Cocora, la vallée aux palmiers géants

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Colombie : situé dans la « zone caféière », ce site aux collines arrondies est piqueté des plus hauts palmiers du monde. Un paysage envoûtant.

Leurs silhouettes filiformes qui s’élancent vers le ciel rappelleraient presque une réalisation de Alberto Giacometti. Mais l’œuvre, presque surréaliste tant elle est surprenante, n’est pas signée du sculpteur et peintre suisse, mais bel et bien de Mère Nature. Dans la vallée de Cocora, en Colombie, d’immenses palmiers de cire sont en effet plantés, ici et là, sur des collines verdoyantes et arrondies, un peu comme si on avait enfoncé des bougies dans les courbes gourmandes d’un gâteau d’anniversaire. Une métaphore qui n’est pas totalement innocente, car, comme le rappelle le nom de ces végétaux, on peut extraire de la cire de leur écorce, qui sert notamment à confectionner des chandelles. Mais ces palmiers ont encore une autre particularité : leur taille.

« Cette espèce menacée d’extinction, et donc protégée par le gouvernement, peut mesurer jusqu’à 60 mètres de hauteur, ce qui en fait le plus haut palmier de la planète », souligne Maryline Winterstein, product manager chez Trade Wings Voyages, à Genève. Une curiosité naturelle unique au monde, dans la mesure où ces palmiers de cire sont endémiques de la région andine colombienne, ce qui a même fait d’eux l’un des symboles nationaux.

Une version exotique de l’Emmental

Entamer une randonnée dans la vallée de Cocora, c’est un peu comme faire une balade dans l’Emmental, l’exotisme des palmiers et de certains animaux en plus. Car, si on y croise des vaches et des chevaux (sur lesquels on peut d’ailleurs choisir de réaliser cette boucle de 15 kilomètres), on peut également observer de magnifiques colibris en train de butiner des fleurs colorées. Des panneaux explicatifs évoquent également les pumas, les tatous ou encore les coatis, que nous n’avons en revanche pas eu la chance de voir lors de notre passage. La randonnée, parlons-en. Elle débute donc le long de l’échine de ces collines arrondies où se dressent les gigantesques palmiers, avant de nous faire passer à l’étage des conifères. Au bout du chemin se trouve une finca, ferme à café — cette région est en effet réputée pour son café et ses paysages typiques de la zona cafetera, mélange de montagnes, de plantations et de petits villages tranquilles. S’ensuit une descente dans une forêt humide, traversée de rivières et de ponts suspendus. « Durant cette marche, on longe les eaux cristallines du río Quindío, avec, en toile de fond, les impressionnants pics de la Cordillère occidentale, qui charment à chaque fois le regard », précise Maryline Winterstein.

Une jeep d’un autre temps

Un endroit enchanteur et inoubliable, que l’on quitte, comme nous y étions arrivés, à bord d’une «Willy ». Entendez par là la Jeep inventée en 1940 par l’armée américaine. Ce véhicule tout-terrain a d’abord transporté les GI en Normandie lors du Débarquement. Puis, à la fin de la guerre, les Américains, ne sachant pas quoi faire de toutes ces voitures, ont décidé de les vendre pour pas très cher à des pays en développement, comme la Colombie. En quittant la vallée de Cocora, nous nous rendons compte que nous avons réalisé un fabuleux voyage à l’abri du temps.

 

Frédéric Rein

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