miracle du fleuve Han, le fleuve qui traverse Séoul. Je crois qu’on le doit principalement à une génération qui s’est littéralement sacrifiée… pour remettre sur les rails l’agriculture, l’industrie, le tertiaire… Tout était à reconstruire ! Le collectif est passé alors avant l’individu. D’autres éléments sont venus soutenir ce développement, entre autres l’aide financière américaine. » On était alors en pleine guerre froide. 

Concrètement, le Pays du Matin calme est actuellement pris d’une véritable frénésie économique représentée parfaitement par les entreprises Samsung et Hyundai. Les buildings fleurissent à tout-va. Bref, le contraste est d’autant plus fort avec les activités traditionnelles dont certaines se meurent comme celles des grands-mères pêcheuses de crustacés ou de ces villageois qui cultivent le chanvre pour confectionner des robes destinées aux morts. 

 

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Habile mélange de culture

Pour autant, pas question de parler de musée à ciel ouvert, assure Cécile Clocheret. Et de citer, par exemple, « la fabrication du hanji, le papier traditionnel. Je montre comment il est utilisé pour faire de l’art moderne. » Et la K-pop qui fait des ravages auprès des jeunes et des ados du monde entier n’empêche pas non plus la musique traditionnelle de conserver son identité.Pour le plaisir, on vous conseille aussi la séquence consacrée aux surfeurs de Pusan, une plage sans vagues, comme dans le film Brice de Nice avec Jean Dujardin.Idem avec la Fête de la boue à Boryeong sur « fond de musique à plein pot (concerts, DJ, événements musicaux…). D’immenses structures gonflables offrent une multitude d’expériences : toboggans de boue, football sur de la boue, lutte dans la boue, etc. ! » Qui a dit décadence ?

On ne pourrait conclure sans évoquer la gastronomie coréenne qui a traversé les frontières, hormis un plat traditionnel comme le chien. « C’est encore possible d’en manger, admet la réalisatrice. Mais les Coréens supportent de moins en moins l’idée de déguster ceux qui leur tiennent désormais compagnie. » 

 

J.-M.R. 

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